Camp de Leysin: «Il est difficile d'offrir mieux en termes d'infrastructures ou de qualité d'enseignement»

11/08/2017 à 00:26:46 Leysin , Florian Melliard Article vu 3 841 fois
Stéphane Verret, Leslie Oles et Mark Bourgeois font partie des professionnels qui ont convergé vers le Centre sportif de Leysin dans le cadre du 3ème Camp du Canadien de Montréal, qui accueillait le plus gros contingent (160) de jeunes joueurs de sa courte histoire.
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Stéphane Verret (Canadien de Montréal) :

C’est la 3ème fois que le Canadien de Montréal vient à Leysin, cela veut-il dire que vous avez été satisfaits des précédentes expériences ?
Bien sûr, nous sommes très satisfaits de la structure, de l’emplacement, mais également de la logistique et de l’encadrement des jeunes. L’encadrement est exceptionnel : nous avons à disposition un service de navettes avec trois chauffeurs pour tous les déplacements, le tout supervisé par des entraîneurs, moniteurs et assistants-coach très compétents. Lorsque nous arrivons ici, nous savons que les jeunes sont entre de bonnes mains. Nous nous inspirons d’ailleurs souvent de ce qui se fait ici pour l’adapter à nos propres camps, pour améliorer ces derniers et faire en sorte au final que les jeunes aient encore plus de plaisir au hockey.

Par rapport à l’an passé, y a-t-il eu des adaptations dans votre organisation ?
Il y a eu quelques petits changements, essentiellement dans le personnel. Mais rien de majeur.

Avez-vous pu constater une progression du niveau moyen des participants sur l’an dernier ?
Oui, nous le remarquons chaque été. Les jeunes patinent très bien. Ici, le power-skating est très avancé par rapport au Québec.

Comment cela se fait-il ? Les jeunes Québécois ont pourtant naturellement davantage d’heures de glace...
C’est vrai. Cependant, au Québec l’on demande à ce que les jeunes pratiquent d’autres sports, pas uniquement le hockey. Par exemple à l’un de nos camps, des intervenants externes enseignent le foot, le baseball, le cricket ou encore le football américain. Les jeunes Européens que nous voyons ici sur la glace nous semblent donc rapides et bien entraînés par rapport aux Québécois qui ont consacré leur été à la pratique d’autres disciplines sportives.

Quel est l’avantage pour de jeunes hockeyeurs de pratiquer plusieurs sports, étant donné que cela implique une diminution du temps consacré au hockey ?
L’avantage, c’est le gain en réflexes et en habilités motrices. Avec le baseball par exemple, les jeunes apprennent à intercepter et frapper la balle. Traduction sur la glace : lors d’une déviation devant le filet ou lorsque qu’un puck frappe la bande, ils le remettent tout de suite en jeu. Ils apprennent à coordonner leurs mouvements et cela se retrouve sur la glace.

N’y a-t-il pas le risque que certains joueurs changent de sport ?
Non, car au Québec, le hockey sur glace a toujours la priorité à partir du mois de septembre. Avec le retour du froid et de la neige, le hockey s’impose naturellement comme pratique sportive numéro un. C’est pourquoi l’été est l’occasion parfaite pour pratiquer d’autres disciplines.

Cette approche multi-sportive est-elle récente ?
C’est une approche relativement récente, nous l’appliquons depuis deux ans. Même les anciens joueurs de la Ligue Nationale le disent : il est important que les jeunes pratiquent d’autres sports. La raison ? Trop de jeunes délaissent le hockey vers l’âge de 18 ans. Ils ne quittent pas vraiment le hockey, ils quittent seulement le hockey de compétition, car la pression qui pèse sur leurs épaules décourage nombre d’entre eux. On dit souvent que « the next one » (ndlr : le prochain joueur d’exception) a quitté le hockey à 18 ans. Trop de pression entoure le hockey de compétition. Le hockey reste avant tout un jeu. Il est donc nécessaire de faire en sorte que les jeunes jouent et s’amusent, également à travers la pratique d’autres sports.

Utilisez-vous des moyens vidéo durant vos camps ?
Oui, mais principalement pour les gardiens de but. La plupart du temps, les jeunes sont corrigés directement sur la glace par les entraîneurs. Nous préférons maintenir le côté récréatif. Par exemple, les jeunes sont informés verbalement de leurs résultats, mais ils ne reçoivent plus de rapport écrit. Ainsi, chacun retient quelle a été sa propre performance, mais il n’y a pas de comparaison directe entre participants et donc, moins de pression sur les jeunes joueurs.

Vous retrouvera-t-on ici l’année prochaine pour un 4ème camp ?
Nous cherchons à faire la promotion du hockey sur glace et à pousser les jeunes à grandir dans une vie équilibrée dont le hockey fait partie. Nous le faisons à travers notre programme appelé « apprenez à jouer », qui se conjugue très bien avec le cadre de Leysin. La première année, notre avons évoqué avec Doug Boulanger un accord à long terme. Nous sommes donc partants pour une quatrième année.



Doug Boulanger, directeur de Leysin Sport Academy (LSA) : 

Vous voilà au 3ème camp organisé conjointement avec le Canadien de Montréal. Cela signifie donc que l’expérience de votre côté a été positive ?
Lorsque le sourire des enfants brille, cela ne peut être que positif. Nous sommes très satisfaits de la qualité qui a été donnée sur la glace et la progression que l’on observe pendant la semaine. Nous avons apporté cette année quelques améliorations dans l’optique de notre objectif principal, celui de donner de la qualité sur la glace. Nous avons notamment utilisé la piste de curling à disposition des jeunes sous forme de cours semi-privés deux fois par semaine et, en parallèle, nous avons augmenté le staff d’entraîneurs en conséquence de l’augmentation du nombre de participants.

Qu’est-ce que l’utilisation de la surface de curling a-t-elle modifié dans votre organisation et dans le processus d’apprentissage pour les jeunes ?
Cela implique plus de répétitions et plus d’efforts physiques de la part des jeunes, raison pour laquelle nous avons également dû adapter le temps de glace. Les jeunes s’entraînent seulement 1 heure sur la piste de curling et 1 heure 15 sur la glace, car la charge de travail est plus importante.

De quelle façon avez vous dû adapter votre staff technique ?
Nous avons une quarantaine de collaborateurs en Suisse Romande et une trentaine d’entre eux sont présents cette semaine. Ce qui me rend particulièrement fier, c’est que LSA collabore dans la continuité avec les mêmes entraîneurs de qualité depuis plusieurs années, c’est également l’une des raisons pour lesquelles nous sommes bien représentés dans le hockey romand.

Quel a été l’accueil des participants vis-à-vis des cours semi-privés proposés ?
L’accueil a été très positif tant pour les gardiens de but que pour les joueurs qui y voient une occasion d’affiner leurs compétences techniques. Ils sont filmés et peuvent voir la vidéo de ce qu’ils ont fait, c’est la première fois que beaucoup d’entre eux ont cette occasion et c’est généralement très apprécié.

Nous avons également reçu la visite du groupe fournisseur d’équipement CCM-Interhockey pour une présentation en présence des parents. Nous avons aussi la CSS Assurances qui vient passer la journée ici. Ils prennent des photos individuelles de chaque joueur avec le maillot du Canadien et avec un petit souvenir en bonus.

Tout cela a-t-il provoqué une augmentation des frais de participation au camp ?
Non, les frais de participation au camp restent identiques. Les prix n’ont jamais changé au cours des 10 dernières années et nous ferons de notre mieux pour que les prix n’augmentent jamais. Nous faisons appel aux hôtels de la région pour loger les participants et cette année il nous en a fallu un de plus, ce qui est bon signe.

Vous atteignez donc cette année un record du nombre de participants ?
Absolument. Malgré la hausse du nombre de participants, la qualité des cours prodigués n’a pas diminué, j’estime au j’estime qu’elle a augmenté grâce aux nouveautés et aux améliorations instaurées chaque année.

Que proposez-vous par exemple aux jeunes pour le repas de midi ?
Nous leur offrons un buffet constitué de deux choix de salade, un plat principal, deux accompagnements et un dessert. Les enfants boivent de l’eau ou du sirop pour accompagner les plats. Hier soir cependant, nous avons fait des grillades à l’extérieur à l’occasion de la fête de camp que nous proposons un soir par semaine. Nous profitons de l’événement pour faire le point sur la semaine dans une bonne ambiance et ce genre de soirée rencontre toujours un succès de taille.

Pour revenir à la glace, organisez-vous des ateliers spécifiques pour les défenseurs ou les gardiens, par exemple ?
Oui, nous avons d’ailleurs fait un gros travail cette année car nous avons sept gardiens dans notre camp. Ils peuvent bénéficier chacun d’une demi-heure par jour en cours spécifique avec un entraîneur de gardiens. Pour les défenseurs et attaquants, nous avons des ateliers et des exercices spécifiques à chacun, mais la nouveauté cette année est que nous enseignons également la charge et les mises en échec. Le but est d’apprendre aux enfants à se protéger quand ils reçoivent un coup, mais aussi à contrôler la façon dont ils appliquent une mise en échec afin qu’ils sachant le faire correctement. Cette nouveauté a été très appréciée tant par les joueurs que par les parents.

A quelle fréquence organisez-vous des mini-matchs ?
Nous en faisons le mercredi soir et le vendredi lorsque les Canadiens sont là, mais d’habitude nous n’en faisons que le vendredi matin.

A quelle classe d’âge s’adresse ce camp et allez-vous étendre cette tranche d’âge ?
La semaine du Canadien de Montréal est une semaine d’entraînement pour les enfants de 5 à 16 ans. Si l’on parle uniquement de LSA, nous avons toujours travaillé avec les plus petits jusqu’aux joueurs professionnels, la seule distinction étant que nous avons différentes thématiques : certaines semaines sont pour les pros, tandis que d’autres semaines sont dédiées aux juniors, d’autres aux novice élites et enfin nous proposons des semaines pour les amateurs.

Vous n’irez pas au-delà de 16 ans avec le Canadien ?
Pour le moment non, même si nous avons différentes options à l’étude pour des camps de plus longue durée. Une chose est sûre : nous sommes très satisfaits de la collaboration sous sa forme actuelle avec le Canadien de Montréal et sa continuation au fil des années est fort appréciée.

Une douzaine de jeunes filles sont présentes. Constatez-vous un intérêt croissant des jeunes filles pour ce genre de camp ?
Je n’oserais pas parler d’un  intérêt croissant. C’est dommage, car les filles sont les bienvenues et nous adorons en avoir. Dans les nouveautés de cette année, nous avons désormais des filles dans le staff et je pense que c’est une très bonne chose. Nous avons notamment une joueuse professionnelle, Leslie Oles, qui va jouer à Bomo Thoune la saison prochaine. C’est un gros « plus » pour notre staff et les jeunes filles qui participent à notre camp l’apprécient beaucoup.

Vous avez fait venir comme intervenants étrangers justement Leslie Oles, ainsi que Mark Bourgeois. Quelles sont leurs caractéristiques qui vous ont motivé à les choisir ?
L’arrivée de Leslie s’est produite un peu par hasard : c’est le directeur sportif de Thoune qui m’a appelé pour savoir si j’avais de la place et il s’avérait qu’elle a également joué pour les Canadiennes de Montréal. Nous l’avons donc faite venir et nous sommes extrêmement satisfaits du travail qu’elle a fourni cette semaine.

Quant à Mark, il est en fait un mentor pour moi depuis de nombreuses années, à partir des années où je jouais au collège américain près de Boston et du New Hampshire. Mark nous donnait toujours un coup de main quand il pouvait et nous avons créé des liens d’amitié. Il vient à Leysin depuis un certain nombre d’année pour nous donner un coup de main.

Quel avenir pensez-vous donner à votre camp ?
J’aimerais prendre la voie de l’individuel et du semi-privé. La passion de notre staff est de faire vivre des expériences riches de hockey à des jeunes sportifs, de leur donner encore plus le goût de travailler fort dans leur domaine et de s’améliorer. Je me rends compte que les demandes du public sont de plus en plus tournées vers le semi-privé et l’individuel, raison pour laquelle nous avons ouvert la piste de curling cette année. Ces cours semi-privés offrent plus d’espace pour le dialogue et pour comprendre quels sont les aspects qu’ils veulent ou doivent développer en priorité.

Quel est l’apport du Canadien dans ce contexte ?
Le Canadien amène surtout une expérience au niveau culturel. C’est un exemple à suivre qui nous montre ce qui doit être fait pour repousser ses limites personnelles et percer dans ce sport.  




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Leslie Oles  (Bomo Thoune) :

Savez-vous que le hockey féminin se développe assez fortement en Suisse depuis quelques années ?
Oui, j’ai remarqué aux derniers JO que les Suissesses ont fini 3èmes. Cela me paraît donc être un bon indicateur de la popularité du hockey féminin en Suisse.

Vous allez jouer à Bomo Thoune dès cette saison. Qu’est-ce qui a motivé votre décision ?
J’ai reçu un courriel de mon coach pour m’informer qu’il avait été contacté par Bomo Thoune, qui était en recherche d’une nouvelle joueuse. J’étais intéressée, j’ai pris contact avec eux et c’est comme cela que la décision a été prise.

Le Canada et les USA sont fortement en avance pour ce qui est du hockey féminin. Est-ce dû à des efforts de formation plus intensifs ou à des questions liées à la culture ?
Il est possible que le hockey féminin soit mieux valorisé en raison de son financement. Au Canada, le gouvernement sponsorise le hockey féminin ; aux Etats-Unis, ce sont des privés qui s’en occupent.

Le hockey féminin en Amérique du Nord est plus physique qu’ailleurs, est-ce la voie à suivre selon vous ?
Oui, je pense qu’il doit y a une dose de contact même dans le hockey féminin. Je ne connais pas encore bien le hockey féminin en Europe, mais j’imagine qu’une surface de glace plus large laisse moins de place aux chocs physiques.

Comment trouvez-vous les conditions de fonctionnement du camp ici à Leysin ?
Le camp propose des entraînements qui portent sur de nombreux aspects du jeu, beaucoup de manœuvres techniques et aussi des situations de match. On peut observer une progression des participants tout au long de la semaine et j’aime beaucoup voir ça.

Comment trouvez-vous le niveau des jeunes ?
J’ai été plutôt surprise par leur niveau, tout particulièrement par le groupe dont je m’occupe (10-12 ans). Je suis impressionnée par leurs capacités techniques. S’il y avait une critique à faire, je dirais qu’ils ne se concentrent pas suffisamment durant les matchs, mais leurs capacités techniques, leurs shoots et leur patinage sont déjà très bons pour leur âge.

Est-ce plus facile d’enseigner le hockey aux jeunes filles lorsque l’on est soi-même une hockeyeuse ?
Oui, je pense que c’est moins impressionnant pour les participantes. Cela les rassure et leur donne un modèle à suivre.



Mark Bourgeois  (Canadien de Montréal) :

Ce n’est pas la première fois que vous participez à ce camp en tant qu’entraîneur…
Non, je suis venu pour la première fois avec Doug lorsqu’ils venaient de commencer le camp. Au fil des années, j’ai remarqué une augmentation du nombre de joueurs ainsi qu’une diversification de la provenance des participants. Nous n’avions presque que des enfants issus de Suisse Romande au début. Maintenant, nous recevons des participants qui viennent d’Allemagne, de France, du Canada… Cela montre bien que le rayon de notoriété du camp s’est étendu à un niveau plus global. Il y a également plus de coaches d’expérience et il est bon que les enfants puissent apprendre de plusieurs personnes différentes.

Que reste-t-il à améliorer selon vous ?
Vous savez, en tant qu’ancien joueur professionnel et après pas mal d’années passées à faire des camps, je trouve que celui-ci est vraiment bon. Il est difficile d’offrir mieux en termes de lieu, d’infrastructures à disposition, d’encadrement ou de qualité d’enseignement. Si je devais citer une piste de d’amélioration, je dirais qu’il serait bon d’avoir un petit peu plus de temps sur la glace pour réaliser des entraînements spécialisés pour les participants les plus âgés.

Que dites-vous du niveau de patinage des jeunes Européens ?
Le niveau global est déjà bon. Mais ce que nous voulons, ce n’est pas que les participants se contentent d’avoir un bon patinage. Nous voulons qu’ils soient forts, équilibrés, en mesure de protéger le puck afin qu’ils ne soient pas vulnérables sur la glace. Nous travaillons fort pour atteindre des résultats à ce niveau-là et il est toujours gratifiant d’observer la progression des jeunes.



Pour terminer l'histoire, soulignons que LSA, à l'inverse d'autres camps d'été, propose des possibilités étendues de cours semi-privés tout au long de l'année et que la saison prochaine, la structure basée dans les Préalpes vaudoises va revenir avec un nouveau programme sur glace et hors-glace qui ira de mi-juin à mi-aout, toujours à Leysin.

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