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La commotion cérébrale: des raisons aux solutions (deuxième partie)

30/01/2012 à 20:49:26

Rédaction, Gabriele Beffa Article vu 2 177 fois

Après une première partie expliquant les difficultés que rencontrent les joueurs lors d'une commotion cérébrale, nous allons maintenant chercher à comprendre les raisons de l'augmentation du nombre de commotions et les éventuelles solutions pour le réduire.

Photo Michael Lehner
Westrum est éloigné des patinoires depuis octobre

Voir aussi la 1ère partie de notre article

Les causes de l’augmentation et les solutions pour empêcher les commotions :
Avant de penser réduire le nombre de commotions, il apparaît opportun de se demander quelles sont les raisons de leur augmentation.

Paradoxalement, l’une des causes vient certainement des progrès médicaux qui permettent de déceler plus aisément une commotion cérébrale. Auparavant, il y en avait, mais on ne les remarquait pas forcément. «J’ai l’impression que si vous creusez un petit peu, nous trouvez au moins une commotion chez chaque joueur», déclare le docteur Gamba. Même son de cloche chez Stéphane Rochette: «Avant on ne répertoriait pas les commotions. Maintenant, la médecine est plus aiguisée et on les décèle plus facilement.»

Le directeur de jeu professionnel explique également l’augmentation des commotions par l’introduction de la tolérance zéro. «Depuis son introduction, le hockey est plus rapide et sans accrochages. Mais les contacts sont aussi plus rapides. Avant, on ralentissait les joueurs en les accrochant. Maintenant, on ne peut plus bloquer, faire des écrans ou encore des harponnages. Donc au moment de la charge, le joueur arrive deux fois plus vite et les chocs sont plus violents

Un avis corroboré par Jean-Pierre Dumont: «On ne peut plus accrocher et donc ralentir le joueur adverse, donc oui l’augmentation des commotions est certainement en partie due à la tolérance zéro.» La majorité des protagonistes s’accordent toutefois pour dire que la tolérance zéro est une bonne chose et qu’elle a considérablement permis d’améliorer le spectacle lors des rencontres.

On peut encore évoquer d’autres raisons qui appellent directement des solutions. Il faudrait par exemple apprendre aux jeunes joueurs à mieux se protéger lors des phases de jeu. «La grille et l’interdiction des charges contre la tête et les bandes sont un progrès, car cela protège les joueurs. Mais d’un autre côté, les jeunes se sentent en confiance et font moins attention. Ils n’ont pas appris à se protéger», explique Stéphane Rochette.

«Apprendre à un joueur à lever la tête et à être chargé, cela se fait davantage au Canada et moins en Suisse. Il faut apprendre à regarder où l’on va et anticiper, j’ai l’impression que ce sont des choses qui ont été un peu perdues. On veut des joueurs physiques, mais il faut être conscient qu’il est important de savoir protéger son corps et sa tête», analyse pour sa partSandy Jeannin.

Le respect entre les joueurs est également fondamental pour endiguer l’inflation des blessures à la tête. «Une certaine notion de respect doit être installée entre les joueurs. Il faut vraiment accepter que la charge doit se faire avec les bras le long du corps, sans essayer de lever le coude au dernier moment et cela peut s’apprendre dès le plus jeune âge. Il faut jouer dur, mais correct », commente encore l’international suisse.

Parfois, les infrastructures des patinoires sont également en cause. « En Suisse, dans beaucoup de patinoires, nous avons des bandes dures comme du béton. Avec des bandes comme en Amérique du Nord, qui amortissent les chocs, cela pourrait réduire le nombre de blessures. Malheureusement, cela a quand même un coût de tout changer. Cela ne résoudrait pas le problème des commotions, mais cela éviterait bien des blessures», nous confie Félicien Du Bois. Un avis partagé par Sandy Jeannin.

Selon Jean-Pierre Dumont, le style de jeu et la taille des patinoires en Amérique du Nord sont également plus propices à provoquer des commotions. «En NHL, nous sommes toujours proches de l’adversaire et il faut finir ses mises en échec, sinon l’entraîneur nous le reproche. C’est très dangereux, imaginez si vous vous faites charger par Zdeno Chara à pleine vitesse. Comme la patinoire est plus petite, il y a moins de place pour le contourner  En Europe, on ne le fait pas systématiquement, car les dimensions des patinoires sont plus larges et donc on effectue moins de mises en échec

Pour le corps arbitral, la seule solution dont il dispose pour améliorer la situation est de sanctionner les fautifs. «Il faut passer par la répression, il n’y a pas de miracle, résume Stéphane Rochette. Elle ne peut pas tout faire, mais il y aura moins de commotions. L’arbitre peut sanctionner une charge contre la tête, mais si le joueur décide de la faire, il ne peut rien y changer. Notre travail, c’est la répression. La prévention vient des entraîneurs et des formateurs

Vers une amélioration de la situation:
Mais le tableau est-il vraiment aussi noir que le laisse penser tout ce qui précède? Pas forcément, même si les commotions existeront toujours dans la monde du hockey.

Claude Giroux s’est blessé à la tête lors d’un contact avec un coéquipier en NHL, alors que Sandy Jeannin a contracté une commotion après avoir reçu un puck sur le menton à l’entraînement. Dans ces cas-ci, ce n’est pas en changeant les règles ou les mentalités que ces commotions auraient été évitées puisqu'il s'agit de chocs purement fortuits.

Parfois, la commotion est aussi une accumulation de chocs issus de charges correctes, puis il y en a une de trop et cela provoque la commotion. A l’image du Mike Gaul, qui a dû mettre un terme à sa carrière en raison d’une mise en échec à priori banale.

«Nous allons dans la bonne direction. Comme avec toute nouvelle règle, il faut un temps pour l’apprivoiser. Si les joueurs se protègent mieux et qu’il y a une forte répression des coups à la tête, alors les choses s’amélioreront», conclut Stéphane Rochette. «Je pense qu’en Suisse nous faisons maintenant attention aux charges à la tête et que nous sommes sur la bonne voie», ajoute John Gobbi.

En tout cas le problème est réellement pris au sérieux et toute la planète hockey n’attend qu’une diminution de ces blessures à la tête. «Avec les médecins de la Ligue nationale, nous nous rencontrons chaque année et les TCC (traumatismes crânio-cérébraux) sont actuellement un sujet de discussion», nous confie le docteur Gamba.

Des progrès ont également été faits au niveau du matériel, puisque des casques censés réduire les chocs, et donc la probabilité de contracter une commotion cérébrale, ont vu le jour. Des changements au niveau des règles sont également à l’étude, comme remettre en vigueur la notion de la ligne rouge, interdire les charges dans les zones défensives ou encore punir les mises en échec sur un joueur non porteur du puck.

Il serait encore possible d’épiloguer longuement concernant ce type de blessure très médiatisé ces derniers temps. Il convient cependant de garder à l’esprit que le hockey sur glace reste avant tout en sport physique où les contacts sont légion. Les commotions cérébrales ne disparaîtront donc jamais totalement, mais en réduire le nombre est possible et même, c'est une nécessité.

La majorité des acteurs de ce sport en sont conscients et œuvrent pour améliorer la santé et la sécurité des joueurs. En continuant dans cette direction, nul doute que la situation va se régulariser et que les commotions cérébrales seront moins nombreuses et régulières à l’avenir. En tout cas, c’est ce que l’on peut souhaiter.

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