Article vu 2 146 fois
La Coupe Stanley demeure le plus difficile championnat dans le monde du sport professionnel. Neuf mois, quatre-vingt-deux matchs en saison régulière, suivi de quatre rondes pour un maximum de vingt-huit rencontres additionnelles. Notre correspondant à Ottawa, David Morris, rappelle que rien n’est acquis pour l’année suivante, plafond salarial oblige.
Photo Keystone
Ottawa, David Morris
le 29/06/2010 à 00:28:26
Vendredi 11 juin 2010. Deux millions de personnes fêtaient le Championnat de La Coupe Stanley des Blackhawks de Chicago dans les rues de la métropole. Deux jours après la victoire qui mettait fin à un calvaire d’un demi-siècle, moins de quarante-huit heures après le but mythique de Patrick Kane, les partisans de l’Indien s’embrasaient dans la joie que la plupart n’avait jamais connue.
La Championnat de 1961 était devenu un rêve enterré dans le cimetière des oubliés et le cynisme avait régné à Chicago pendant des décennies. Mercredi soir, tout cela avait changé dans un clin d’œil. Les fidèles avaient du mal à y croire.
Rockwell ‘Rocky’ Wirtz, pour sa part, avait effacé d’un trait la mémoire amère de son père William et achève la restauration de l’équipe détenue par sa famille depuis les années 1950. « Je me sens vraiment aujourd’hui qu’on m’a levé le fardeau, » disait-il. « Je sais que mon père et mon grand-père me regardent du ciel, » ajoutait-il d’un ton émotif.
Les Wirtz Companies, une énorme entreprise fondée par Arthur Wirtz en 1927, comprend un des plus grands réseaux de distribution de boissons alcooliques aux Etats-Unis, ainsi qu’une diversité de commerces et sociétés immobilières. Les Wirtz font partie des barons de la NHL depuis plusieurs générations. Rocky, qui préfère regarder les matchs assis parmi la foule au lieu de se refugier dans les salles de luxe ‘VIP’, peut se permettre un grand sourire.
Les Blackhawks de Chicago ont remonté la pente de Sisyphe. Eux qui n’attiraient que 3’000 personnes aux United Center il y avait quelques années, jouaient maintenant dans un building plein à craquer. Les jeunes Hawks, mené par leur capitaine franco-manitobain, Jonathan Toews, jugé le joueur le plus utile à son équipe pendant les séries, sont couverts de gloire.
Ils ont fait table rase en 2010: Champions de la Division Centrale, de la Conférence Ouest et de la Coupe Stanley deux ans après avoir raté les play-offs huit ans de suite. Cette équipe a connu le plus grand succès de tous à Chicago, depuis que le Major Frederic McLaughlin avait racheté les effectifs des Portland Rosebuds pour les baptiser ‘Black Hawks’ lors de leur entrée en 1926 à la NHL.
Pourtant, les craintes que cette troupe merveilleuse serait démantelée prochainement, persistent. Les paramètres du plafond salarial dictent que les équipes doivent inévitablement se départir de certain joueurs afin de rester en conformité avec les normes établies par la Ligue. Question de promouvoir la parité, dit-on.
Immédiatement, les franc-tireurs parmi les journalistes tirent. Quelle sera la réponse du directeur-général Stanley Glenn Bowman ?
Bowman, le fils du grand Scotty, nommé pour la Coupe et le gardien légendaire Hall, choisit ses paroles avec soin, « C’est clair de nous devrons apporter des changements, mais nous avons planifié depuis longtemps en vue de la situation qui nous attendait. De toute façon, être Champions, c’est un ‘problème’ qui nous réjouit. »
Bowman a raison. Il recevra les coups de téléphone des autres directeurs-généraux qui convoitent ses joueurs. Un gagnant de la Coupe est une valeur sure qui amène cette lueur dans la chambre. Dans un marché de joueurs autonomes a prix de folie, et l’incertitude du repêchage des juniors, Stan Bowman pourra se permettre de choisir ses partenaires. Certes, il a du pain sur la planche.
« Le party, c’est terminé, » annonçait le Président de l’équipe, le sévère John McDonough, maitre de marketing qui a rempli les coffres des Hawks. « Tout le monde se met l’épaule à la roue. Dans le hockey professionnel, l’été, ce n’est pas le temps des vacances, mais le moment de se préparer pour la prochaine campagne.»
Ayant savouré le champagne, les Blackhawks ont soif pour une Coupe à suivre. La douleur que les joueurs éprouveront en voyant partir certains de leurs confrères cèdera vite aux nouveaux ardeurs.
Un membre de Hawks qui en arrachera probablement, c’est le gardien Cristobal Huet.
Ayant perdu son poste au finlandais Antti Niemi, Huet et son contrat de 5,625 millions de dollars ont peut-être vus leurs derniers jours dans la ‘Ville des Vents’. « Je suis vraiment content pour les gars, » répondait-il aux questions du reporter Luc Gélinas du réseau "RDS".
Mais on voyait dans ses yeux la déception face à la possibilité que sa carrière dans la NHL tire à sa fin. Personne ne veut un gardien substitut qui se fait payer un salaire élite.
Si les Blackhawks avaient leurs ‘bobos’ à soigner, l’ambiance chez les Flyers de Philadelphie étaient des mêmes couleurs que leurs chandails noirs et orange.
Feu orange d’alerte, car les défaillances du gardien Michael Leighton, trop souvent responsable de buts faibles qui avaient coulé son club, étaient vus comme la raison principale de la défaite en Finale.
Le directeur-général des Flyers, Paul Holmgren, un ancien joueur qui avait l’habitude de démolir ses adversaires, ne mâche jamais ses mots. Il avait fait un ménage décisif en amenant le fougueux Peter Laviolette comme entraineur, et les Flyers avaient cravaché jusqu’au bout, en dépit des blessures multiples à des joueurs clés, comme les attaquants de premier plan Simon Gagné et Jeff Carter.
Encore plus perturbant, la question des gardiens était devenue une histoire d’absurdité ; depuis que Ray Emery avait tombé au combat, Philadelphie avaient eu recours à six remplaçants. Brian Boucher, qui avait débuté la saison comme adjoint à Emery, souffrait toujours d’une blessure au genou subie en cours des séries, mais jamais tout à fait rétablie.
La tâche confiée à Leighton, un joueur qui avait traine ses valises d’un club a l’autre depuis avoir été repêché en 1999 par les Hawks en sixième ronde, lui obligeait être l’homme de la situation. Son effort était à louanger, mais son talent n’était tout simplement pas à la hauteur.
A la suite de la défaite, Holmgren refusait de divulguer s’il offrait un contrat à Leighton pour 2010-11. Ainsi va la galère du gardien itinérant.
Les héritiers des ‘Broad Street Bullies’, la version années 70 des Flyers renommés pour leur combativité, avaient tenté de remporter la Coupe Stanley pour la première fois depuis 1975.
Une des équipes de l’expansion originale de la NHL en 1967, ils avaient été parmi ceux, y compris St. Louis et Pittsburgh, d’avoir été présents dans la ligue avant la Deuxième Guerre Mondiale, quand la NHL comptait une dizaine de clubs.
Les Flyers sont les premiers de ces nouveaux venus qui ont remporté le Graal, et Ed Snider, le propriétaire d’origine, demeure un des hommes les plus influents dans la Ligue Nationale. Snider a le caractère d’un ‘street fighter’ même d’il est vêtu en Lanvin.
Il espérait que ses ‘boys’ terminerait leur parcours de peine et misère comme ils l’avaient fait contre New Jersey, Boston et Montréal. « La plus belle victoire est celle arrachée devant la plus grande adversité » proclame la pancarte affichée dans la chambre des joueurs.
Snider ne lésine pas sur les moyens. Il donne carte blanche à Holmgren pour aller chercher le défenseur le plus menaçant de la Ligue, le géant Chris Pronger, pour renforcer sa ligne bleue.
Pronger avait récompensé ses employeurs en jouant de façon régulière trente minutes par match, se servant de son expérience, son gabarit et son talent d’exception. On sous-estime souvent Pronger, mais les connaisseurs sont conscients de comment il dessert une première passe efficace pour sortir de la zone. Toujours reconnu comme le ‘nettoyeur’ devant le filet, la bataille entre le grand Chris et les autres était une des belles histoires des Play-offs 2010.
Mais la faiblesse des Flyers se manifestait de plus qu’ils avançaient. L’ex-entraineur des Flyers, Ken Hitchcock, devenu analyste pour le réseau de télévision de la NHL après son séjour comme membre des cadres de l’équipe canadienne aux Olympiques, proposaient que les Hawks tenteraient d’épuiser Pronger. « Il faut forcer Chris à patiner pendant toute la rencontre, » disait-il. « Faites-lui aller chercher la rondelle dans le coin de la patinoire dans sa zone, et frappez-le constamment. »
Ce que les Devils, les Bruins et les Canadiens n’ont ni su ni pu, les Blackhawks ont dû.
N’ayant pas suffisamment confiance dans ses défenseurs réservistes, Laviolette a surmené son ‘Top
Le capitaine des Flyers, Mike Richards, s’en voulait également après la défaite. « Chicago a été capable de faire rouler quatre lignes d’attaque ; nous, seulement trois, » avouait-il à voix basse. Il critiquait son propre travail, lui qui n’avait compte qu’un seul but en Finale.
La douleur de perdre est exacerbé quand on est si près du sommet. La Coupe Stanley demeure le plus difficile Championnat à remporter dans le monde du sport professionnel. Neuf mois, quatre-vingt deux matchs en saison régulière, suivi de quatre rondes pour un maximum de vingt-huit rencontres additionnelles. Plus d’une centaine d’épreuves pour être couronné.
De quoi à faire donner les sueurs froides, juste y penser.
Néanmoins, les partisans des Flyers pourront se contenter du retour en force de leurs héros. La performance du club avait livré des moments inoubliables, et donne une nouvelle lueur d’espoir pour la saison à venir.
| HC THURGOVIE | 4 | ![]() |
5 | HC VIÈGE |
| CLASSEMENT NL A | J | Pts |
| 1 | EV Zoug | 46 | 91 |
| 2 | HC Davos | 46 | 90 |
| 3 | HC Fribourg Gottéron | 46 | 87 |
| 4 | CP Berne | 46 | 83 |
| 5 | Kloten Flyers | 46 | 80 |
| 6 | HC Lugano | 45 | 69 |
| 7 | ZSC Lions | 44 | 68 |
| 8 | Genève-Servette HC | 46 | 63 |
| 9 | HC Bienne | 46 | 62 |
| 10 | HC Ambri Piotta | 46 | 46 |
| 11 | SCL Tigers | 46 | 46 |
| 12 | Rapperswil-Jona Lakers | 45 | 37 |