|  | |  | | Photo Ph. Rayroud | |
Deux coachs qui se connaissent bien, deux équipes comparables, selon la mesure qu’est la saison régulière. Mais pas le même système de jeu. D’un côté, des Bernois bien décidés à mettre de la pression sur le portier Tobias Stéphan, de l’autre, des Genevois désireux de pousser à la faute les arrières bernois de par la qualité de leurs patineurs. Mais la longueur de banc n’est pas la même. Dans cette optique, les Genevois partent handicapés par l’absence d’une de leurs fusées, Paul Savary, alors que Thomas Ziegler, blessé, est remplacé sans problème par Philipp Rytz.
L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on. L’acte II avait suggéré aux Genevois de mieux verrouiller la zone centrale, mais aussi de jouer en mettant de la pression sur la défensive bernoise. Si le plan de bataille de Chris McSorley a été respecté et même, a apporté les fruits du 0-1 de Thomas Deruns après 3’24 de jeu d’un but superbe en back-hand lors de la 1ère supériorité numérique accordée, le grain de sable est venu très tôt sous forme d’un puck pris du gant dans la zone de but par Jonathan Mercier, ce qui s’est traduit par un pénalty (raté par Christian Dubé) et par une pénalité de 2’, transformée en 1-1 après six secondes de power-play, par Brett McLean.
Les Genevois, qui avaient commencé le match en jouant haut, accusèrent le coup et reculèrent dès lors instinctivement vers leur zone. La pression bernoise tant redoutée se mit en place et provoqua des erreurs à la relance. Des pucks mal gérés se retrouvaient plus vite que désiré de nouveau dans le camp de défense genevois, provoquant un surcroit de pression bernoise, et ainsi de suite.
Dès lors, le 2-1 paraissait inévitable, même si Jeff Toms ou Deruns eurent quelques occasions. Ce but tant redouté tomba à la 11ème minute de jeu par l’omniprésent Brett McLean –que Chris McSorley doit regretter de ne pas l’avoir engagé l’automne dernier-, qui profita d’un puck passé par JP Vigier pour subtilement contourner Tobias Stephan.
Un malheur n’arrivant jamais seul, 57 secondes plus tard tombait le 3-1 par Etienne Froidevaux, qui déboula lors d’un contre à 3 c.2 pour tirer imparablement Stephan. Ainsi, deux erreurs défensives genevoises se sont payées cash dans cette funeste –pour eux- 12ème minute. Ce qui condamnait les Aigles à courir désormais après le score.
Et à ouvrir le jeu. D’où d’autres relances interceptées par le bon fore-checking bernois. Toutefois, peu avant la 1ère sirène, un puck qui prenait son chemin derrière Marco Bührer battu était arrêté in-extremis par un patin bernois. Le destin non plus n’était pas au rendez-vous.
Le 2ème tiers n’allait pas être bien différent. L’alerte allait être donnée sur un but bernois annulé pour hors-jeu après 36''. Mais une nouvelle pénalité –évitable- allait offrir à la 26ème le 4-1 sur un plateau à Simon Gamache, laissé bien seul pour profiter d’une déviation. On a cru à un regain de vitalité genevois lorsque Tony Salmelainen réussit son 12ème but des play-off moins de 50’’ après le but de Gamache. Ce n’était qu’un feu de paille et deux autres buts prirent le chemin des filets de Stephan, qui ne semblait pas à son aise dans ce contexte.
La reprise sur le score de 6-2 ne laissant que peu d’espoir face à une formation bernoise connue pour savoir gérer ses matchs, le coach genevois aligna Frederico Tamo dans le dernier tiers en lieu et place de Tobias Stephan, sans doute pour l’économiser. Pourtant, malgré un gardien « back-up » peu souvent aligné en championnat, le score n’évoluera plus. Car le match prit une allure musclée traduite par des bastons, dont le plus « fameux » opposa Caryl Neuenschwander à Daniel Vukovic. Et des pénalités (116' au total) sifflées en rafale par un duo arbitral (MM. Kurmann et Stricker) qui ne semblait pas d’ailleurs être toujours sur la même longueur d’onde. Dès lors, le match fut en quelque sorte neutralisé, car toute incartade étant immédiatement sanctionnée pour éviter tout dérapage supplémentaire.
Hier, c'est indiscutablement la meilleure équipe qui a gagné. Et la suite ? Genève-Servette devra changer sa façon de jouer en défense afin de ne plus perdre autant de pucks en zone neutre et dans les transitions. Mais le peut-il, car la fatigue a semblé être présente sur bien des visages.
Pour sa part, Berne a fait étalage de puissance et d’aisance. Car davantage qu’une réussite insolente dans les power-play, c’est globalement dans tous les compartiments de jeu que Berne a imposé sa loi en étouffant le GSHC. S’il devait en être de même samedi soir, la série menant au titre sera singulièrement abrégée.
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