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Dans l'Est:
On ne s’attendait guère au renversement des Penguins de Pittsburgh. A la suite de la victoire étonnante du Canadien contre Washington, les ‘experts’ étaient persuadés qu’il n’y avait plus de lapins dans le chapeau de Jacques Martin et ses troupes. Mais la foi des ardents partisans de ‘La Sainte Flanelle’ étaient en feu et l’extase collective qui carburait à Montréal allumait la flamme de leur équipe. On enlisait Jaroslav Halak comme le Messie et on évoquait le parcours vers le Graal de 1993.
Dans le camp des ‘Pens’, la confiance de Crosby, Malkin, Fleury et les autres devait dicter le ton et sonner le glas pour les prétendants vêtus de bleu, blanc rouge.
Le contraire se produit. Les Habitants ‘poilus’ sont menés par le géant Hal Gill, ancien co-équipier de ‘Sid The Kid’ qui lui barrait la route ; les bourdonnant Gomez, Gionta et Cammalleri ; et la recrue sensationnelle P.K. Subban rappellé de la AHL quand Markov tombe au combat. Apres un premier revers, Halak ferme la porte et ils résistent aux bombardements. Crosby, visiblement frustré, déclare qu’il n’a jamais vu un adversaire qui concède tellement de chances de marquer. L’entraineur Dan Bylsma, toujours calme et précis dans ses propos, doit avouer que les Canadiens ont tout simplement été meilleurs.
Quand le tout se termine de façon dramatique au Mellon Arena à Pittsburgh, qui sera démoli après cette saison, les espoirs des Penguins de pouvoir se répéter comme Champions de la Coupe Stanley, ce que Mario Lemieux et ses compatriotes avaient fait il y a vingt ans, sont semés au vent.
Un nouveau paragraphe s’écrit dans le grand livre du hockey : la huitième équipe qualifiée fait disparaitre tour-à-tour le premier au classement, puis le Champion, dans sept matchs.
Si des questions sont posées vers le directeur-général Ray Shero, on lui reprochera d’avoir laissé partir Gill et Rob Scuderi, pierres angulaires de la défense en 2009 et la signature d’un Ponikarovsky, qui a rien donné en séries. On se demandera si le pilote du power-play Sergei Gonchar, bientôt agent libre, évoluera ailleurs. Avec la contrainte du cap salarial, le travail hors-saison de Shero commence.
Par contre, au Massachusetts, le séisme : les Bruins de Boston perdent, pour la deuxième saison de suite, le contrôle dans le deuxième tour et sont vaincus en sept. Cette fois, la défaite est beaucoup plus difficile à digérer. Ayant pris le dessus avec trois victoires consécutive sur les Flyers de Philadelphie pour s’effondrer par la suite, les Bruins rejoignent seulement deux équipes qui ont dégringolé de cette façon dans toute l’histoire de la NHL : les Red Wings en 1942, qui succombaient aux Maple Leafs et les Penguins de 1975, victimes des Islanders de New York.
Et ceci devant leurs partisans au TD Banknorth Garden a Boston, peu après avoir consacré un monument au légendaire Bobby Orr.
L’entraineur Claude Julien tente de garder la tête haute. Ses paroles sont sèches. Aucune excuse est permise et un mea culpa qui doit être sur les lèvres de chaque joueur. Mais Julien paiera-t-il le prix ?
Dans le bureau du directeur-général Peter Chiarelli, on passera plusieurs nuits blanches d’ici la saison prochaine. Le gardien Tim Thomas, muni d’un nouveau contrat énorme avec une clause de non-échange, a déjà cédé sa place au jeune finlandais Tuukka Rask. Les choix de repêchage que Chiarelli a obtenu en sacrifiant Phil Kessel et son talent de marqueur sont, pour l’instant, de la vapeur.
Dans l’Ouest:
Le déjà-vu continue. Les Canucks de Vancouver affrontent une deuxième année de suite les Blackhawks. Cette confrontation est colorée de haine et de hargne, non seulement chez les joueurs, mais dans les medias de Vancouver. Les ‘Nuckleheads’ et leurs acolytes détestent les Hawks qu’ils qualifient d’arrogants.
Les journaux, les émissions de télévision, radio et internet, débordent d’amertume et les coups salauds se multiplient sur la patinoire. En bout de ligne, toute cette émotion ne sert à rien. Exactement un an après de se faire humilier dans un sixième match désastreux, le capitaine Roberto Luongo subit le même sort. Cette fois, devant son public.
Et c’est Patrick Kane, le jeune franc-tireur de la gang de Chicago, qui lui tire une balle dans le cœur lors du triomphe ultime des Hawks par le compte de 5-1. Kane, à qui Luongo avait dit d’un ton mesquin lors de sa victoire Olympique contre celui-ci et les Américains, « See you in the playoffs. » Rira bien qui rira dernier.
Les chants, « Lou, Lou, » qu’on entendait si fort au GM Place, tout récemment quand le cerbère montréalais portait le flambeau pour le Canada aux Jeux, deviennent des huées qui tombent comme des tuiles sur la tête du malheureux gardien. Ses confrères restent bouche bée quand on leur demande des explications pour avoir perdu trois matchs à domicile et la série en six.
Le post-mortem à Vancouver est sans pitié. Certains exigent que Luongo abandonne comme capitaine ; d’autres mettent en cause le poste de l’entraineur Alain Vigneault. Le directeur-général Mike Gillis ne dément pas les rumeurs.
Les Red Wings de Détroit ont aussi leurs partisans dans les médias. Le cliché « L’équipe que personne ne veut affronter dans les play-offs, » est répété ad nauseam. Cette année, les Wings font face aux Sharks, eux-mêmes qualifiés chaque année d’équipe décevante. Les prédictions sont quasi-unanimes : Detroit écrasera San Jose en route vers une Finale de Conférence contre les Blackhawks.
Mais ce déjà-vu, tant anticipé, sera du jamais-vu. Les Sharks étouffent l’offensive des Wings, fait mal paraitre le gardien candidat au Trophée Calder, la recrue Jimmy Howard, et fait sortir l’Armée Rouge en cinq matchs.
Pendant sa conversation avec les animateurs de l’émission « NHL Live, » l’entraineur Mike Babcock, qui avait dirigé si habilement la course de son club vers la Coupe en 2008, un retour en finale au printemps 2009 et savouré la gloire aux Jeux en 2010, fait allusion à la fatigue comme étant l’élément principal derrière la défaite de ses hommes. « Ayant joué tant de matches sans répit et sans repos pendant deux années consécutives, je crois tout simplement que nous étions épuisés. »
Pendant un play-off qui a confondu les soi-disant connaisseurs, les Finales de Conférence entre les Flyers et Chicago, en marche dès dimanche, donneront un nouveau Champion et ce serait une équipe qui n’a pas été vue sur le podium depuis longtemps. |