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Bob Hartley: «Il y a déjà un coach en place à Montréal et moi, je suis entraîneur à Zurich»

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Au moment où le Canadien de Montréal vit des moments difficiles et où son nouvel entraîneur est contesté avant d'avoir commencé, le nom de Bob Hartley circule à Montréal. PH a voulu avoir le coeur net et a pris contact avec le coach des ZSC Lions pour connaître sa lecture des événements.

Bob Hartley au milieu de son vestiaire

Zurich, Fred Willener
le 24/12/2011 à 00:52:48

Il y a quelques jours, le Canadien de Montréal a décidé de congédier son entraîneur Jacques Martin. Comment avez-vous pris cette nouvelle?
C’était une surprise. Pour nous les entraîneurs, on pense toujours que les équipes qui ont de la peine vont pouvoir se replacer et retrouver leur chemin. Mais cela n’a pas été le cas cette fois-ci. La surprise était d’autant plus grande que tout le monde au Québec connaît l’amitié qui lie Jacques Martin à Pierre Gauthier. Une semaine auparavant, l’équipe avait acquis le défenseur Tomas Kaberle et habituellement une signature comme celle-ci est un signe que l’on donne du temps à un entraîneur pour relancer son équipe.

Selon vous,  quels étaient les principaux problèmes du Tricolore?
Nous pouvons regarder cela comme spécialistes ou comme amateurs. Mais en bout de ligne, il faut être dans “le bain” comme on dit pour avoir véritablement la réponse. Il faut être dans la chambre, avec l’équipe et aux entraînements pour voir les vraies faiblesses d’une formation. Au début de la saison, on avait parié sur la présence d’un Andrei Markov, mais cela ne s’est pas déroulé comme prévu. Il y a peut-être le fait que certains vétérans aient de la peine ou encore que Carey Price et PK Subban n’aient pas continué leur progression tel qu’espéré.

Si l’on regarde l’organisation du Canadien de Montréal à long terme, il y a trois joyaux. Il s’agit de Carey Price, PK Subban et Max Pacioretty. Le Tricolore est bien nanti en bons jeunes joueurs. J’ai une confiance aveugle en ces trois joueurs-là. Actuellement, le Canadien est au creux de la vague mais cela arrive à tout le monde. Ce n’est pas agréable et personne ne le vit avec plaisir mais c’est ça le sport. Le Canadien fait désormais face à l’adversité et ils vont trouvé une façon de s’en sortir. Après une séquence de défaites comme celle-ci on voit la fragilité d’une équipe. La confiance s’évapore et après un ou deux buts, la panique s’installe plus vite. L’écart entre une victoire et une défaite est tellement faible.

La nomination de l’entraîneur “ad-intérim”, Randy Cunneyworth fait couler beaucoup d’encre au Québec, notamment en raison du fait qu’il ne parle pas français. Comprenez-vous cette réaction?
Il y a deux dynasties, deux grandes organisations en Amérique du Nord, il s’agit du Canadien évidemment et des Yankees de New York. Depuis que le Tricolore existe, il appartient au peuple du Québec. Je peux donc partiellement comprendre les réactions.

Mais je suis aussi attristé par ces réactions et j’ai de la sympathie pour Randy Cunneyworth qui est attaqué de toute part. Il est arrivé là et il n’a pas eu le temps de se préparer. Son équipe est sur la route et les matchs s’enchaînent en peu de temps. Il est difficile pour lui de changer le système en si peu de temps et encore plus d’apprendre le français. Cela ne se fait pas en trois jours. Il y a tellement de manière d’attaquer un entraîneur que je ne m’attendais pas à ce que l’on puisse attaquer la langue de celui-ci.

Montréal est un marché très exigeant ou le français est très important, je le répète, il s’agit de l’équipe du peuple. Il y a maintenant un amalgame entre les défaites et la langue qui commence à se faire. La meilleure réponse dans le monde du hockey, c’est la victoire.

Durant votre carrière, en tant que francophone, vous avez dirigé plusieurs formations dans des villes anglophones et désormais vous êtes à Zurich ou la langue est l’allemand. Avez-vous eu des difficultés identiques dans votre parcours?
En ce qui me concerne, j’ai débuté à Hershey, qui était totalement anglophone. Puis à Denver. Là-bas, la majorité de l’organisation parlait le français (ex-Québec). Finalement, à Atlanta, j’étais presque le seul à parler français dans l’organisation. Mais j’ai toujours aimé les défis et cela s’est bien passé.

Aujourd’hui, une des raisons qui m’a fait venir à Zurich était le changement culturel. Je suis une personne qui pense que l’on apprend toujours et qui aime les expériences comme celle de venir à Zurich. Ici, la langue n’est pas un problème.

L’organisation a annoncé que le prochain entraîneur de l’équipe serait connu à la fin de la présente saison, mais celui-ci devrait-il être nommé avant afin d’atténuer la polémique?
C’est encore une fois de la spéculation. Lorsqu’on regarde en NHL, il y a eu six changements d’entraîneurs et combien ont-ils véritablement amélioré l’équipe. La moyenne n’est pas très élevée. La fait de licencier un entraîneur est souvent une solution facile qui peut cacher de plus gros problèmes ailleurs. Il reste que c’est la loi du sport et c’est un risque que l’on accepte en tant qu’entraîneur.

Le nom de Patrick Roy est régulièrement évoqué pour être le prochain entraîneur du Canadien. Pensez-vous qu’il pourrait être le prochain derrière le banc de l’équipe?
Définitivement oui. C’est un monument de l’organisation du Canadien avec Maurice Richard ou Guy Lafleur. J’ai eu la chance de le diriger et je l’ai vu faire ses premiers pas en tant qu’entraîneur. C’est certain que le nom de Patrick Roy va être partout. Je n’aime cependant pas parler de cela, car l’entraîneur du Canadien actuellement est Randy Cunneyworth. Je trouve dommage que l’on parle déjà d’un remplaçant alors qu’il y a déjà un coach sur le banc de l’équipe.

En tant qu’entraîneur, je sais à quel point il est difficile de faire le travail et je peux imaginer ce que vit Randy Cunneyworth. Partout dans la presse, il peut lire les spéculations sur son successeur et c’est encore plus difficile pour lui de bien faire son travail dans un tel contexte. Il faut lui laisser également une chance.

Les gens du Québec ont également pensé à vous pour le poste. Alors, Bob Hartley est-il candidat au Canadien de Montréal?
(rires...) Là encore, c’est le jeu des rumeurs, un jeu médiatique. On sait que le hockey au Québec est une religion et je suis quand même assez connu dans la région, notamment en raison de mes années d’entraîneur ou dans les médias. Ma priorité est à Zurich, j’ai une équipe a diriger et je suis fier de faire partie de cette organisation-là. Nous avons beaucoup de travail à faire ici à Zurich et je le redis, ma priorité première est de faire de cette organisation une équipe championne.

Vous savez, dans la vie, il faut également apprendre à respecter ses engagements et je tiens les miens. Être à Zurich est un beau défi sportif et culturel pour moi et je me plais beaucoup là ou je suis. Dans les prochains mois, on va lancer mille et un nom pour reprendre le poste d’entraîneur du Canadien de Montréal. Comme je l’ai dit, il y a déjà un coach en place à Montréal et moi, je suis entraîneur à Zurich.

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