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Caryl Neuenschwander: «Ce titre a été le moment durant lequel j’ai eu le plus d’émotions»

21/02/2011 à 11:19:19

Berne, Gabriele Beffa Article vu 3 525 fois

Auteur d’une saison mitigée, l’attaquant du CP Berne Caryl Neuenschwander revient avec lucidité sur sa saison, mais aussi sur le titre conquis l’année passée avec le club de la capitale.

Photo Laurent Daspres

Caryl Neuenschwander, comment se passe cette saison pour vous sur un plan sportif?
C’est une saison assez difficile. Personnellement, je n’en suis pas satisfait. Jusqu'à maintenant,  j’ai toujours progressé d’année en année alors qu’en 2010-2011, j’ai plutôt fait un pas en arrière. Cela fait partie de la vie d’un sportif. Dans des moments pareils, il ne faut pas trop se prendre la tête, mais continuer à travailler et surtout, aller de l’avant.

Selon vous, à quel niveau se situe le problème?
L’année passée a été une saison formidable avec le titre de champion suisse. Tout le monde nous parlait de la finale, nous félicitait pour le titre. Cependant, on a fini tard et l’été a été court, ce qui a limité la préparation, De plus inconsciemment : tu as envie de te faire un peu moins mal, de moins travailler. C’est difficile de rattraper ce temps perdu, mais cela se passe beaucoup dans la tête et il faut retrouver la rage de gagner. En résumé,  il y a tellement d’émotions lors d’une finale qu’elle est suivie d’un certain relâchement, ce qui implique que rebondir après n’est pas toujours évident.

Comment décrieriez-vous votre style de jeu?
Ma force est la rapidité. J’essaie aussi d’amener des «checks», de l’agressivité sur la glace tout en pratiquant un jeu assez simple: shooter au goal, bien jouer défensivement et essayer de gagner des pucks dans les coins pour les amener devant les filets. Je ne suis pas un grand buteur, mais j’ai autant de plaisir à faire une belle passe à un coéquipier qu’à marquer un goal.

Qu’est ce qui a changé entre le Berne actuel et celui que vous avez connu au début de votre carrière avant de partir à Fribourg?
La patinoire (rires)! Sinon, il n’y a pas eu de grands changements. Le noyau dur de l’équipe n’a pas vraiment changé, à quelques exceptions près.  Il en est de même au niveau de la direction et de l’organisation du club.

Actuellement, pensez-vous encore pouvoir améliorer votre jeu, notamment devant le but où vous disiez il y a quelques années éprouver des difficultés à concrétiser vos occasions?
C’est vrai que cela n’a jamais été l’un de mes points forts. Devant le goal, il m’a toujours fallu beaucoup d’occasions pour en concrétiser une. Je continue à m’entrainer, à me concentrer sur mes shoots. Mais être un buteur, c’est aussi un talent. J’essaie de faire ce que je peux avec mes qualités et je ne me pose pas trop de questions lorsque j’arrive devant le goal. Cette année, j’ai eu beaucoup d’occasions, mais je tirais souvent à côté. C’est donc quelque chose qu’il faut que je continue à travailler quand même.

L’année passée vous avez gagné le titre à Berne à domicile. S’agit-il du meilleur moment de votre carrière?
Oui. J’ai eu pleins de bons moments dans ma carrière, mais ce titre a vraiment été le moment durant lequel j’ai eu le plus d’émotions. Ces play-offs et la finale étaient tellement intenses et constituaient la concrétisation du travail de toute une saison et de trois mois d’entrainement d’été. Notre but depuis le début de la saison était de remporter le titre. C’était ainsi une très grande satisfaction lorsque huit mois plus tard l’objectif a été atteint.

Au mois de novembre, la question s’est posée quant à la prolongation de votre contrat. Vous avez reçu des offres de Berne et Fribourg. Qu’est ce qui a été déterminant dans votre décision de reconduire pour deux saisons supplémentaires avec le club de la capitale?
Au début j’ai mis du temps à réfléchir et à me décider. Mais vu mon mauvais début de saison, je voulais vraiment me concentrer avant tout sur mes performances sportives.  Ce qui a fait la différence est que j’avais l’impression de pouvoir encore davantage progresser à Berne.

Thomas Deruns vient d’arriver dans l’équipe. A votre avis, que peut-il apporter au SCB pour cette fin de saison?
Cette année, il n’y a pas eu de grands changements dans l’organisation de l’équipe. On était dans une certaine routine et ce n’est pas très bon lorsqu’il n’y a plus de concurrence. L’arrivée de Thomas a en quelque sorte bousculé les choses: tout le monde se remet en question et se dit qu’il faut travailler pour conserver sa place. De plus, c’est un bon joueur qui met des buts et joue physique.

Au mois de novembre, vous avez été sélectionné pour disputer la Deutschland Cup avec l’équipe suisse. Comment avez-vous vécu cette expérience?
La Deutschland Cup a été une super expérience. Cela m’a permis de voir des autres joueurs, un autre entraineur, un autre environnement. Sans compter que cela permet de se comparer avec les meilleurs et que cela fait aussi toujours plaisir de porter le maillot de l’équipe suisse. Les matches étaient beaux, rapides et physiques... j’ai un beaucoup de plaisir en tout cas.

Dans un tout autre registre, comment occupez-vous vos journées en dehors du hockey?
Je suis assez chargé. Je travaille dans une entreprise à 30% et suis également en train d’effectuer un brevet fédéral en comptabilité. J’ai donc l’entrainement le matin et l’après midi je travaille. C’est un bon équilibre. J’ai aussi besoin de cela, car cela me permet de conserver un certain rythme de vie, d’oublier un moment le hockey et de me concentrer sur autre chose.

Avec le nouveau programme de championnat, vous jouez 50 matches lors de la saison régulière dont parfois six rencontres contre un même adversaire. S’agit-il d’une bonne idée selon vous ou cela diminue-t-il l’engouement entourant de telles rencontres?
C’est vrai que depuis l’introduction de ce nouveau système, les derbys sont un peu moins «intéressants»: il y a un peu moins de nervosité, d’engagement et d’agressivité de la part des joueurs. C’est toutefois de l’extérieur que l’on remarque une différence, on sent que c’est un peu trop pour les supporters.  Mais personnellement comme je préfère jouer que m’entrainer,  je suis content qu’il y ait 50 matches.

Vous avez quitté La Chaux-de-Fonds à l’âge de 16 ans. Suivez-vous encore les résultats du club neuchâtelois?
Bien sûr! Je connais pas mal de joueurs de La Chaux-de-Fonds et je suis très content de voir qu’ils ont fini la saison à la première place. Même si je ne suis plus aller les voir depuis un petit moment, je suis quand même les résultats de l’équipe. Mais c’est vrai que lorsque je ne joue pas au hockey, je ne vais pas forcément encore voir un autre match de hockey (rires).

L’idée de revenir jouer aux Mélèzes vous a-t-elle déjà effleurée, notamment à la fin de votre carrière?
Honnêtement, non car c’est de la musique d’avenir. Cela dépend de nombreux paramètres notamment professionnel et familial. Mais cela ne me gênerai pas. C’est quand même le club où j’ai commencé et j’en garde de supers bons souvenirs et des amis. Je pense que c’est grâce à la Chaux-de-Fonds que j’ai pu faire une carrière de hockeyeur professionnel. Il ne faut pas oublier d’où l’on vient et je suis très attaché à mes origines.

Pour terminer, quel serait maintenant votre souhait pour la suite de votre carrière?
Surtout éviter les blessures et avoir toujours beaucoup de plaisir. Je me plais beaucoup à Berne et j’aimerais encore continuer d’y jouer plusieurs années.

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