accueil interviews Cristobal Huet: «Nous avons connu une bonne moitié de championnat, mais il faudra confirmer»

Cristobal Huet: «Nous avons connu une bonne moitié de championnat, mais il faudra confirmer»

Article vu 2 788 fois

Fribourg leader, l'occasion était trop belle de rencontrer l'un des hommes clefs de sa réussite en la personne de Cristobal Huet. Cela nous a permis de parler du club, mais aussi de sa carrière. Interview.

Photo F. Willener

Fribourg, Frédéric Willener, le 08/12/2011 à 00:44:18

Cristobal Huet, pensez-vous que vos débuts de le HC Lugano ont été un tremplin pour la suite de votre carrière?
Oui, c'est clair. J'évoluais en France et à l'époque, ce n'était pas une grande nation du hockey. J'ai eu la chance de pouvoir rejoindre Lugano et je suis arrivé dans une superbe équipe. Nous jouions pour le titre chaque année. J'avais débarqué là-bas à 22 ans, comme étranger et j'ai tout de suite dû me mettre au pli. J'ai travaillé fort, mais j'avais la chance d'avoir un très bon entraîneur des gardiens en la personne de Tom Hedican. Il a toujours été de très bon conseil pour moi.

Quelles était les différences entre la France et la Suisse à cette époque?
En France, à Grenoble plus précisément, nous avions une bonne équipe. Mais la pression est nettement plus forte en Suisse et d'autant plus, pour un joueur étranger. Les conditions d'entraînement n'étaient pas forcément très développées en France à cette époque et le niveau du championnat était assez différent de ce qu'il y avait ici.

En 2001, vous avez été repêché par les Los Angeles Kings au 7ème tour (214ème rang). A cette époque, comment avez-vous vécu cela et vous attendiez-vous un jour à évoluer en NHL?
Je savais que certains clubs de NHL étaient venus me voir jouer, mais je n'y avais pas vraiment attaché d'importance. C'est d'ailleurs Tom Hedican qui m'avait avisé de mon repêchage. J'étais très content, mais pour moi la NHL était encore loin et je n'y pensais pas trop.

Vos premiers coups de patin en NHL se font donc avec les Los Angeles Kings, quels souvenirs en gardez-vous aujourd'hui?
J'avais profité de la blessure de Felix Potvin pour avoir ma chance en NHL. Je me souviens de mon premier match, c'était incroyable... Je me souviens aussi de mon premier arrêt, j'avais l'impression que le puck était au ralenti, j'ai eu le temps de me dire que je devais l'arrêter si je voulais continuer là-bas.

Au terme de la saison 2003-04, vous êtes échangé au Canadien de Montréal alors que vous veniez de signer avec les Kings. Cela constituait-il une surprise pour vous?
Le Canadien de Montréal cherchait à l'époque un joueur de centre et il s'était attaché les services de Radek Bonk. En retour, le Tricolore avait envoyé le gardien Mathieu Garon et un choix de repêchage. J'avais moi aussi pris le chemin de Montréal dans cet échange.

C'était un peu spécial car je venais de m'entendre avec les Kings et je ne m'attendais pas forcément  à devoir quitter Los Angeles. De plus, c'était l'année du lock-out et je n'ai pas joué avant la saison 2005-06. Lorsque je suis arrivé à Montréal, j'étais blessé. J'ai donc eu le temps de m'adapter et de me préparer.

J'avais la chance de pouvoir travailler sous les ordres de Roland Melanson qui était l'entraîneur des gardiens de buts à Montréal. Il m'a beaucoup aidé à améliorer mon jeu et ses conseils m'ont fait beaucoup progresser.

Ville de hockey par excellence, Montréal peut être un enfer ou un paradis pour les joueurs qui y passent. Comment qualifiiez-vous votre séjour dans cette ville?
Pour moi, c'était vraiment le paradis ! A ma première saison, j'ai su prendre du recul et je n'ai pas ressenti la pression. J'ai connu une très bonne saison et tout me réussissait. La deuxième année, j'ai senti un peu plus la pression, mais cela s'était bien passé. Au final, j'ai passé trois ans à Montréal, mais c'est un peu comme si j'en avais passé 5 ou 6 dans un autre club.

Alors que votre contrat arrivait à échéance à Montréal, l'organisation décide de vous échanger aux Capitals de Washington avant la date limite des transactions. Comment s'est passé cette nouvelle expérience?
J'étais vraiment déçu de quitter Montréal est mes coéquipiers. Nous avions une belle équipe et nous étions bien classés. J'avais disputé la plupart des matchs et je voulais terminer la saison là-bas. Je dois cependant avouer que ce fût une moins grande surprise que lorsque j'ai été échangé par les Kings de Los Angeles. Finalement cela s'est bien passé pour moi à Washington, puisque nous nous sommes qualifiés pour les séries éliminatoires.

Pourquoi ne pas avoir alors signé un nouveau contrat avec les Capitals à la fin de la saison ?
J'étais agent libre et c'était une question d'orientation professionnelle. J'avais reçu une offre de la part des Capitals pour deux saisons, mais les Blackhawks de Chicago m'avaient également fait une offre qu'il était difficile de refuser. Ceux-ci m'offraient un contrat sur quatre ans.

Aujourd'hui, avec un peu de recul, vous arrive-t-il de regretter d'avoir pris cette décision?
Non, une offre comme celle de Chicago était difficile à refuser. La durée du contrat, le montant de celui-ci et la ville étaient des facteurs décisifs à ce moment-là. Je ne peux pas le regretter. Et puis nous avons quand même gagné la Coupe Stanley, même si cela m'a couté les deux dernières années de mon contrat.

Revenons justement sur votre conquête de la Coupe Stanley en 2009-10. Lors de cette saison, vous avez disputé 48 matchs avec pourtant de très bonnes statistiques (pourcentage d'arrêts 89.5 et moyenne de buts encaissés 2.50) mais malgré cela votre entraîneur ne vous a accordé que 3 matchs en play-offs. Que s'est-il passé à l'époque?
Je ne sais pas vraiment. J'ai joué pas mal de matchs en début de saison et cela se passait bien. Petit à petit, mon entraîneur de l'époque (ndlr : Joel Quenneville) a donné de plus en plus de matchs à Antti Niemi, l'autre gardien.

Il y avait une gestion un peu bizarre avec moi à certains moments de la saison et je n'ai pas vraiment eu d'explications. J'ai été blessé en début d'année et lorsque je suis revenu, en février, après un match difficile, l'entraîneur m'a dit que c'était terminé. J'ai alors dû me faire une raison.

Dans ces conditions, la conquête de la Coupe Stanley a-t-elle un goût un peu amère?
C'est certain que j'aurai préféré la gagner autrement. Mais beaucoup de grands joueurs n'ont jamais eu la chance de pouvoir soulever ce trophée. Je me sens donc comme un privilégié aujourd'hui. A un moment donné, les sentiments étaient partagés, mais avec un recul je ne changerai pour rien au monde le fait d'avoir vécu cela.

Comment jugez-vous la gestion de l'effectif des Chicago Blackhawks à la fin de la saison 2009-10, soit après la Coupe Stanley?
Il y avait beaucoup de problèmes financiers à résoudre après ce titre. Lorsque nous avions gagné la Coupe Stanley, l'organisation devait resigner le « Big Three » soit Patrick Kane, Jonathan Toews et Duncan Keith. Il fallait évidemment les augmenter suite à cette conquête.

Certains joueurs ont également obtenu des bonus pour ce succès et ceux-ci sont comptés sur la masse salariale. Dès lors, plusieurs joueurs ont du quitter l'organisation. J'étais inévitablement une cible facile, car en plus de ne pas avoir fini la saison, j'étais en disgrâce avec l'entraîneur.

Au terme de cette saison, vous décidez de revenir en Suisse pour continuer de jouer au hockey. Comment s'est passé ce retour et comment l'avez-vous ressenti?
Chaque année, je rentrais en Suisse pour l'été. En août, Chicago m'a expliqué que je n'allais pas revenir la saison suivante et que ceux-ci ne voulaient pas racheter mon contrat. Ils m'ont également dit qu'ils étaient prêts à me laisser aller jouer en Europe.

Mon agent a donc contacté quelques clubs en Europe et Fribourg-Gottéron a tendu l'oreille. L'équipe m'a alors contacté et nous avons discuté ensemble. A ce moment, je n'avais pas vraiment d'offres concrètes. J'aurai pu mettre le cap sur la Russie, mais je ne le voulais pas.

De revenir en Suisse était un peu difficile à digéré. Mais j'ai toujours suivi ce qui s'y passait et j'ai toujours eu du respect pour le championnat. Il est cependant vrai que le changement était un peu brutal au début. C’était aussi une chance également ne pas arriver dans un pays que je ne connaissais pas.

Comment analyseriez-vous votre première saison avec Fribourg-Gottéron?
En fait je pense que nous avons eu deux saisons dans une seule. Nous avons bien débuté la saison, puis nous nous sommes effondrés collectivement et personnellement dans la deuxième partie du championnat. Nous avons alors sombré jusqu'à la fin sans jamais pouvoir remonter la pente.

Individuellement justement, comment avez-vous vécu les critiques à votre encontre suite aux résultats de l'équipe?
Je pense que c'était normal. Je n'étais pas content de mes prestations non plus. Je n'avais jamais vraiment vécu cela. C'était une sorte d'engrenage pour moi mais aussi pour d'autres joueurs. Lorsque celui-ci nous a pris, il était difficile de nous en sortir.

Quelle est la différence entre le Fribourg-Gottéron de cette année et celui dans l'année dernière?
Le plus important est sans doute le changement d'entraîneur. Je ne veux pas critiquer le travail qu'à fait Serge Pelletier avec l'équipe, car il a beaucoup apporté. C'est notamment lui qui a stabilisé l'équipe et qui a fait venir plusieurs bons joueurs.

Lorsque Hans Kossman est arrivé, il a mis les choses au clair en expliquant qu'il était le patron et qu'il fallait respecter cela. Il nous a expliqué son point de vue et nous l'avons respecté. En tant que joueur, nous devons nous concentrer sur notre travail et nous ne regardons pas ce que fait le voisin. Tactiquement il y a des choses qui se mettent en place et les arrivées ont également été importantes pour l'équipe. Il y a donc d'excellents joueurs qui apportent beaucoup sur et en dehors de la glace.

Aujourd'hui, je pense que nous avons encore des choses à améliorer. Nous avons connu une bonne moitié de championnat, mais celui-ci est encore long et il faudra désormais confirmer sur le reste de la saison. Les équipes nous attendent désormais et elles se méfient peut-être plus de nous. Ce sera la course aux points et il n'y aura pas de matchs faciles. Notre objectif est toujours le même à savoir figurer parmi les cinq premiers du championnat. Pour cela, nous devons prendre le plus de points posssibles.

Actuellement l'ambiance est excellente dans le vestiaire et nous formons un bon groupe. L'attitude des nouveaux joueurs a également été bénéfique. Il faudra se rappeler de cela durant la saison si nous passons par des moments difficiles.

Au terme du présent exercice votre contrat avec les Blackhawks de Chicago se terminera et vous aurez ainsi l'occasion de négocier avec n'importe quelle formation. Où se situe votre avenir?
Je ne suis pas devin, mais nous discutons déjà avec Fribourg-Gottéron et c'est certain que je voudrais bien pouvoir rester ici. Si un retour en Amérique du Nord n'est pas totalement exclu, je préfèrerais rester en Suisse. J'ai désormais 36 ans et je ne veux pas prendre de risques en allant en Amérique du Nord. Je ne pense pas pouvoir faire comme David Aebischer et repartir pratiquement à zéro dans une autre formation de NHL.

Depuis votre départ de Chicago, avez-vous eu la possibilité de retourner dans une organisation de NHL?
Oui. Cet été, j'ai été en contact avec les Florida Panthers qui étaient en-dessous du cap salarial. Il y avait une possibilité d'échange, mais cela ne s'est pas fait. Sinon, je n'ai pas eu d'autres contacts en Amérique du Nord.

Parlez-nous un peu du niveau du hockey en France et de son développement?
Le hockey français s'améliore de plus en plus. Cette année, nous avons conservé notre place dans le groupe A et c'est une bonne chose. L'équipe de France à une bonne base de joueurs. Mais le pays est grand et il n'y pas forcément l'argent qu'il faudrait. La Fédération fait beaucoup de chose pour promouvoir ce sport et j'espère que cela portera encore ses fruits.

Au niveau des clubs, ceux-ci sont désormais plus structurés. Il y a de moins grandes différences entre le premier et le dernier de la Magnus. Et même des formations comme Rouen ou Grenoble n'ont rien à envier face à certains clubs en Suisse. De plus, nous avons des jeunes joueurs qui n'hésites pas à s'exiler (ndlr : Stéphane Da Costa à Ottawa). Actuellement, il y a en a aussi plusieurs qui tentent leur chance en Scandinavie.

Commentaires

Le reste des interviews

22/04/2014 à 23:58:57
commentaires
Roman Josi: «C’est toujours une fierté et un honneur que de défendre les couleurs du pays»
Quelques minutes après son entraînement avec l'équipe de Suisse, le défenseur Roman Josi nous a accordé un peu de son temps pour nous parler de sa saison....
24/03/2014 à 18:23:38
commentaires
Emanuel Peter: «Nous devons trouver les émotions positives à l'intérieur du groupe»
Après un tour de placement dénué d'enjeu, le HC Bienne et les Rapperswil-Jona Lakers ont rendez-vous mardi au Stade de Glace pour le premier acte d'une finale d...
voir tous les interviews

Autres actualités de HC Fribourg-Gottéron

Les derniers matchs de HC Fribourg-Gottéron

mardi 08 avril 2014
samedi 05 avril 2014
jeudi 03 avril 2014
mardi 01 avril 2014
samedi 29 mars 2014

NEWS Hockey suisse NLA et NLB

CLASSEMENT NL A J Pts
1 ZSC Lions 50 106
2 HC Fribourg-Gottéron 50 86
3 Kloten Flyers 50 85
4 Genève-Servette HC 50 83
5 HC Lugano 50 83
6 HC Davos 50 80
7 HC Ambri-Piotta 50 78
8 Lausanne HC 50 74
9 CP Berne 50 70
10 EV Zoug 50 66
11 HC Bienne 50 50
12 Rapperswil-Jona Lakers 50 39
VOIR LE CLASSEMENT DÉTAILLÉ

NEWS Hockey amateur, féminin et junior

NEWS Hockey étranger

ANNIVERSAIRE

Christian DUBÉ

HC Fribourg-Gottéron


37 ans


INSCRIPTION NEWSLETTER