Photo Camp HMI David Booth, pourquoi avoir traversé l’Atlantique pour venir enseigner ici en Suisse? Parce que j’apprécie grandement la chance que j’ai eu d’avoir en moi un don, celui d’avoir le talent de hockeyeur et c’est ce que je veux pouvoir partager. Et si je peux enseigner le hockey en Suisse, c’est beaucoup grâce à ma foi en la Providence et parce qu’il y a un camp chrétien à la Vallée de Joux qui me permet de mettre en application ma conception de la foi en Christ.
N’y avait-il pas de camps comparables en Amérique du Nord? Il y a une trentaine de camps comparables en Amérique du Nord et en Europe. J’en fais souvent trois par année, dont un au moins en Europe. Je suis déjà allé en Tchéquie et en Pologne. Mais c’est la première fois que j’ai l’opportunité de partager Hockey et foi en Suisse.
Comment trouvez-vous le niveau des jeunes qui font du hockey en Suisse? Je ne vois pas beaucoup de différence entre les joueurs américains et européens dans les tranches d’âges élémentaires. C’est seulement vers 16-17 ans que les Nord-américains commencent à se démarquer.
Alors, justement, qu’est-ce que les jeunes d’ici doivent améliorer en priorité? Pour moi, la chose qui doit encore et toujours s’améliorer est le patinage, car c’est le fondement de ce jeu. C’est ce qui fait la différence, car un joueur originaire de n’importe où dans le monde peut jouer au hockey à un bon niveau quand il sait très bien patiner.
Dans un championnat aussi dur que la NHL, avez-vous le temps de penser aux idéaux chrétiens que la Bible vous enseigne? Pour moi, se recueillir dans la parole de Dieu est extrêmement important et je prends régulièrement un moment pour la lire, même lors des déplacements. Cela enseigne beaucoup de sagesse et c’est ma façon d’aérer ma pensée. C’est aussi ma façon de remercier le Seigneur, comme je l’ai dit, d’avoir reçu ce don.
Vous avez manqué de très peu les séries avec les Florida Panthers (ndlr: les Panthers ont fini 9ème, ex-aequo avec Montréal, 8ème, tous deux avec 93 points). Déçu?Oui bien sûr, mais c’est à ce moment-là que l’on commence surtout à regretter les points perdus lors des matchs de début de saison. Car c’est dès le commencement d’une saison qu’il faut travailler très fort, pas en fin de championnat. Le plus rageant, c’est que c’est peut-être qu’une histoire de poteau touché en trop, d’un tir de barrage raté ou d’une pénalité mal gérée. C’est vraiment là-dessus qu’il faut se concentrer et ceci, dès le début de la saison sous peine de courir derrière le bus.
Est-ce que la prochaine saison devrait être différente pour votre équipe et si oui, pourquoi? Toutes les saisons sont différentes, bien qu’elles restent dures. Ce sera différent, car nous avons enregistré des changements dans notre staff. Mais il faut surtout d’abord penser que chacun recommence le championnat à zéro point.
Un joueur que l’on connaît bien en Suisse depuis ce printemps est le défenseur international Jay Bouwmeester. Il a quitté les Florida Panthers et son départ ne va-t-il être un gros handicap? C’est effectivement un très bon joueur, mais je pense que les arrivées compensent au moins les départs. L’équipe alignée en ce début de saison doit nous permettre d’atteindre les play-off, car on a du talent.
Jouer au hockey par une température de 30 degrés en Floride, n'est-ce pas difficile?
Photo Camp HMINon, je pense au contraire que c’est plus facile, car on est plus relax lorsque l’on sort de la patinoire. C’est certainement bon pour la récupération. A l’inverse, quand on part dans les zones froides du Canada, on retrouve un environnement entièrement consacré au hockey.
Vous avez connu une saison assez exceptionnelle avec 60 points en 72 matchs. Quelles seront vos objectifs personnels pour cette saison? Je vais fixer mes objectifs au début du mois d’août, car je suis encore dans une phase de réflexion. Mais dès mon retour, je vais mettre tout ceci par écrit.
Parmi vos objectifs, il y a certainement les JO de Vancouver, avec la sélection américaine...Oui, c’est un rêve pour chaque athlète. Mais la NHL n’a pourtant pas une position très claire pour les JO de 2014 à Sotchi.
N’est-ce pas dommage, selon vous? Pour moi, la NHL devrait continuer à faire une place dans son calendrier lors de chaque JO, car c’est déjà la meilleure vitrine d’exposer ce super-sport qu’est le nôtre. Je pense que de ne pas y aller serait déjà, au niveau marketing, une faille incroyable.
Avez-vous déjà pensé à venir jouer un jour en Europe ou peut-être même en Suisse?
J’aimerai avoir une longue carrière en NHL, mais si jamais un jour je devais m’aviser, je pense que la Suisse serait mon premier choix.
Note: avec nos remerciements à Dan Bouchard pour son rôle d'interprète.
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