accueil interviews Félicien Du Bois: «C’est frustrant comme situation d’avoir une telle série de blessures»

Félicien Du Bois: «C’est frustrant comme situation d’avoir une telle série de blessures»

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Le défenseur international des Kloten Flyers revient sur son début de saison difficile marqué par plusieurs blessures, avant d’évoquer ses saisons avec les Aviateurs et les années passées avec le HC Ambri-Piotta. Interview.


Zürich, Gabriele Beffa, le 19/12/2011 à 22:48:27

Félicien Du Bois, comment va votre blessure au genou?
Je me suis partiellement déchiré le ligament interne. Je fais beaucoup d’exercices classiques de réhabilitation en travaillant sur la stabilité du genou, qui n’est encore parfaite. J’espère jouer la Coupe Spengler et je pense que c’est un objectif réaliste. Il s’agirait d’une bonne occasion pour reprendre la compétition.

C’est évident que vous n’êtes pas très chanceux dans cette première partie de saison. A votre avis, pourquoi avez-vous subi trois blessures différentes en ce début d’exercice?
C’est frustrant comme situation d’avoir une telle série de blessures. J’ai l’impression que cela a commencé à dix minutes de la fin des derniers championnats du monde où je me suis fait une déchirure musculaire derrière la cuisse qui m’a embêté durant tout l’été. Je n’ai pas pu faire la préparation estivale comme tout le monde, même si au mois d’août cela s’est bien passé lorsque nous avons débuté sur la glace.

Après deux matches en début de saison, j’ai reçu un coup à la tête qui m’a engendré des troubles de l’équilibre, mais ce n’était pas une commotion. Plus tard, je me suis fracturé la main. Sur le premier shift lors de mon nouveau retour, Jeff Tambellini de Zurich est tombé sur mon genou, ce qui m’a occasionné la blessure que j’ai actuellement. C’était vraiment difficile à accepter après avoir travaillé dur pendant quatre semaines.

Il ne s’agit pas de blessures graves, mais cela prend vite du temps lorsqu’elles s’accumulent. Je n’ai joué que 12 matches lors desquels je n’ai pratiquement jamais été à 100%. J’ai de la peine à expliquer toutes ces blessures, mais je ne crois pas avoir fait quelque chose de faux et après réflexion, j’attribue surtout cela à la malchance. Une telle série noire est déjà arrivée à d'autres joueurs.

La fin de la saison dernière a été très rythmée. Vous avez participé à la finale des play-off pour la deuxième fois de votre carrière, mais le titre n’est toujours pas au bout. A votre avis, qu’est-ce qui a manqué à Kloten pour être champion?
Je pense que l’année passée, c’était presque écrit que Davos allait gagner. Ils étaient vraiment forts dans les moments clés où ils faisaient preuve de beaucoup de sang-froid.

Les difficultés rencontrées pour conclure contre Berne en demi-finale ont-elles joué un rôle?
Au niveau émotionnel la demi-finale contre Berne était incroyable. Lorsque Berne est revenu à 3-3, on nous donnait déjà pour mort et nous avons tout de même remporté le septième match à la maison par 1-0. L’ambiance était magnifique avec le public qui a chanté de la première à la dernière minute. Après un tel moment fort et des telles émotions, c’était dur de jouer deux jours plus tard contre Davos qui était qualifié depuis un moment. Nous avons un peu raté le coche au premier match, car cela nous avait coûté beaucoup d’énergie et nous n’avons pas réussi à remettre les mêmes émotions que lors de la demi-finale.

L’année dernière, vous avez disputé la Coupe Spengler avec le Sparta Prague. Comment avez-vous vécu ce moment avec le club tchèque?
C’est mon ancien coéquipier à Ambri-Piotta, Zdenek Kutlak, qui a dit à Prague que j’étais peut-être intéressé à disputer la compétition. C’était vraiment intéressant de vivre la Coupe Spengler, même si nous avions perdu nos trois matches. Prague était une équipe en difficultés dans le championnat tchèque et cela s’est un peu ressenti sur la glace davosienne: les joueurs étaient moyennement contents d’être là. Après des instants difficiles, ils auraient probablement voulu évacuer le stress et se reposer un peu. Ce n’était pas facile d’arriver dans un groupe où il y avait quand même un peu d’énergie négative et où les joueurs avaient d’autres préoccupations. Malgré tout, j’en garde un bon souvenir.

En 2009, vous avez prolongé votre contrat pour quatre ans avec Kloten. Qu’est-ce qui vous a convaincu de rester et pour une si longue durée?
J’étais plutôt parti sur une base de deux ans. Puis Kloten est venu avec une longue durée, même plus longue que quatre ans. Malgré tout,  je me suis dit pourquoi pas, car il y avait de belles perspectives à Kloten. Finalement, nous avons trouvé un compromis et j’ai signé pour quatre ans. Maintenant, deux ans sont passés et je ne regrette pas du tout d’être ici. De plus, je suis content de ne pas avoir à négocier un contrat dans ma situation actuelle avec mes blessures.

Et votre départ d’Ambri pour Kloten, comment cela s’est-il passé et pour quelles raisons avez-vous quitté la Léventine?
Lors des deux dernières années en Léventine, nous avons fait les play-out et il y avait pas mal d’énergie négative, car les gens s’étaient habitués aux play-off les années précédentes. Au Tessin, les gens prennent vraiment le hockey à cœur. C’était dur d’affronter ce négatif et j’avais l’impression d’être arrivé à un point où je ne progressais plus beaucoup. C’était donc le bon moment pour essayer autre chose.

Mon but était aussi de faire un saut au niveau des résultats et dès ma première année à Kloten, nous avons disputé la finale. On a gagné des séries de play-off et j’avais un rôle important dans l’équipe. Cela m’a en quelque sorte permis de prendre une nouvelle dimension. Maintenant, il manque juste un titre.

Quels autres clubs s’étaient montrés intéressés par vos services?
Lorsque j’ai quitté Ambri-Piotta, j’ai aussi eu une discussion avec Genève, Fribourg et Berne. Je ne voulais pas revenir en Suisse romande, car je désirais découvrir quelque chose de nouveau. Il restait donc Kloten et Berne en course. C’est avec Kloten que j’ai eu le meilleur feeling, que cela soit avec la philosophie du club, le hockey proposé et le contact humain que j’ai eu avec les entraîneurs. Nous avons un super groupe avec beaucoup de respect entre les joueurs et je ne regrette pas ma décision.

Ambri est un club particulier : un village de 200 habitants qui milite dans l’élite du hockey sur glace helvétique. Comment expliquez-vous cela
C’est quelque chose d’incroyable, il y a une tradition et tellement de gens qui ont une passion et un faible pour ce phénomène particulier. On peut presque parler de miracle, tellement c’est unique dans le hockey. Après il semble évident que ce n’est pas facile tous les jours et qu’ils leur faudraient probablement une nouvelle patinoire. Avoir une NLA sans Ambri serait vraiment dommage et c’est difficile de l’imaginer, tant le club est apprécié dans toute la Suisse.

Vous avez passé plusieurs années avec le HCAP, également au niveau juniors. Comment avez-vous vécu ces années au Tessin?
J’ai débuté en NLA à 19 ans et c’est allé assez vite. Il y avait des blessés et j’ai tout de suite reçu beaucoup de responsabilités. Il s’agissait d’une situation plutôt agréable, car j’avais beaucoup de temps de glace alors qu’on ne s’attendait pas forcément à ce que je décide du sort du match. Nous possédions l’une des meilleures lignes du moment avec Domenichelli, Trudel ou encore Toms.  Je jouais derrière avec Reto Kobach et l’on s’entendait bien.

Puis au fil des années, il y a logiquement eu de plus en plus d’attentes en moi et cela n’a pas toujours été facile. A la fin, nous commencions à faire les play-out et c’était compliqué. Lors de ceux-ci, la pression est majeure et tu joues vraiment pour ta survie. Je me souviens que lorsque nous avons perdu le premier tour des play-out, je commençais à me dire que je n’avais pas envie de faire partie de la première équipe d’Ambri qui allait descendre en NLB. Ce club a tellement d’histoire et de tradition que cela aurait été un gros point noir d’en faire partie.

En 2005/2006, vous gagnez 3-0 dans la série contre Lugano, puis ces derniers renversent la situation et s’imposent 4-3 avant de filer vers le titre. Que s’est-il passé dans vos têtes?
En Léventine, lorsque l’on gagne un match contre Lugano, c’est déjà magnifique. Alors mener 3-0 dans une série de play-off, c’est incroyable. Nous savions qu’il fallait encore aller chercher le quatrième match, mais nous n’avions pas forcément l’expérience pour cela. C’était une première fois pour beaucoup de se retrouver dans une telle situation et mener Lugano 3-0 paraissait vraiment inimaginable. Nous avons peut-être eu un peu « peur » de gagner, car cela paraissait tellement irréaliste de sortir le « Grande Lugano ». Après les premières défaites, nous avons assez vite perdu les pédales.

C’était vraiment dommage et cela reste l’une des plus grosses déceptions de ma carrière, surtout qu’ensuite Lugano a gagné le titre. Mais maintenant j’ai digéré ces événements.

Avez-vous déjà eu des contacts avec des clubs de l’étranger?
Oui, j’ai eu quelques contacts, mais cela n’a rien donné. Dans mon contrat, j’ai uniquement une clause libératoire pour l’Amérique du Nord. Après c’est vrai que les choses peuvent aller très vite, comme le démontre le départ de Rafael Diaz pour Montréal où il a parfaitement saisi sa chance. Pour moi, ce n’est pas un objectif en soi d’aller à l’étranger, mais je suis ouvert à des propositions. Néanmoins, je me plais beaucoup à Kloten et il faudrait vraiment que cela soit quelque chose de concret.

Pour terminer, quels sont vos objectifs pour la saison à venir et la suite de votre carrière?
J’espère pouvoir enfin lancer ma saison avec la coupe Spengler et disputer une bonne fin d’exercice. Cela fait depuis deux mois que l’équipe vit dans une situation d’urgence avec les blessés. Il faut constamment changer les lignes, rappeler des joueurs de Viège et énormément utiliser certains joueurs. Cela serait bien que ceux qui n’ont pas beaucoup joué reprennent le rythme, alors que ceux qui ont beaucoup joué se reposent un peu. Ainsi, nous serions bien préparés pour les play-off, car nous disposons d’une équipe qui a des chances d’aller loin.

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