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Même si elle mijotait dans sa tête depuis un moment déjà, la nouvelle n’a été officialisée que lundi dernier: Geoffrey Vauclair rangera cannes et patins à la fin de la saison pour endosser un nouveau costume, celui de vendeur en assurances. Très sollicité après l’annonce de sa décision, le sympathique jurassien nous a accordé quelques minutes de son temps pour évoquer entres autres les raisons de son choix.
Photo Philippe Rayroud
Fribourg, Christian Kobi
le 16/01/2009 à 12:57:57
Geoffrey Vauclair, vous avez annoncé lundi votre départ à la retraite pour la fin de la saison. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision?
L’aspect familial et la bonne opportunité qui m’était offerte de me reconvertir, principalement. Il y a un moment où il faut savoir tourner la page, et j’ai senti que ce moment état venu. J’ai maintenant la possibilité de me reconvertir dans un domaine que j’apprécie. Ce genre d’opportunité ne se serait pas représenté toutes les années.
Cette reconversion, vous y pensiez déjà depuis longtemps?
Cela fait moins d’une année que j’avais cette idée en tête. Une entreprise basée dans les assurances souhaite s’implanter à Fribourg, nous avons eu deux ou trois rendez-vous pour évoquer l’avenir qui se sont très bien passés. Concrètement, j’ai pris la décision de mettre un terme à ma carrière de hockeyeur il y a trois ou quatre semaines environ.
Votre carrière a été entachée par de nombreuses blessures, aux adducteurs principalement. Avez-vous eu l’impression d’être poursuivi par la poisse?
J’y ai pensé à certaines reprises, c’est vrai. Mais dans l’ensemble j’ai plutôt bien réussi à oublier ces blessures lorsque je revenais à la compétition. Aujourd’hui, par exemple, je n’y pense plus et mes performances sont plutôt bonnes. J’ai l’impression que je pourrais encore jouer deux ou trois années au hockey sur glace.
Ces blessures à répétition ont-elles tout de même pesé dans votre décision?
Même si on essaye d’oublier, elles restent toujours présentes dans un coin de la tête. Mais tout va très vite dans le sport. Prenons l’exemple de Frédéric Rothen: il était sain, en forme, et d’une seconde à l’autre il se reprend un tir en pleine figure. Ce sont les imprévus du sport, on n’est jamais à l’abri d’une mauvaise surprise.
Depuis quelques matches, vous semblez avoir retrouvé la grande forme. Jouez-vous plus libéré depuis que vous avez pris votre décision?
C’est bien possible. Je me sens en tout cas de mieux en mieux, j’ai l’impression que je pourrai encore aider l’équipe à remporter des matches d’ici la fin de la saison. Ce sont souvent de petits détails qui font la différence. Ces derniers temps par exemple je bénéficie de plus de temps de glace. Il est ainsi plus facile de s’illustrer et de contribuer au succès de l’équipe.
Aviez-vous reçu d’autres propositions de clubs de NLA pour la saison prochaine?
Oui, mais je me suis empressé de les prévenir que je comptais mettre un terme à ma carrière, histoire qu’ils ne gaspillent pas inutilement du temps et des forces pour moi. Mais, comme je l’ai dis auparavant, tout va très vite dans le sport. Il ne faut jamais dire jamais. Qui sait ce qui peut se passer dans sept ou huit mois?
Beaucoup de Jurassiens espéraient un jour vous voir reporter le maillot du HC Ajoie. L’idée vous a-t-elle traversé l’esprit?
Bien sûr, mais pour signer un contrat il faut être deux à en avoir envie. Je pense que le HCA a d’autres choses à faire actuellement que d’essayer de ramener Geoffrey Vauclair à Porrentruy. Je ne sais d’ailleurs même pas si le club était intéressé. Ce qui compte pour moi maintenant, c’est de bien terminer cette saison avec Gottéron et ensuite de me consacrer à 100% à mon nouveau travail.
Quelle a été la réaction de votre famille, et notamment de vos frères, au moment où vous leur avez annoncé la nouvelle?
La seule chose que j’aurais encore voulu faire avec des patins au pied, c’est de jouer avec mes deux frères, Julien et Tristan, dans la même équipe. Mais que voulez-vous, c’est le business, il faut savoir prendre des décisions qui ne sont pas toujours évidentes.
En 1997, vous avez quitté Porrentruy pour Lugano, où vous êtes resté durant quatre ans et demi. Quels souvenirs gardez-vous de ces années-là?
C’était une super expérience, au cours de laquelle j’ai pris énormément de plaisir. Et il y a eu ce titre, en 1999, que j’ai gagné en jouant dans la même équipe que Julien. Cela restera à jamais gravé en moi.
Puis en 2002 c’est l’arrivée à St-Léonard. Depuis ce moment-là jusqu’à aujourd’hui, le club a vécu plusieurs périodes mouvementées. Comment avez-vous vécu ces années difficiles?
Dans chaque club, et c’est normal, il y a de bonnes et de moins bonnes périodes. Le nerf de la guerre reste et restera sûrement encore longtemps l’argent. A une certaine période, Gottéron ne disposait pas des liquidités suffisantes pour être compétitif. En tant que joueur, il est parfois nécessaire de faire abstraction de cela et de se concentrer sur son jeu. Sinon vous ne dormez plus la nuit.
Aujourd’hui, le club vous semble-t-il avoir retrouvé des bases saines?
Assurément, autant au niveau administratif que sportif. Pour qu’un club connaisse le succès, il doit posséder en ses rangs des gens capables et passionnés. Aujourd’hui, Fribourg a la chance de compter ce genre de personnes dans son staff. Le sport a beaucoup changé en dix ans, les personnes qui prennent les décisions doivent être conscientes de cela.
Quels sont les deux ingrédients qui font que Gottéron disputera les play-off cette saison?
L’esprit d’équipe et la rigueur défensive.
Partir sur un exploit comme celui réalisé l’année dernière contre Berne, ce serait formidable…
Il sera dur de faire aussi bien que la saison passée, car la barre a été placée très haut. Mais qui sait, si l’équipe ne compte pas trop de blessés dans ses rangs et qu’elle peut compter sur cette part de chance qui fait souvent la différence, un nouvel exploit de ce type est envisageable. Il n’y aurait en tout cas pas mieux comme départ (rires)…
Vous vous tournez désormais du côté du monde des assurances. Etait-ce une envie que vous aviez depuis longtemps?
L’idée m’est venue il y a environ une année. Je vais maintenant suivre une formation dès le mois de mai et voir ce qu’il en ressortira. Je suis en tous cas très motivé par cette nouvelle aventure qui me permettra de tâter un terrain que j’aime beaucoup, celui des contacts humain. C’est un aspect très important pour moi. Les gens ne se souviendront peut-être pas de moi pour mes goals, mais à mon avis plutôt pour mon côté humain.
Rester dans le monde du hockey, ça ne vous tentait pas?
C’est quelque chose que je n’exclus pas totalement, mais pas dans l’immédiat. Je prendrai le temps d’y repenser plus tard.
Garderez-vous tout de même des attaches avec le monde du hockey, que cela soit en tant que simple spectateur ou d’une autre manière?
Je retournerai voir des matches, c’est sûr et certain. J’espère également garder le contact avec plusieurs joueurs que j’ai côtoyés ces dernières saisons et bien entendu aller un peu plus suivre mes frères du côté de Lugano.
Qu’est-ce qui vous manquera le plus à votre avis l’hiver prochain?
L’ambiance du vestiaire, sans hésiter. C’est quelque chose qui a toujours eu une grande importance pour moi.
| CLASSEMENT NL A | J | Pts |
| 1 | EV Zoug | 46 | 91 |
| 2 | HC Davos | 46 | 90 |
| 3 | HC Fribourg Gottéron | 46 | 87 |
| 4 | CP Berne | 46 | 83 |
| 5 | Kloten Flyers | 46 | 80 |
| 6 | HC Lugano | 45 | 69 |
| 7 | ZSC Lions | 44 | 68 |
| 8 | Genève-Servette HC | 46 | 63 |
| 9 | HC Bienne | 46 | 62 |
| 10 | HC Ambri Piotta | 46 | 46 |
| 11 | SCL Tigers | 46 | 46 |
| 12 | Rapperswil-Jona Lakers | 45 | 37 |