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Jean-Pierre Vigier: «J'étais surexité avant d'affronter le GSHC»

14/10/2009 à 21:31:01

Genève, Nadine Forclaz Article vu 5 177 fois

Jean-Pierre Vigier est connu comme un meneur de jeu, dur à la tâche et au mal. Mais c’est aussi un joueur exemplaire qui dit les choses quand elles doivent être dites et qui sait par ailleurs rester sobre et franc dans ses appréciations.

Laurent Daspres - 13/10/09
Jean-Pierre Vigier

Jean-Pierre Vigier, comment avez-vous vécu le match GSHC-Berne. Cela devait être quand même particulier pour vous de revenir jouer ici? 

C’était effectivement mon premier match aux Vernets contre Genève et si j’attendais cela, j’ai aussi eu de la peine à me concentrer avant le match tellement j’étais surexcité. Une fois que le match à commencé par contre, je me suis imprégné de l’ambiance et je me suis senti à l’aise. Même si je jouais contre tous les amis avec lesquels j’avais joué auparavant, je voulais gagner à tout prix, autant qu’eux d’ailleurs voulaient gagner contre moi. C’est toujours particulier: si la plupart de mes anciens coéquipiers sont des amis, en changeant d’équipe, on veut toujours faire mieux qu’eux.

 

Est-ce difficile d’arriver dans une nouvelle équipe, avec un nouvel entraineur, un nouveau système de jeu et surtout, dans une équipe aussi réputée en Suisse? 

Oui, c’est sûr parce qu’il y a beaucoup d’attente pour que l’équipe aille bien. Mais j’essaye de me familiariser avec mes coéquipiers le plus vite possible, même si on ne peut pas contrôler comment tout va se passer. Je suis Jean-Pierre, je travaille fort et je fais le boulot que l’on me demande de faire. Comme tout professionnel, j’essaye de m’ajuster et me mettre au service de l’équipe en espérant gagner match après match.

 

Larry Huras vous met-il plus la pression à vous, les attaquants étrangers?

Je ne pense pas. Il ne faut pas oublier qu’en hockey, on joue en équipe, on gagne en équipe ou on perd en équipe. A partir de là, il n’y a pas plus de pression sur moi que sur les autres joueurs.

 

Pensez-vous avoir un rôle particulier sur la glace, voire en dehors de la glace, avec vos coéquipiers ou avec l’entraineur? 

Certainement. J’ai un rôle à jouer, comme chaque joueur a le sien dans l’équipe. J’ai sans doute un peu plus d’expérience. Alors j’essaye aussi d’aider les jeunes joueurs, de leur montrer comment améliorer le système de jeu et de travailler avec eux pour le bien de l’équipe. Bien sûr, les aider à rester calme dans les situations difficiles, comme ce mardi soir. Par contre, s’il y a quelque chose à dire de négatif, je ne le cache pas car on doit grandir ensemble et avancer dans la même direction. A Genève, on a été tout près de gagner le championnat. J’espère qu’avec Berne, on aura la chance d’aller un pas plus loin.

 

Vous avez joué en NHL quelques années. Qu’est ce qui vous a fait rester en Suisse? 

En fait, c’est pour la famille. En Suisse, c’est petit. Rien n’est éloigné et tous les soirs après les matches, je peux rentrer chez moi et vivre une vie de famille normale. Par exemple, avec ma fille ainée, j’ai manqué certaines étapes alors qu’on était en Amérique. Quand j’ai eu la possibilité de venir jouer à Genève, je n’ai pas hésité. Maintenant, avec ma deuxième fille, je peux la voir faire ses premier pas, rire et vivre tout simplement. C’est tellement important. Les enfants grandissent si vite que j’ai envie d’être là pour voir tout ça. Ainsi, mon aînée parle maintenant trois langues. C’est ce qui me plait ici en Suisse et j’espère y rester le plus longtemps possible.

 

Trouvez-vous plus difficile d’être dans une ville germanophone que dans une ville francophone? 

Ecoutez, je ne sais pas. Mais honnêtement dans l’équipe de Berne, tous le monde parle pratiquement les trois langues, ou au moins l’anglais ou le français. Alors je n’ai pas vraiment de difficultés et on trouve toujours une façon de se débrouiller  pour se comprendre, même de la main. Et dans la ville de Berne, c’est la même chose: les gens parlent soit le français ou bien se débrouillent en anglais. Le fait d’être dans une ville allemande ne me dérange pas.

 

Vous êtes né au Canada, vous parlez le français, mais vous n’êtes pas Québécois... 

C’est vrai. En fait, je viens du Manitoba, une province bilingue de l’Ouest du Canada. Plus précisément d’une région dans le sud de la province où il y a 7 ou 8 petits villages qui ont créé une communauté franco-manitobaine. Je parle le bon français, comme en France (rires). C’est vrai, j’ai un petit accent. Mais des fois, je ne comprends pas les Genevois, qui sont pourtant proches de la France. Et si vous voulez tout savoir, j’ai des origines françaises de par ma grand-mère, qui vient de la Haute-Savoie. Donc je ne suis pas si étranger que ça.

 


Laurent Daspres - 13/10/09
Vigier - De l'aigle Genevois à l'ours Bernois
Au niveau famille, ce n’est pas un peu difficile pour votre femme et vos filles de déménager souvent? 

Non pas vraiment. On a fait Atlanta, Chicago, Orlando, Winnipeg avec ma femme. Et ma fille de 4 ans a vécu au Canada, aux Etats-Unis et maintenant en Europe. C’est une super expérience pour elle également.

 

Et la KHL, c’est une ligue qui ne vous aurait pas intéressé? Parce qu’au niveau salaire, c’est assez attrayant… 

C’est vrai qu’il y a beaucoup d’argent en jeu dans cette ligue, mais elle ne convient pas à tous les joueurs, notamment pour ceux qui ont une famille. Pour l’instant, je n’ai pas été approché, mais si cela devait arriver, j’y réfléchirais. Mais pas avant.

Le SCB  va plutôt bien en ce début de saison. Est-ce que vous pensez que cette fois, vous irez jusqu'au bout, c’est-à-dire éviter ce qui s’était passé ces deux dernières années, être premier pour s’arrêter en quart de finale? 
Effectivement, tout le monde répète que cela a été une catastrophe. Cette année, il y a une nouvelle équipe avec quelques nouveaux joueurs et un nouvel entraineur. On doit certes apprendre à travailler ensembles et surtout, oublier le passé. Mais on ne peut pas tout contrôler. On l’a vu avec Genève où il y a deux ans, tout allait bien et l’année d’après, plus rien n’allait. C’est encore un peu tôt pour dire que nous allons arriver dans de bonnes conditions à la fin de la saison. Mais chacun a l’espoir de bien faire.

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