accueil interviews John Gobbi: «Comme joueur de hockey et sportif, c’est obligatoire d’avoir une mentalité de gagnant»

John Gobbi: «Comme joueur de hockey et sportif, c’est obligatoire d’avoir une mentalité de gagnant»

12/12/2011 à 07:58:27

Zürich, Gabriele Beffa Article vu 3 654 fois

Le Léventin de 30 ans évoque ses débuts avec les ZSC Lions, son départ et ses années passées à Genève, ainsi que son début de carrière avec Ambri-Piotta. Interview.


John Gobbi, comment va votre blessure au genou dont vous avez été victime avec l’équipe de Suisse?
Cela va tous les jours un peu mieux. On travaille beaucoup avec le physiothérapeute du club. Je fais pas mal de renforcement et j’espère revenir un peu plus tôt que prévu. Après, il faudra bien entendu attendre le feu vert du médecin. En théorie, le retour est prévu au début du mois de janvier.

Sinon, comment avez-vous vécu votre début de saison avec Zurich?
J’avais beaucoup de choses à Genève comme mes études, donc j’y suis resté jusqu’à fin juillet. Puis je suis arrivé à Zurich un jour avant le début de la glace. Après, le mois d’août s’est bien passé: j’ai travaillé très fort physiquement et j’ai fait pas mal de matches de préparation.

En championnat, nous avons connu un début un peu difficile. Nous avons surtout eu de la peine lors des dix premiers matches, en perdant notamment les six premières rencontres à la maison. C’était dur pour l'équipe et pour moi.  Ensuite, nous avons connu une bonne série de sept victoires en neuf matches. Puis cette blessure est arrivée. Elle tombe vraiment mal, car je me sentais très bien.

Avez-vous un rôle exclusivement défensif? Et recevez-vous également du temps de jeu lors des situations spéciales?
C’est clair que mon rôle est différent que celui que j'avais à Genève, il est nettement plus défensif ici. Je n’ai pas encore eu l’occasion de jouer en power-play, mais j’évolue beaucoup en box-play et à cinq contre cinq. Je joue souvent contre les blocs offensifs des autres équipes. Nous avons beaucoup de joueurs de bonne qualité en défense comme Seger, Blindenbacher, Murphy ou encore McCarthy.

A quoi attribuez-vous les difficultés en championnat? Notamment le fait de ne pas gagner à domicile?
Les joueurs en général n’ont pas fait un bon début de saison. Il faut aussi dire que nous avons un nouveau coach avec un nouveau système. Bob Hartley n’a jamais coaché en Suisse, il ne connaît pas la manière dont les autres équipes jouent, donc pour lui ce n’est pas évident non plus. De plus, il y a eu beaucoup de changements à Zurich, comme l’arrivée de nouveaux étrangers.

Au Hallenstadion, l’ambiance n’est pas aussi chaude qu’à la Valascia ou à BCF-Arena. Parfois, cela peut avoir une petite influence psychologique, car si le public pousse bien, cela peut nous aider à faire la petite différence qui fait basculer un match. C’est en play-off que l’ambiance est incroyable à Zurich. Le public zurichois est très exigent et a beaucoup d’attentes, car nous avons une bonne équipe. Cela nous responsabilise et nous pousse à faire mieux.

Zurich a une grande histoire avec les titres, la Victoria Cup et la Champion’s League. C’est un club qui a beaucoup d’histoire avec une mentalité gagnante. Ici, les gens attendent des titres.

Quelles différences remarquez-vous par rapport à Genève?
J’ai fait une grande partie de ma vie et de ma carrière de sportif professionnel à Genève. J’y ai vécu une grosse évolution, le club s’est amélioré à tous les niveaux. Il est passé d’un côté plus amateur à un club plus professionnel. Maintenant, Genève est une ville de hockey. Cette année, ils ne font pas forcément une bonne saison et pourtant il y a pratiquement 6500 spectateurs par match. Ce n’est même plus une question de hockey, les gens vont à la patinoire car ils savent qu’ils vont passer une bonne soirée et qu’ils vont s’amuser.

Zurich est un gros club qui est aussi très bien structuré. Tout est très professionnel: lorsqu’on a besoin de quelque chose, c’est fait immédiatement. C’est un des gros clubs avec Berne ou Zoug. La patinoire est vraiment très bien. J’ai pu en faire l’expérience maintenant que je suis en tribunes pour quelques semaines (rires). Mais c’est clair qu’on y retrouve une ambiance plutôt nord-américaine.

Vous côtoyez un entraîneur comme Bob Hartley depuis le début de la saison. Comment cela se passe-t-il avec lui?
Je savais qu’il avait remporté la Coupe Stanley et qu’il avait gagné presque partout où il est allé. La première fois que je lui ai parlé, je lui ai dit que j’étais là parce que je voulais gagner le titre. Il m’a dit que dans toutes les catégories où il était allé, il avait toujours gagné. Un entraîneur avec une telle mentalité, cela fait du bien.

Comment s’est passé votre départ du Genève-Servette HC, malgré un contrat encore valable pour quatre ans?
Je ne m’y attendais pas vraiment. J’ai entendu des rumeurs quand Thomas Deruns est parti à Berne. Mais je ne peux pas systématiquement croire toutes les rumeurs. Je n’y croyais donc pas trop à la base, et avec mon long contrat, j’étais parti pour rester. Après les Mondiaux, j’ai eu une rencontre avec Chris McSorley et il m’a dit qu’il était peut-être obligé de se séparer de moi et qu’il y avait des clubs intéressés. Au final, un de ces clubs était Zurich et je m’y suis engagé.

Comment Chris McSorley vous a-t-il présenté la chose?
Il m’a dit qu’il y avait des problèmes avec le budget. J’ai toujours eu le choix de rester, je n’avais pas de clause pour être échangé comme en NHL. Mais pourquoi dire non à partir du moment où le club ne vous veut plus et qu’un club comme Zurich s’intéresse à vous? De l’extérieur c’est un club qui gagne et donc, si je devais partir de Genève, c’était un bon endroit où aller.

Que retenez-vous des sept saisons que vous avez passées à Genève? Quel a été le meilleur moment pour vous?
Il y a pas mal de choses, mais il y a surtout la finale contre Berne. Nous avions vraiment tout donné. Plus que cela on ne pouvait pas faire. Nous avions disputé sept matches contre Fribourg, puis six contre Zoug. C’était difficile d’aborder cette finale après avoir disputé autant de matchs, comparé à Berne.

Vous avez disputé le début de votre carrière au HC Ambri-Piotta. Que représente ce club pour vous?
C’est un peu chez moi, car je suis originaire de Piotta. Le HCAP fait partie de l’histoire du hockey suisse. Il n’existe pas à ma connaissance dans un autre sport au monde un petit village de 200 habitants qui a un club professionnel dans la meilleure catégorie du pays. Tout le monde peut dire qu’ils sont pour un club, mais leur deuxième équipe préférée est toujours Ambri.

C’est un club qui apporte de la sympathie. Lorsqu’il y a un match à l’extérieur, c’est souvent Ambri qui a le plus de fans, j’ai d’ailleurs remarqué cela à Zurich et à Genève. C’est vraiment important que cette équipe garde sa place en NLA, car il ne faut pas regarder que le «business». Cela fait du bien à la ligue d’avoir un club comme Ambri.

A votre avis, comment fait un petit club comme Ambri pour survivre face aux grosses cylindrées du championnat de NLA?
Comme j’ai dit, c’est surtout la sympathie. Les gens qui vont voir Ambri sont entre Lucerne et Chiasso. Le club possède un tel bassin de public que c’est intéressant pour les sponsors, car ils peuvent toucher beaucoup de monde. Tout le monde aime Ambri. On l’a d’ailleurs constaté avec la récolte de fonds cet été. Il y a même des fans de Lugano qui ont donné quelque chose. De plus, le derby est important pour le Tessin.

Le HC Ambri-Piotta a-t-il déjà exprimé le désir de vous faire revenir?
Nous avons eu quelques contacts. Mais comme je l’ai dit à l’époque, si je revenais à Ambri, je n’allais plus jamais repartir.

Et envisagez-vous donc d’y revenir un jour?
Pour la suite c’est difficile de prévoir les choses. Je pensais d’ailleurs finir ma carrière avec Genève puisque mon contrat courait jusqu’à mes 34 ans. Mais une année après avoir signé celui-ci, je me retrouve à Zurich. Donc on ne sait jamais. Pourquoi pas pour Ambri, nous verrons en temps voulu.

Vous avez été appelé au dernier moment pour les championnats du monde l’année passée. Cela faisait plusieurs années que vous étiez très proche d’une participation, mais souvent vous avez été écarté au dernier moment. Comment avez-vous vécu ce moment?
C’était incroyable. J’étais parti cinq jours à Londres. Lorsque je suis rentré le mardi soir, j’avais mon téléphone déchargé et lorsque je l’ai allumé, il y avait deux appels et un message de Sean Simpson qui me disait de le rappeler dès que possible. Je l’ai appelé et il m’a dit que Goran Bezina était blessé et m’a demandé si je voulais venir. J’ai dit oui et je suis parti le lendemain.

Le fait d’y arriver comme cela était encore mieux, je ne m’y attendais tellement pas. J’ai fait sept ans d’affilée sans être retenu, ce qui est difficile lorsque tu es un compétiteur et je n’étais pas content. Cela m’a poussé chaque année pour améliorer mon niveau. Cette année, j’avais de nouveau été recalé et pour moi, le hockey était fini pour cette saison. Tous ces petits éléments ont fait que c’était encore meilleur et je ne suis jamais senti aussi bien.

Avez-vous déjà pensé à tenter une expérience à l’étranger?
J’ai joué les play-off avec Bolzano en Italie en 2003. Avec Ambri, nous avions fini tôt en perdant 4-0 contre Davos et les play-off commençaient tard en Italie. Bolzano voulait un étranger et avait demandé Rollin qui ne voulait pas y aller. Alors le club a dit que j’étais motivé et que je n’avais même pas besoin de jouer comme étranger avec mon double passeport (Italie-Suisse). Il s’agissait vraiment d’une bonne expérience, j’ai beaucoup apprécié l’ambiance. A mon avis, si quelqu’un veut partir, il faut le faire. Cela ne peut pas faire de mal.

Pour une autre tentative à l’étranger, j’y ai pensé. Mais j’avais mes études et je n’ai pas vraiment eu de contacts avec des clubs de l’étranger. Cela pourrait être intéressant de voir une autre mentalité, mais pour recevoir des offres il faut être un défenseur d’un certain standard et sortir du lot comme Severin Blindenbacher ou Patrick von Gunten. Il s’agit de défenseurs très offensifs.  Moi je ne rentre pas dans cette catégorie.

Vous avez 30 ans, mais il vous reste certainement encore des belles années devant vous. Quels sont vos objectifs pour la suite de votre carrière?
Je joue avec Zurich qui est l’un des meilleurs clubs de Suisse. Si on m’avait dit lorsque j’avais 20 ans que je jouerais là-bas, j’aurais signé tout de suite. Même jouer en Ligue nationale, cela n’était pas acquis dès le début.

Maintenant, il ne me manque plus que de gagner. Comme joueur de hockey et sportif, c’est obligatoire d’avoir une mentalité de gagnant. Même si je dois faire des sacrifices comme jouer moins ou faire une croix sur l’aspect offensif de mon jeu, je veux gagner, peu importe comment!

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CLASSEMENT NL A J Pts
1 HC Davos 24 51
2 ZSC Lions 25 49
3 HC Lugano 24 48
4 CP Berne 24 48
5 EV Zoug 23 43
6 Genève-Servette HC 25 36
7 Lausanne HC 25 32
8 Kloten Flyers 23 30
9 HC Bienne 25 30
10 HC Fribourg-Gottéron 24 29
11 HC Ambri-Piotta 24 22
12 Rapperswil-Jona Lakers 24 17
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