Kimmo Bellmann: «Jusqu'au bout j'ai cru à une possibilité de sauvetage»

27/06/2017 à 08:46:35Martigny, Vincent CriblezArticle vu 6 557 fois
Quelques jours après que le Martigny Red Ice ait annoncé ne pas vouloir faire recours contre la décision de faillite, prononcée par le tribunal de Martigny-St-Maurice, Planète Hockey vous propose l’interview de l’ancien directeur général du club, Kimmo Bellmann.
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Kimmo Bellmann, comment avez-vous vécu ces pénibles dernières semaines? Aviez-vous encore l’espoir d’un sauvetage de votre club?
D’un côté, je suis presque soulagé que toute cette histoire soit - malheureusement - terminée. C’était assez pesant à vivre. Ces dernières semaines, l’issue négative est devenue de plus en plus plausible, chose qui fut confirmée par le Tribunal. Mais je dois dire que, jusqu’au bout, j’ai cru à une possibilité de sauvetage. Nous avions déjà un plan pour repartir en 17/18 avec un budget de 2 millions de francs.

Les anciens propriétaires russes n’étaient-ils pas disposés, comme ce fut le cas à Kloten par exemple, de boucher les trous afin de laisser le club sans aucune dette?
Non, les Russes avaient toujours dit qu’ils allaient se retirer un jour, et ceci bien à l’avance. Les choses ont été claires dès le début avec eux. Dans l’histoire, ils ont déjà investi à perte plusieurs millions de francs à Martigny.

Peu avant l’annonce de la faillite, votre club était en contact avec des éventuels repreneurs slovaques il y a quelques semaines. Pourquoi les choses ont-elles capoté avec eux?
En fait, les Slovaques étaient prêts à investir une bonne partie de la somme qui manquait pour pouvoir boucler le budget du club. J’ai été les voir à deux reprises en Slovaquie et les papiers étaient sur la table. Il ne manquait que les signatures. Mais eux, et c’est logique, voulaient des garanties en retour, afin de retrouver leur argent. Nous parlions là d’un prêt bancaire qui aurait servi à notre club à pouvoir payer les salaires et les charges sociales en retard. Malheureusement, notre Président, Mike Echenard, n’a pas pu - et ce n’est pas un reproche - leur fournir ces garanties de retour d’argent. Il ne faut pas oublier que le Président du club avait déjà investi énormément d’argent pour boucler les budgets lors des saisons précédentes. C’est d’ailleurs lui qui m’a ouvert les portes de ce club il y a plus d’une année et je lui en suis très reconnaissant.

Puis une association de supporters s’est formée. Là aussi, les fonds récoltés ne furent pas suffisants…
Non, mais ils ont tout de même réussi à récolter quelques 60'000.- en une semaine, ce qui est déjà extraordinaire. Maintenant, ce même groupe réfléchit à différentes solutions pour pouvoir faire continuer le hockey à Martigny, peut-être via la seconde équipe qui évolue en 2ème ligue.

Concrètement, depuis quand les salaires n’était-ils plus versés à Martigny?
Pour ce qui est des joueurs, depuis le mois de février. Pour le secteur administratif du club, depuis mars. 

Tout ce beau monde pourra-t-il, d’une façon ou d’une autre, récupérer son argent?
Oui, toutes les salariés devraient toucher jusqu’à quatre mois de salaire en retard à 100% de la part de la caisse cantonale de chômage du Valais, via l’indemnité en cas d’insolvabilité de l’employeur. Une fois ces quatre mois passés, les indemnités de chômage entrent en ligne de compte. Mais tout le monde est aujourd’hui - et depuis longtemps déjà - évidemment libre de se trouver un nouvel employeur, les joueurs y compris.

De l’extérieur, il était clair qu’un club comme Martigny, qui compte sur le soutien d’un peu plus de mille personnes par match seulement, ne pouvait pas boucler son budget de 5.5 millions. Le club a-t-il vu trop grand avec un tel budget?
Avec un budget plus léger, il avait déjà fallu une bonne participation financière du président pour boucler la saison précédente. Du coup, la ligue avait validé notre budget 16/17 grâce à des engagements financiers que Mike Echenard avait donnés. Malheureusement, les entreprises de Mike Echenard ont connu des problèmes de liquidités et il n’a plus pu faire face à ses promesses.

Voilà tout le danger du mécénat, non?
Oui, c’est exactement cela. Lorsqu’une personne seule investit beaucoup d’argent dans un club, ça peut être dans un premier temps une très bonne chose. Mais les risques ne sont pas répartis, alors quand les affaires de cette personne ne fonctionnent plus comme elles fonctionnaient avant, le club se retrouve vite menacé. D’une manière générale, je suis de l’avis que le conseil d’administration d’un club de hockey devrait être occupé par 4-5 personnes. Or à Martigny, il n’y en avait finalement plus qu’une.

En tant que directeur général d’un club venant d’être déclaré en faillite, avez-vous un sentiment de culpabilité?
Il faut distinguer le conseil d’administration du directeur général, donc moi. Ce sont deux entités complètement différentes au sein d’un club. En tant que directeur responsable de l’exécutif, je ne faisais qu’appliquer les consignes provenant du conseil d’administration. Si toutes les promesses de sponsoring et de dons qui m’ont été présentées avaient été tenues, nous aurions bouclé le budget de cette saison très largement dans les chiffres noirs. Après quelques semaines de méfiance à mon arrivée au vu de mes origines vaudoises, j’ai senti que tout le monde, y compris la ligue, était très content de mon travail.

Alors que la plupart de vos joueurs sont en quête d’un nouvel emploi, quelle sera la suite pour vous?
Je ne sais pas encore. Idéalement, j’aimerais rester dans le monde du hockey, où en tous les cas dans le sport. J’ai mis tout mon cœur dans ce travail durant cette saison et là, j’ai besoin de souffler 2-3 semaines avant de penser à la suite. Mais je n’ai pas envie de me plaindre, on n’est pas dans un pays où l’on se retrouve à la rue lorsqu’on a plus d’emploi. 

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