accueil interviews Laurent Perroton: «Je suis un grand communicateur»

Laurent Perroton: «Je suis un grand communicateur»

19/06/2009 à 11:46:45

Lausanne, Florian Melchner Article vu 15 067 fois

Arrivé il y a six ans au sein de l’organisation du Lausanne Hockey Club, Laurent Perroton, 35 ans, est un homme peu connu du grand public, si ce n’est de par son rôle au sein des juniors Elite et du HC Star Lausanne. Planète Hockey est allé à la rencontre de ce natif de Lyon afin de faire la connaissance d’un homme à la fois sympathique et ouvert.

Photo Patrick Pitton

Laurent Perroton, vous êtes surtout connu comme entraîneur du Star Lausanne et des juniors Elite du LHC, pouvez-vous nous parler de votre carrière dans le hockey français?
Pour commencer, j’ai été formé à Lyon où j’y ai fait tout le mouvement junior avant d’intégrer la première équipe, qui évoluait en ligue Magnus. Parallèlement, j’ai débuté des études de maître de sport car cela m’a toujours intéressé de travailler avec les jeunes. Par la suite, j’ai eu l’opportunité de partir à Paris.  J’ai donc joué dans la capitale pendant une année avant de partir à Toulouse durant un an où nous avons obtenu le titre de champion de France avec la première équipe. Puis, je suis arrivé à Nice où le club venait de déposer le bilan, ce qui m’a permis de reprendre le management de l’équipe. Ainsi, nous sommes passés de la troisième division à ligue Magnus en quatre saisons. Ce fut une grande satisfaction pour moi. Après avoir remis Nice dans l’élite du hockey français, je suis parti pour Gap comme entraîneur étant donné que  j’avais arrêté ma carrière de joueur (ndlr: il était âgé de seulement 29 ans). Nous avons failli atteindre les demi-finales de la ligue Magnus en poule nationale et suite à ce bon résultat j’ai été contacté pour entraîner en Suisse.

Justement, comment se sont noués les contacts avec la Suisse vous ayant permis de rejoindre le mouvement junior du LHC et le Star Lausanne?
Au départ, tout s’est fait par le biais d’agents, notamment par Gérald Métroz. J’étais venu à l’époque faire un stage avec l’équipe de France d’Heikki Leime  et j’avais constaté une grande différence dans les structures des deux pays en matière de hockey sur glace. Ne voyant pas le hockey français suffisamment évolué, et Gérald Métroz m’ayant proposé ce poste au LHC, j’ai décidé de me lancer.

Comment s’est passée votre adaptation dans le championnat suisse?
C’était un autre monde auquel j’étais confronté (rires). Il m’avait fallu déjà convaincre les dirigeants d’entant que j’étais la bonne personne  ce qui n’était pas évident vu la différence entre l’offre et la demande pour un poste de coach en Suisse. Ensuite, j’ai été bluffé par les infrastructures ici à Lausanne, c’était extraordinaire. A ce moment, je savais que je ne retournerai pas travailler en France. Le plus dur a été de m'imposer car un Français n’est pas censé être un «connaisseur» de hockey. Cependant, j’ai passé petit à petit mes diplômes d’entraîneur et je me suis bien intégré au sein du club.

Avez-vous tout de suite ressenti une différence entre les deux championnats?
Absolument, que ce soit au niveau de la qualité et la quantité des joueurs, de l’engouement populaire (ndlr:le hockey sur glace est en France le trente-septième sport national!) et de l’homogénéité des équipes sont autant de points qui m’ont marqués.

Si nous revenons à vous, quelle philosophie du hockey prônez-vous?
Je suis un tacticien, je suis réellement attaché à cet aspect du jeu. J’ai d’ailleurs appliqué ce précepte avec les  juniors Elite avec un résultat des plus convaincants. J’adapte également ma tactique en fonction du groupe que j’ai à disposition. Enfin, je dirai que mon jeu est porté sur l’offensive.

Vous vous caractériseriez comme un entraîneur dur? Gentil?
Plutôt communicateur. En fait, c’est une nécessité pour moi de parler avec les joueurs afin de mieux les gérer. Je m’adonne également à travailler sur le mental et l’attitude de ces derniers. Je suis aussi très rigoureux dans mes choix, c’est-à-dire que si un joueur n’a pas une bonne attitude, il ne jouera pas. Il faut donc qu’il soit vraiment dans l’esprit du groupe et ne soit pas un électron libre.

Vous estimez avoir réussi à induire cette philosophie à vos jeunes joueurs?
Oui cela c’est extrêmement bien passé vu que nous avons obtenu la promotion en «A» sur le tapis vert pour les Elite ainsi que deux troisièmes place lors des deux dernières saisons et que nous avons terminé une fois vice-champions suisse et deux fois champion romand de première ligue avec le Star sur les cinq dernières années. Donc, oui, grâce au travail du staff et des joueurs, nous avons réussi à obtenir de très bons résultats.

Avec ces succès, beaucoup de ces jeunes ont obtenu un contrat en NLB. Considérez-vous cela comme le fruit de l’énorme travail fourni par vous-même et le staff du mouvement junior?
Je trouve en effet que c’est une double consécration avec la troisième place des Elite et que sur les neuf juniors ayant atteint la limite d’âge pour jouer en  Elite, huit ont obtenu un contrat en NLB la saison prochaine et un en première ligue. C’est donc une vraie récompense que de voir ces jeunes percer.

Quels contacts gardez-vous avec ces joueurs qui ont quitté le club?
J’entretiens un contact fréquent pour prendre de leurs nouvelles et les suivre. Mais c’est surtout avec Rémy Rimann que je conserve le plus de dialogues car je suis arrivé en même temps que lui à Lausanne et nous logions tous les deux au centre de sport-études au début, ce qui a créé évidemment une affinité particulière avec lui.

Voyez-vous l’un ou l’autre de ces jeunes éclore cette saison?
Je verrai très bien Rimann exploser aux GCK Lions car il travaille très fort. Il a déjà pris six kilos et il a de très bonnes mains, ce qui à mon avis devrait lui permettre de faire une bonne saison en NLB. Sinon, Chavaillaz s’il confirme sa première saison, sera à surveiller de très près, tout comme Zeller s’il prend de l‘expérience et qu’il est épargné par les blessures. Enfin, Weisskopf et Villa ont également la possibilité de tirer leur épingle du jeu.

Regrettez-vous néanmoins que ces jeunes n’aient pas eu plus l’opportunité de tenter leur chance au sein de la première équipe?
C’est difficile de répondre par oui ou par non à cette question car à Lausanne, les entraîneurs changent régulièrement et il y a peu de places pour les juniors car les résultats demandés sont exigeants. Il est donc difficile pour eux de s’imposer. Pourtant, j’estime que depuis mon arrivée, un énorme progrès a été fait dans ce sens. Désormais, il existe une réelle collaboration entre les juniors et la première équipe. Ainsi, plusieurs jeunes ont l’opportunité de s’entraîner avec l’équipe fanion et peut-être d’avoir leur chance à un moment ou un autre dans la saison.

Votre contrat est arrivé à son terme la saison dernière et une prolongation vous a été proposée avec des changements dans vos fonctions. Quels sont-ils?
En ayant fait six années avec les mêmes tâches, je souhaitais une évolution, ce d’autant plus que je suis en train de faire ma prolicence (ndlr: il s’agit d’un nouveau diplôme mis en place par la ligue Suisse de hockey et qui est à l’heure actuelle un des plus complet set prestigieux en Europe), ce qui n’est pas facile étant donné que je suis l’unique romand (rires)! Alors les dirigeants m’ont proposé de rester trois années supplémentaires en tant qu’entraîneur des Elite A, entraîneur-adjoint de la première équipe et responsable du secteur compétition comprenant l’ensemble du mouvement junior.

Etant à la fois entraîneur des Elite et assistant à la première équipe, serez-vous chargé de faire le lien entre ces deux équipes?
C’est effectivement l’un des buts de mes nouvelles fonctions. Les juniors qui travailleront durs seront intégrés par moi-même, en accord avec Terry Yake, aux entraînements de la première équipe, et s’ils donnent satisfactions à l’entraîneur, ils auront la possibilité de jouer.

Est-ce que vous entretenez déjà des contacts avec Terry Yake et le nouvel entraîneur du Star Lausanne, Ari Salo?
Pour ce qui concerne Ari Salo, c’est un de mes très bons amis et je l’ai recommandé pour ce poste car c’est un excellent formateur, spécialiste de la défense. Quant à Terry Yake, j’entretiens des contacts fréquents avec lui pour faire des rapports sur la préparation des jeunes et de leur éventuelle intégration dans les cadres de la première équipe. De plus, Terry Yake viendra en Suisse à la fin du mois ce qui permettra de nous rencontrer.

Que pensez-vous de Terry Yake, votre supérieur?
Je pense que c’est un excellent communicateur car il a réussi à fédérer un groupe en perdition et à faire tirer tout le monde à la même corde. De plus, son long passé de joueur lui permet d’être un tacticien hors-norme. Je crois donc fermement que Lausanne a fait le bon choix en conservant Yake à la barre.

Les arrivées de joueurs tels Keller, Fedulov voir peut-être celle de Della Rossa peuvent-elles amener quelque chose à ces jeunes?
Ces arrivées seront importantes car elles amèneront de l’expérience et de la sérénité dans les moment-clés en play-off. En outre, ces joueurs susciteront d’emblée le respect dans le vestiaire de par leur passé sportif. C'est un plus indéniable pour l’équipe.

Globalement, constatez-vous une évolution depuis votre arrivée au sein du mouvement junior?
A tous les niveaux, le club s’est professionnalisé au maximum pour le domaine de la jeunesse. Par exemple, avec l’engagement d’un chef de formation et d’un professionnel pour chaque niveau de junior, ma nomination comme responsable du secteur compétition ainsi que mon rôle d’«ambassadeur» pour faire le lien entre la première équipe et les juniors, la création d’une structure unique MOJU-LHC et la mise en place d’un concept de sport-études au niveau académique. Pour moi, il n’existe pas d’autre club en NLB qui propose une telle structure aux jeunes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils souhaitent tous venir jouer au LHC, ce qui n’était pas le cas il y a de cela quelques années encore.

Pour la saison prochaine, quels objectifs ont été fixés pour les Elite et la première


Photo Maria Wunderlin
équipe?
Pour les Elite nous visons une place dans le dernier carré et pour la première équipe, je vous   laisse le deviner…

Concrètement, que pensez-vous pouvoir apporter à la première équipe?
Comme je ne serai pas toujours présent aux entraînements et aux matches, je pense apporter un regard un peu «extérieur» sur le groupe et ainsi donner un avis externe que ceux de Terry Yake et de son futur assistant, ce qui les aidera, j’en suis persuadé.

Enfin, un mot pour les fans?
Merci pour votre fidélité et j’espère sincèrement que vous continuerez à venir nous soutenir car votre engouement sans limite nous motive à nous surpasser. Et je peux vous garantir que nous travaillons tous très fort pour atteindre cet objectif dont tout le monde rêve ici à Lausanne.

TAC au TAC:

  1. Pour moi le hockey c’est: le collectif
  2. Je préfère vivre en Suisse ou en France: les deux
  3. Je suis le premier à marcher sur Mars, mes premiers mots sont: c’est fabuleux!
  4. Pour moi, le meilleur joueur actuel c’est: aucun en particulier car ils ont tous des qualités et des défauts. Mais j’apprécie le style de jeu scandinave.
  5. Je serai entraîneur en Ligue nationale à moyen terme: oui
  6. Je suis l’entraîneur des juniors Elite le plus dur de Suisse: non
  7. Mon plus beau souvenir dans la vie: la naissance de mes enfants
  8. En hockey? La victoire à Zoug avec les juniors Elite nous ayant permis de décrocher la troisième place à la surprise générale.
  9. Le LHC sera-t-il promu en NLA à la fin de la saison? Oui

Commentaires

Le reste des interviews

23/10/2014 à 13:56:44
Yannick Rebetez: «Entre devenir entraîneur ou arbitre, j’ai choisi de devenir arbitre»
Fort d'une expérience de plus de 300 matches dans les ligues inférieures et chez les juniors, Yannick Rebetez a officié pour la première fois en tant que juge de ligne en Ligue nationale samedi dernier. Le Jurassien de 25 ans veut désormais gagner sa place dans cette catégorie avant de viser plus haut.
06/10/2014 à 09:58:15
Jörg Reber: «L'objectif minimal de Langnau est d'être champion cette saison»
Planète Hockey vous propose en ce début de semaine l'interview de Jörg Reber, le responsable sportif des SCL Tigers. L'ancien défenseur, en poste depuis cet été, évoque pour nous l'actualité de son club, mais également les objectifs à moyen terme de l'organisation emmentaloise.
voir tous les interviews

Autres actualités de Lausanne HC

Les derniers matchs de Lausanne HC

samedi 25 octobre 2014
vendredi 24 octobre 2014
mardi 21 octobre 2014
samedi 18 octobre 2014
vendredi 17 octobre 2014

NEWS Hockey suisse NLA et NLB

CLASSEMENT NL B J Pts
1 SCL Tigers 14 30
2 GCK Lions 15 23
3 HC Red Ice 13 21
4 HC Viège 12 19
5 HC Olten 11 18
6 HC La Chaux-de-Fonds 13 18
7 Hockey Thurgovie 12 16
8 SC Langenthal 13 15
9 HC Ajoie 13 14
VOIR LE CLASSEMENT DÉTAILLÉ

NEWS Hockey amateur, féminin et junior

NEWS Hockey étranger

ANNIVERSAIRE

Jordane HAUERT

HC Ajoie


28 ans


INSCRIPTION NEWSLETTER