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Martin Bergeron, entraîneur-joueur au HC Franches-Montagnes, nous a accordé une entrevue dans laquelle il nous parle de son équipe, de son travail de coach et de sa vie avec le hockey. Bonne lecture.
Photo M. Vermot
Saignelégier, Marina Vermot
le 25/10/2009 à 21:12:12
Vous avez beaucoup voyagé depuis votre premier contrat de junior... qu'est-ce qui vous a amené à Franches-Montagnes?
Durant ma 2ème saison au HCA en 2000-2001, j'ai rencontré une fille d'ici, que j'ai épousée et avec qui j'ai eu deux enfants. C'est sa région, alors a tout naturellement eu envie de revenir y vivre. J'avais déjà fait ce travail d'entraîneur à Meyrin et à Ge-Servette pendant 2 ans, notamment avec des juniors. Ensuite, quand on est revenus dans la région, j'ai eu l'opportunité de devenir gérant d'un magasin de sport. À ce moment-là, en 2008 déjà, j'ai été approché par des dirigeants du HCFM. Cependant, on venait d'arriver et je n'avais pas envie de m'impliquer tout de suite, parce que ça représente beaucoup de temps, beaucoup de responsabilités et que je voulais avant tout reprendre le magasin ici. Cette année, ils sont revenus à la charge et comme j'étais un peu mieux installé, un peu plus posé, j'ai accepté.
C'est votre première saison à ce poste-là dans ce club: comment ça se passe?
Plutôt bien; c'est sûr que le travail d'entraîneur n'est pas le plus facile dans le monde du hockey, mais j'ai une équipe vraiment très intéressante, et c'est motivant de travailler avec eux...
En passant de joueur à entraîneur, avez-vous beaucoup changé dans votre façon de voir le hockey?
Oui, vraiment beaucoup. Quand on joue, on ne se rend pas toujours compte de tous les paramètres qui font une équipe, du travail que l'entraîneur doit effectuer; on doit juste s'occuper de soi-même, de sa performance, alors qu'un entraîneur a plus de vingt gars à gérer, en plus de l'équipe dans son ensemble et de la stratégie.
En tant que joueur, j'ai eu beaucoup de coachs différents, certains très bons, d'autres moins, et il m'est arrivé de faire des réflexions à mon entraîneur, ou d'avoir des sautes d'humeur envers lui, alors qu'au fond il ne le méritait pas. Être entraîneur, c'est un équilibre difficile, on ne s'en rend compte que quand on passe de l'autre côté du banc. Il y a beaucoup de psychologie à faire, on veut que les joueurs se sentent bien pour qu'ils puissent tout donner sur
Par contre, par rapport aux années où je jouais, il y a eu une grande évolution dans les mentalités. Avant, on pouvait se « contenter » d'être entraîneur. Maintenant, il faut avoir la double casquette: à la fois coach et psychologue, pour pouvoir tirer le meilleur de chacun. Quand j'étais adolescent, j'étais très solitaire et je n'aimais pas qu'on vienne trop se mêler de mes affaires; maintenant, je dois accepter que certains de mes jeunes joueurs aient besoin d'être plus guidés, entourés et/ou poussés. C'est en faisant attention à certains aspects comme ceux-là qu'on arrive à faire progresser quelqu'un.
Quelles sont les ambitions de votre équipe?
On veut absolument faire les play-offs, ce qu'on n'a pas fait l'année dernière. Ceci dit, c'est sûr qu'on ne veut pas non plus se contenter de la 8ème place. On aimerait faire le plus longtemps possible la course dans les quatre premiers, ce qui nous donnerait l'avantage de la glace.
Mais comme j'aime à le rappeler, une saison, ça n'est pas un sprint, c'est une longue course, et si c'est pour s'épuiser à vouloir absolument tenir les premiers rôles et se faire éliminer en première ronde des play-offs, ça ne vaut pas la peine non plus. Donc je veux que nous soyons dans les huit premiers, et ensuite que nous allions le plus loin possible à la fin de la saison; je veux préparer l'équipe pour qu'elle soit au top en février.
Pour parvenir à ce résultat, quels sont les points forts et les points faibles de votre contingent?
Un des gros avantages, c'est la venue d'excellents joueurs comme Geoffray Vauclair , Imier Braichet, Battiste Personeni. On voit qu'en attaque, on a une très bonne équipe, et aussi pas mal d'expérience en général, avec par exemple Sacha Guerne ou moi. Par contre, la défense est encore très jeune et inexpérimentée. Pourtant, ce n'est pas que négatif: ils ont de l'énergie, ils en veulent, ils cherchent à progresser. Et comme ils ont beaucoup de temps de glace (nous essayons de toujours jouer à 4 lignes), ça ne peut que leur profiter. Nos deux gardiens sont aussi très bons.
La relève est toujours un sujet délicat pour les clubs, peu importe leur ligue... et vous? Que pensez-vous de la relève au HCFM?
On a la chance d'avoir beaucoup de jeunes du crû qui évoluent ici, notamment les frères Gigon, et la plupart de nos défenseurs ont fait toutes leurs classes à Franches-Montagnes. On a aussi quelques juniors prometteurs qui poussent la porte de la première équipe, c'est intéressant.
Bien sûr, on risque toujours de les voir partir, notamment dans des équipes de LNB, mais il ne faut pas penser uniquement à la saison en cours. Il faut aussi penser à avoir un club performant pour les prochaines années, c'est pour ça que c'est important que tous nos jeunes jouent beaucoup. Et, comme je l'ai dit avant, la saison est longue: si on a des blessés, on sera bien contents que nos jeunes soient déjà dans le bain.
Il y a beaucoup de joueurs qui passent du HCC au HCFM et vice-versa, le partenariat semble intéressant. Et vous, comment voyez-vous cela?
Pour moi, c'est très positif. Les deux clubs peuvent en tirer mutuellement profit et c'est une bonne chose pour le hockey de la région, surtout que dans les Franches-Montagnes, la réserve de joueurs n'est pas énorme. Un partenariat, s'il est réciproque, peut faire beaucoup de bien. Nous avons aussi des liens avec le HC Ajoie, mais comme ils ont aussi des problèmes de contingent, ça fonctionne un peu moins souvent.
Finalement, le futur de Martin Bergeron dans le hockey, comment l'envisagez-vous?
Quand j'ai arrêté ma carrière de joueur en 2006, je me voyais vraiment entraîneur un jour, j'avais ce plan en tête. Mais en ayant des enfants, et surtout en ayant bourlingué pendant 20 ans à travers le monde, j'en avais un peu assez d'être constamment en mouvement. Par rapport à mon travail, ça m'a fait réfléchir et j'ai un peu changé d'idée. Actuellement, je gère mon magasin de sport, et j'espère le faire encore pendant plusieurs années. Cela étant, le hockey, j'ai cela dans le sang, ça fait partie de moi et j'en ai besoin pour respirer. Même si je n'aspire pas à une carrière professionnelle, je veux garder ce contact-là.
Évidemment, si j'avais une offre exceptionnelle, je ne dis pas que je n'y réfléchirais pas, mais avec ma famille et ma nouvelle vie, je me sens bien et je ne veux surtout pas imposer des déménagements constants à mes enfants; pour le premier, qui a 12 ans, je pense que ça a été dur de changer d'école et/ou de pays si souvent. Or, à part Arno Del Curto, je ne connais pas beaucoup d'entraîneurs qui restent si longtemps dans le même club. Un coach n'est pas en parfait contrôle de son travail: il y a les joueurs, les résultats, les dirigeants, ça fait beaucoup de paramètres qui ne dépendent pas de lui.
| CLASSEMENT 1ère ligue - gr. 3 | J | Pts |
| 1 | HC Red Ice | 22 | 60 |
| 2 | HC Franches-Montagnes | 22 | 54 |
| 3 | HC Düdingen-Bulls | 22 | 51 |
| 4 | EHC Saastal | 22 | 43 |
| 5 | HC Sion | 22 | 38 |
| 6 | Forward Morges HC | 22 | 33 |
| 7 | Villars HC | 22 | 33 |
| 8 | HC Yverdon-les-Bains | 22 | 28 |
| 9 | Star Lausanne HC | 22 | 24 |
| 10 | HC Uni Neuchâtel | 22 | 16 |
| 11 | HC Bulle-la-Gruyère | 22 | 13 |
| 12 | HC Tramelan | 22 | 3 |