Article vu 2 856 fois
Victime d’une fracture de la clavicule au mois d’octobre, Nicolas Studer a vu sa saison marquée par une pause de plusieurs mois. Pas facile dans ces conditions de faire son retour pour le début des play-off, le moment le plus intense d’un championnat. Le défenseur franco-suisse nous parle de ses sensations, de ses espoirs pour la saison prochaine et surtout de la série en cours face à Lausanne, où son équipe, le HC Ajoie, se retrouve dos au mur.
Photo Philippe Rayroud
Porrentruy, Christian Kobi
le 06/03/2009 à 10:57:11
Les deux derniers
matches ont tourné à la démonstration.
Le scénario de ces rencontres n’est-il pas un peu frustrant pour
vous?
Les scores ne sont à mon avis pas très
représentatifs du déroulement du match. Nous encaissons beaucoup de
buts sur des contres en perdant le puck en zone offensive, notamment
en power-play. A ce stade de la compétition, cela ne pardonne pas.
Je dirais que c’est frustrant car défensivement nous jouons bien
jusqu’à présent.
Qu’est-ce qui a selon vous fait la
différence jusqu’à présent dans cette série?
Lausanne a
l’avantage de pouvoir tourner à quatre blocs et de
mettre beaucoup de rythme tout au long d’une rencontre, ce que nous
n’avons pas les moyens de faire. Sur la longueur, pouvoir compter
sur un contingent aussi élargi que le leur, ça aide énormément.
Les locomotives
ajoulotes semblent quant à elles à bout
de souffle. Y a-t-il de l’usure chez certains joueurs?
Oui et non. Il est vrai que jusqu’à
présent cette saison c’est surtout le premier bloc qui a fait la
différence, les attentes sont donc forcément élevées lorsqu’ils
sont sur la glace. Mais le premier bloc continue de travailler dur
comme il l’a toujours fait, il y a simplement un problème de
concrétisation actuellement. C’est dans ces moments-là que les
autres lignes devraient prendre leurs responsabilités.
Mardi à Malley,
vous avez encaissé votre troisième but en
autant de match avec un homme de plus sur la glace. Est-ce à dire
que certains principes de base ont été oubliés au vestiaire?
Il y a une part d’inattention et une
part de malchance à chaque fois. Recevoir un but en power-play, ça
fait mal. En recevoir trois en trois matches, c’est encore pire.
Nous manquons de lucidité à certains moments, et cela se paie cash.
Nous devons vraiment essayer de jouer plus simple et surtout éviter
de prendre trop de risque.
L’année dernière, le LHC menait 3-0
dans sa demi-finale avant de se faire remonter. Est-ce quelque chose
à quoi vous pensez?
Nous sommes tous
conscients qu’une série n’est finie
que quand une équipe a remporté quatre succès. Mais nous ne
voulons pas voir si loin. Nos regards sont tournés vers le prochain
match, où nous devrons absolument nous imposer. Ensuite, qui sait,
peut-être que l’euphorie s’estompera côté lausannois et que le
scénario de l’année dernière resurgira chez certains joueurs. Il
ne faut des fois pas grand-chose, un petit grain de sable, pour faire
bouger les choses.
Quelles
sont les recettes pour retrouver la voie du succès?
Nous devons jouer sur nos valeurs, à
savoir le tempo et la vitesse. Et surtout éviter de commettre des
erreurs bêtes qui nous coûtent beaucoup de forces.
Vendredi devant votre public, vous
n’aurez plus de droit à l’erreur. Dans quel état d’esprit
abordez-vous cette rencontre?
Nous n’avons plus
rien à perdre, seule la victoire peut nous permettre de continuer la
saison. L’état d’esprit qui nous anime est celui d’une équipe
qui se trouve dos au mur et qui n’a d’autre choix que celui
de gagner. Nous nous montrerons donc conquérants.
De votre côté,
vous avez repris la compétition au début des play-off. Quelles sont
vos sensations aujourd’hui?
Ce n’était pas
évident de revenir droit au début des play-off en ayant disputé
deux matches en plus de quatre mois. A choisir, j’aurais préféré
revenir deux semaines avant pour me mettre dans le rythme, mais ce
genre de choses ne se commande pas. Mes
sensations sont meilleures de match en match, je sens que cela
revient gentiment. J’espère donc que la saison se prolonge le plus
longtemps possible.
Cette longue pause
en pleine saison de hockey, ça n’a pas
dû être facile à vivre…
C’était pénible, je l’avoue. Au
bout d’un moment, je commençais à tourner en rond en ne

Après plusieurs années en NLA, quels
sont les adaptations que vous avez dû apporter à votre jeu cette
saison?
En NLA, je jouais de
manière plus offensive. Cette saison, j’ai essayé de d’abord
axer mon travail sur l’aspect défensif
en essayant de prendre un minimum de goal lorsque je suis sur la
glace. L’aspect offensif passe en second plan, il ne se fait que
lorsque tout est en ordre défensivement.
La NLA, vous avez tiré un trait dessus
ou votre objectif est d’y retourner au plus vite?
Lorsque j’ai signé en NLB, mon idée
était d’y passer une saison avant de retrouver la NLA. Mais en
étant blessé les trois-quarts de la saison, il ne va pas être
simple de décrocher un contrat à l’étage supérieur. Je vais
attendre de voir l’évolution ces prochaines semaines avant de
prendre une décision. Si je n’obtiens pas de contrat en NLA, alors
je passerai encore une saison en NLB avant de retenter ma chance.
Et si c’est en NLB, ce sera encore
sous le maillot du HC Ajoie?
Je n’en ai
vraiment aucune idée. A l’heure actuelle, c’est le flou total en
ce qui concerne la saison prochaine. Ma priorité est de finir au
mieux cette saison et ensuite de m’accorder
quelques jours ou semaines avant de prendre une décision.
| LAUSANNE HC | 4 | ![]() |
3 | HC AJOIE |
|
| CLASSEMENT NL B | J | Pts |
| 1 | Lausanne HC | 44 | 99 |
| 2 | SC Langenthal | 44 | 87 |
| 3 | HC La Chaux-de-Fonds | 44 | 80 |
| 4 | HC Viège | 44 | 73 |
| 5 | GCK Lions | 44 | 63 |
| 6 | HC Olten | 44 | 60 |
| 7 | HC Bâle | 44 | 60 |
| 8 | HC Ajoie | 44 | 56 |
| 9 | HC Thurgovie | 44 | 43 |
| 10 | HC Sierre | 44 | 39 |