Article vu 3 710 fois
Après une première saison de découverte(s), Réal Paiement rempile à la tête du HC Ajoie pour une saison supplémentaire. Le Québecois compte poursuivre sur sa lancée, en faisant progresser un contingent choisi cette fois-ci par ses soins.
Porrentruy, Yoan Veya
le 16/04/2009 à 13:46:57
Quel bilan tirez-vous de cette première
saison à la tête du HC Ajoie?
Il est bon dans son ensemble. Accrocher
une quatrième place dans un championnat aussi serré est une bonne
performance. La façon dont nous nous faisons éliminer en
demi-finale me laisse par contre un goût plus amer.
Justement, comment expliquez-vous la
fin de saison pour le moins abrupte face au LHC. Vu de l’extérieur,
on a le sentiment que quelque chose s’est subitement cassé au sein
de l’équipe?
C’est une accumulation de petites
choses dont je ne veux pas parler. J’aurais dû y être plus
attentif. Mais le but n’est pas de chercher des raisons et des
excuses. Cela ne serait pas correct au vu du reste de la saison.
Notre défaite lors du premier match à Lausanne a semé le doute
dans la tête de mes joueurs. Cela a conditionné une bonne partie du
reste de la série.
Est-ce que la fatigue a joué un rôle
prépondérant?
Non, surtout que nous avions déjà eu
dix jours avant les play-offs pour recharger nos organismes. Elle n’a
pas paru contre Sierre. Contre Lausanne, nous sommes tombés sur une
belle équipe, très bien équilibrée.
Que vous a appris cette première
saison en Suisse?
Il y a de très bons entraîneurs dans
ce championnat. Ensuite, j’ai remarqué qu’il était très
important de rester constant car le classement est toujours serré.
J’ai aussi vu une LNB avec des joueurs de qualité. Il y a des
jeunes qui visent la ligue supérieure et de bons vétérans qui ont
passé plusieurs années en LNA. Un autre aspect important est la
dimension de la patinoire. Ici, il est possible de jouer physique
mais de façon toutefois moins intense qu’au Canada. Par
conséquent, il est bien plus difficile de verrouiller le jeu en
Europe. D’ailleurs, en comparaison avec les défenseurs qui
évoluent dans des ligues nord-américaines, les Suisses cherchent
plus souvent la longue passe. Au Canada, on ne quitte jamais son
territoire de défense avant que le puck l’ait quitté. Ce n’est
pas le cas ici.
Que manque-t-il au HC Ajoie pour gravir
un échelon supplémentaire et atteindre la finale?
Pas grand chose, car le club atteint
depuis deux ans les demi-finales. Depuis la saison 2005-2006 où elle
a terminé 12e, l’équipe a bien progressé. Pour aller plus haut,
il lui faudrait un peu plus de profondeur offensive et défensive. Le
problème en LNB est que toutes les équipes n’ont pas les mêmes
armes financières pour bâtir leur contingent.
Qu’est-ce qui vous motive à rester
une saison de plus à Porrentruy?
J’ai bien aimé le niveau de jeu de
la Suisse. Il y a de bonnes batailles avec les coachs adverses. Cela
m’a ouvert l’esprit. Lorsque j’ai affronté Sierre, j’ai dû
chercher d’autres parades aux stratégies de mon confère valaisan.
Du coup, en trouvant de nouvelles solutions, je progresse en tant que
coach.
Quels sont les principaux défis pour
la saison prochaine?
Le club dispose de bases solides. Il
est toutefois important de connaître ses limites. Ainsi, il faut
maximiser le rendement de l’équipe. Il n’est pas possible de
gagner de la même façon que Lausanne, en utilisant sept étrangers
en une saison. Chaque franc dépensé doit permettre de maximiser le
développement de jeunes joueurs.
Qui va former l’équipe l’année
prochaine?
Je m’en occupe en compagnie de
Patrick Vernier.
Est-ce la première fois que vous
formez une équipe?
Non, je l’avais déjà fait
régulièrement au Canada. Il y a cependant des différences, car il
n’y a pas de repêchage en Suisse. Ici, ce qui compte, c’est
l’argent. Nous devons dépenser de la meilleure façon possible.
Nous sommes quatre ou cinq équipes dans la même situation en LNB.
Vous n’êtes en Suisse que depuis une
année. Ne craignez-vous pas de manquer de contacts sur le marché
des transferts?
Depuis mon arrivée à la tête du HC
Ajoie, j’ai vu un maximum de parties dans de nombreuses catégories.
Depuis ma reconduction au poste d’entraîneur, des agents
m’appellent environ vingt fois par jour pour me proposer des
joueurs. Certaines fois, je connais très bien leurs
caractéristiques. D’autres fois, non. Dans ce cas, je demande des
précisions au réseau que j’ai constitué depuis mon arrivée.
Combien de nouveaux joueurs
comptez-vous engager?
Il y aura encore six ou sept arrivées.
Certainement trois défenseurs et quatre attaquants.
Le public peut donc s’attendre à une
défense «new-look»?
Pas plus que l’année passée.
Nicolas Studer, Adrian Stocker et Thomas Boillat avaient rejoint nos
rangs.
Durant la dernière saison, vous nous
disiez qu’Ajoie n’était pas l’équipe la plus costaud de sa
catégorie. Est-ce que vous recherchez des joueurs plus imposant
physiquement pour l’année prochaine?
J’essaie. Ils sont cependant
difficiles à trouver. La taille et le poids sont un critère, mais
cela ne fait pas tout.
Afin de donner plus de poids à
l’offensive, seriez-vous prêt à séparer votre premier trio et à
travailler sur le long terme pour tenter d’en faire deux lignes
percutantes?
Je le fais déjà, tout comme mon
prédécesseur, mais uniquement de façon temporaire. Toute la
question est de savoir si la force de la ligne provient d’un duo ou
d’un trio. Dans le deuxième cas de figure, la séparer
affaiblirait les deux nouvelles lignes.
| LAUSANNE HC | 4 | ![]() |
3 | HC AJOIE |
|
| CLASSEMENT NL B | J | Pts |
| 1 | Lausanne HC | 44 | 99 |
| 2 | SC Langenthal | 44 | 87 |
| 3 | HC La Chaux-de-Fonds | 44 | 80 |
| 4 | HC Viège | 44 | 73 |
| 5 | GCK Lions | 44 | 63 |
| 6 | HC Bâle | 45 | 63 |
| 7 | HC Olten | 44 | 60 |
| 8 | HC Ajoie | 45 | 56 |
| 9 | HC Thurgovie | 44 | 43 |
| 10 | HC Sierre | 44 | 39 |