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Planète Hockey laisse sa plume à Sandrine Ray, ex-internationale et ex-joueuse de LNA, qui se fait l'avocate du hockey conjugé au féminin. Son credo: comparaison n'est pas raison!
Sandrine Ray, ex-joueuse du HC Lugano et du DHC Lyss
Rédaction, Sandrine Ray
le 28/10/2009 à 22:19:21

Photo HC Prilly Féminin
Des filles qui jouent au hockey sur glace?
N’est-il pas plus opportun de nommer cela différemment puisqu’il semble s’agir d’un autre sport? Une question récurrente qui est ou reste de manière directe ou non sur les lèvres de beaucoup. Pourtant le hockey féminin n’est pas si différent, puisque l’une des seules règles qui diffère des hommes est celles des charges (body-check), spécialement sur les adversaires sans contrôle du puck. Donc, aucune différence apparente avec le hockey que jouent les vétérans et autres championnats de hockey hors ligues qui eux aussi jouent avec moins de contacts.
Les filles ont le droit de jouer avec les garçons jusqu’au niveau des novices (16 ans chez les garçons, une fille cependant peut jouer jusqu’à 18 ans, mais sans dépasser la classe des novices). Mais alors qu’elles n’ont rien à envier à leurs compères jusqu’à l’âge de l’adolescence (elles arrivent en effet très bien à rester au niveau des garçons), un vrai fossé se construit vers l’âge de 13-14 ans, lorsque la grandeur, carrure et le physique des garçons se développent. De ce fait, je ne m’avance pas trop en disant que le hockey ne sera jamais un sport mixte ceci simplement dû au fait que le physique d’une femme est naturellement bien moins puissant et rapide que les hommes.
Une seule exception existe s’agissant du rôle de gardien, puisque dans ce rôle là, les femmes ont d’ores- et déjà prouvé qu’elles peuvent tenir bon même aux plus hauts sommets du hockey masculin. Le rôle du gardien requérant surtout agilité et force mentale, beaucoup de coachs devraient se fournir auprès des clubs féminins pour combler ce poste au sein de leurs équipes.
Mais aussi évident que soit le fait que les femmes ne seront jamais à la hauteur des hommes au niveau physique, le hockey féminin est pourtant malheureusement encore trop souvent jugé et comparé par rapport au niveau du hockey masculin. C’est d’ailleurs là tout le problème et la plus grande difficulté que le hockey féminin ait connu et ceci depuis ces débuts.
Les critiques combinées à une méconnaissance totale du sujet empêchèrent les petites filles à commencer le hockey. Elles devaient donc ronger leur frein…et ne pouvaient débuter ce sport qu’en intégrant une équipe féminine, soit dès 14 à 16 ans. Bref, bien trop tard pour se permettre d’atteindre un haut niveau! Du coup le développement du hockey féminin a été complètement stoppé pendant bien des décennies dans son élan, privant ainsi beaucoup de filles de développer une passion qui était pourtant bien réelle.
Il fallut attendre en effet son apparition au Jeux Olympique en 1998 à Nagano, pour que le hockey féminin connaisse un vrai essor. Et en l’espace de ces quelques dizaines d’années, le niveau ne cessa d’augmenter, ainsi que la popularité du sport et les moyens mis à sa disposition par les fédérations des différents pays du monde. Pourtant l’écart est encore bien creusé entre l’attitude nord-américaine face à ce sport et le reste du monde.
De même qu’en Amérique et au Canada, il y eut lors des dernières olympiades à Turin en Italie en 2006 autant de téléspectateurs pour les matchs féminins que masculins et que les joueuses y sont adulées comme de vrais athlètes, les joueuses européennes quant à elles, se battent parfois encore pour se faire simplement accepter au sein des clubs et de recevoir les aides matérielles nécessaires à la pratique de leur sport.
Malgré tout le hockey féminin continue de se développer d’années en années au niveau international et ceci au dépit de championnats nationaux qui parfois semblent même s’abaisser au fil des ans. Il faut savoir que le sport d’équipe féminin reste tout de même beaucoup moins constant que le sport masculin du simple fait que les circonstances professionnelles et sociales (fondation d’une famille par exemple) ne laissent que peu de place ou perspectives à une femme pour envisager une longue carrière sportive.
Une femme aura en effet tendance soit à arrêter son sport de haut niveau entre 25 et 30 ans (soit lorsqu’elle est censée être au top niveau pour le hockey en l’occurrence) ou alors aura des trous de plusieurs mois ou années durant sa carrière sportive ce qui handicape très nettement sa progression. De ce fait, un championnat national n’ayant que peu de joueuses à disposition peut très facilement régresser, tout en ayant un niveau international qui progresse.
La clé d’une progression stable et durable réside donc avant tout dans le fait d’avoir de plus en plus de jeunes filles commençant très tôt le hockey avec les garçons et évoluant avec eux le plus longtemps possible avant d’intégrer les équipes féminines. Il semble que ce soit la direction prise depuis quelques années et l’on commence seulement à voir apparaître les premiers fruits de ce changement opéré grâce à la plus grande médiatisation de ce sport.
En attendant les hockeyeuses crochent et s’accrochent et de nombreux coachs pourront confirmer le fait que les filles, malgré les fait qu’elles soient moins performantes et compétitives que les hommes ont une soif d’apprendre et envie de progresser qui pourraient en inspirer beaucoup.
Il faudra encore attendre quelques années pour voir émerger plus de joueuses et finalement, atteindre un niveau tel qu’il forcera le respect des spectateurs et empêchera de manière définitive une comparaison impossible et surtout, malsaine, avec le hockey masculin.
Bref…si finalement on devait ne donner qu’une seule explication à la raison d’être du hockey au féminin, c’est que la passion est bien réelle pour tous, hommes ou femmes. Et lorsqu’une passion existe au fond d’un cœur, on ne devrait jamais l’empêcher ni d’exister et ni de s’exprimer!
Alors à tous les passionné(e)s, rendez-vous sur la glace!
Sandrine Ray, joueuse au HC Prilly Féminin
| HC THURGOVIE | 4 | ![]() |
5 | HC VIÈGE |
| CLASSEMENT NL A | J | Pts |
| 1 | EV Zoug | 46 | 91 |
| 2 | HC Davos | 46 | 90 |
| 3 | HC Fribourg Gottéron | 46 | 87 |
| 4 | CP Berne | 46 | 83 |
| 5 | Kloten Flyers | 46 | 80 |
| 6 | HC Lugano | 45 | 69 |
| 7 | ZSC Lions | 44 | 68 |
| 8 | Genève-Servette HC | 46 | 63 |
| 9 | HC Bienne | 46 | 62 |
| 10 | HC Ambri Piotta | 46 | 46 |
| 11 | SCL Tigers | 46 | 46 |
| 12 | Rapperswil-Jona Lakers | 45 | 37 |