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Mal en point après une dernière saison extrêmement difficile à Berne, Sébastien Bordeleau a retrouvé toutes ses sensations depuis son passage à Bienne. L’attaquant franco-canadien est aujourd’hui le leader d’une formation seelandaise qui retrouve petit à petit des couleurs après une série de douze défaites consécutives. Interview d’un homme passionné qui est rapidement entré dans le cœur des supporters biennois.
Photo Christian Kobi
Bienne, Christian Kobi
le 10/12/2009 à 17:09:23
Sébastien Bordeleau,
le HC Bienne a remporté six points la semaine dernière. Peut-on parler d’un
soulagement après cette série de douze défaites?
Effectivement, ces deux victoires nous ont fait
le plus grand bien. Il était important de retrouver le chemin du succès, car au
bout d’un moment toutes ces défaites pèsent sur l’ambiance d’un vestiaire,
aussi bonne soit-elle. Tout le monde était vraiment soulagé de pouvoir à
nouveau sortir en vainqueur de la patinoire.
Battre Rapperswil et
Langnau était essentiel pour garder le contact avec la barre. On a d’ailleurs
senti beaucoup de nervosité samedi face aux Tigres…
Le début de match était effectivement assez
tendu, avec deux équipes proches l’une de l’autre. Mais nous avons ensuite
réussi à prendre le dessus et cela nous a un peu libéré. Nous étions tous conscients
qu’il s’agissait d’un match important et que nous n’avions pas le droit de
perdre, il est donc normal qu’il y ait eu un peu de nervosité au début.
Aujourd’hui, comment
définiriez-vous la situation dans laquelle se trouve le HC Bienne?
Nous retrouvons petit à petit nos sensations
et, dans le même temps, certains joueurs. Philippe Seydoux sera en mesure de
rejouer ce week-end et Rico Fata devrait suivre prochainement. Toutes ces
blessures ne sont pas faciles à gérer pour un club comme Bienne.
Aviez-vous déjà vécu
une série de douze défaites consécutives durant votre carrière?
Je crois que c’est la première fois, même si je
me souviens que lorsque j’évoluais à Nashville en NHL nous avions aussi connu
une longue série sans victoire. L’important dans ces moments-là est de toujours
garder une bonne attitude et ne pas se renfermer sur soi-même. Il faut être
conscient que ce n’est qu’en travaillant plus fort chaque jour qu’il est
possible de s’en sortir.
Honnêtement, les
play-off c’est quelque chose à quoi vous pensez, ou à la devise est-elle plutôt
de prendre match après match?
Nous prenons évidemment match après match, tout
en observant attentivement la situation par rapport à la barre. Nous devons
absolument éviter de nous en éloigner et de nous retrouver largués au
classement. Sur les douze matches que nous avons perdu, il y en a certains que
nous méritions de gagner et d’autres que nous méritions clairement de perdre,
car nous avons mal joué. L’objectif est désormais de retrouver nos sensations
du début de saison.
Depuis quelques
matches, Reto Berra sort de grosses performances devant ses filets. Le fait
d’avoir un numéro un dans les buts, est-ce à votre avis un avantage pour
l’équipe, pour les automatismes?
Pour le gardien en question, cela peut être un
avantage de savoir qu’il a la confiance de son entraîneur et qu’il ne doit pas
céder sa place après chaque match. Pour les joueurs par contre, il est beaucoup
plus important de savoir que nous possédons un gardien capable de sortir de
gros matches, quel que soit son nom.
Vos prochains
adversaires se nomment Kloten et Fribourg. Un nouveau gros week-end en
perspective…
Nous nous apprêtons à affronter deux grosses
équipes, qui travaillent très fort et qui ont beaucoup de talents. Mais nous
avons prouvé depuis le début de la saison que nous sommes capables de battre
tout le monde. Aller gagner à Kloten sera un sacré défi, mais nous sommes
évidemment prêts à le relever.
Selon les prévisions, Rico
Fata devrait faire son retour à la compétition d’ci le 22 décembre à Davos
(Ndlr: un retour est même évoqué pour samedi). Comment l’équipe a-t-elle vécu
son indisponibilité?
Rico est un joueur très important qui amène
beaucoup d’impulsions dans le jeu offensif. Mais lorsqu’un joueur de sa trempe
vient à manquer, il n’y a pas beaucoup de solutions, d’autres joueurs doivent
prendre plus de responsabilités. C’est également une chance pour eux de
s’illustrer.
De votre côté, alors
que l’on pouvait craindre une plus longue absence, vous n’avez manqué que trois
rencontres. Avez-vous eu peur d’être sur la touche plus longtemps?

Photo Sandro Stutz www.sast-sport.com
Bordeleau, 11 buts et 13 assists à l'heure actuelle
Depuis le début de la
saison, et presque plus encore depuis votre retour de blessure, on a vraiment
l’impression que vous avez envie de «bouffer de la glace». Où trouvez-vous
toute cette énergie?
C’est simple: j’aime jouer au hockey et je
donne tout à chacune de mes sorties. J’essaie de toujours apporter de l’énergie
et de la passion dans mon jeu, c’est ainsi que je fournis mes meilleures
prestations. Chaque jour, il faut recommencer de zéro, travailler plus fort que
le jour précédent. C’est de cette manière que je veux aider le HC Bienne à
réussir une bonne saison.
En raison des nombreuses
blessures dans l’équipe, le leader que vous êtes a été mis à forte contribution
en ce début de saison. Ressentez-vous aujourd’hui une certaine fatigue?
Non, je me sens très bien. J’aime avoir du
temps de glace, ce n’est donc pas un problème pour moi. Je fais également beaucoup
d’efforts en dehors des entraînements traditionnels pour être capables de tenir
le coup physiquement sur l’ensemble d’une saison. Il n’y a pas de secret, je
mange bien, je me repose bien, j’ai un style de vie sain, tout simplement. Ce
n’est pas en sortant tous les soirs qu’il est possible de fournir de bonnes
prestations sur la glace le lendemain.
Après une saison très
difficile à Berne, peut-on dire que vous avez aujourd’hui retrouvé le plaisir
de jouer au hockey sur glace?
Définitivement! Je me suis tout de suite senti
très bien en arrivant à Bienne, comme si j’avais
Avec vos performances,
on imagine que le HCB souhaite vous conserver pour la saison prochaine.
Avez-vous déjà des plans précis pour votre avenir?
Il n’y a rien de concret pour l’instant, mais
cela ne me dérange pas. Je prends match après match, en essayant de fournir les
meilleures prestations possibles, et ensuite je regarderai ce qui se passe. Si
les discussions pour que je reste à Bienne aboutissent, alors tant mieux, sinon
il faudra que je me trouve une nouvelle place de travail.
Plus globalement, que
ce soit à Bienne ou ailleurs, jusqu’à quel âge envisagez-vous de jouer au
hockey?
Très franchement, je n’en ai aucune idée. En
Suisse, il n’est de toute manière pas possible de jouer à l’infini étant donné
que seuls quatre étrangers sont autorisés par équipe. Je prends les contrats
les uns après les autres, sans regarder plus loin. Le contexte familial joue
également un rôle très important pour moi, avec une femme qui travaille et des
enfants qui ont plusieurs activités en dehors de l’école. Il faut donc prendre
en compte tout cela avant de voir trop loin. Mais j’espère pouvoir jouer au
hockey aussi longtemps que j’aurai la passion et du plaisir à pratiquer mon
sport favori.
La semaine prochaine
aura lieu un certain Suisse-France à Porrentruy. Avez-vous prévu d’aller
assister à cette rencontre?
Non, et je ne l’avais d’ailleurs pas fait non
plus lors des derniers Mondiaux à Berne. A la fin de la saison dernière,
j’étais vraiment écœuré du hockey sur glace et je n’étais pas prêt mentalement
à disputer encore des championnats du monde. Les responsables de l’équipe de France ont certainement été choqués et déçus de ma décision, mais la situation
n’était pas évidente pour moi. 
Photo Christian Kobi
Aujourd’hui, peut-on
dire que votre aventure avec l’équipe de France est terminée?
Je crois effectivement que l’on peut formuler
cela de cette manière…
Durant la pause de
Noël aura lieu
Je vais passer du temps avec ma famille. Le
reste de l’année est toujours tellement rempli, alors cette période permet de
faire plus de choses ensemble. C’est une période extrêmement importante pour se
ressourcer et faire le plein d’énergie en prévision de la fin de la saison.
Un mot encore sur
votre père, Paulin Bordeleau. Pouvez-vous nous donner de ses nouvelles
aujourd’hui, lui qui était également candidat pour le poste d’entraîneur au HCB
cet été?
Mon père se trouve actuellement à Montréal, où
il suit le championnat suisse d’un œil très attentif. Il était venu en Suisse
en octobre et avait notamment eu des discussions avec les dirigeants de Young
Sprinters. Son passage à Lausanne au début de l’année 2008 reste un bon
souvenir pour lui. Il aimerait vraiment retrouver une place d’entraîneur dans
le championnat suisse.
| CLASSEMENT NL A | J | Pts |
| 1 | EV Zoug | 46 | 91 |
| 2 | HC Davos | 46 | 90 |
| 3 | HC Fribourg Gottéron | 46 | 87 |
| 4 | CP Berne | 46 | 83 |
| 5 | Kloten Flyers | 46 | 80 |
| 6 | HC Lugano | 45 | 69 |
| 7 | ZSC Lions | 44 | 68 |
| 8 | Genève-Servette HC | 46 | 63 |
| 9 | HC Bienne | 46 | 62 |
| 10 | HC Ambri Piotta | 46 | 46 |
| 11 | SCL Tigers | 46 | 46 |
| 12 | Rapperswil-Jona Lakers | 45 | 37 |