Timur Shiyanov: «Mon objectif est de pouvoir évoluer en National League»

03/07/2018 à 12:16:06Lausanne, Patrick PittonArticle vu 3 784 fois
Rencontre avec le jeune gardien des Elite A du Lausanne HC, Timur Shiyanov. Après le CSKA Moscou, il a également connu une expérience au Canada. A 18 ans seulement, le Russe a déjà évolué dans trois pays différents.
© Photo Patrick Pitton -

Timur Shiyanov, vous êtes le gardien des Elite A du LHC, parlez-nous un peu de votre parcours avant d'arriver à Lausanne.

J'ai commencé le hockey avec le CSKA à Moscou à l'âge de 4 ans. Par la suite, ma famille et moi sommes venus en Suisse et j'ai joué sous les couleurs du HC Fribourg-Gottéron. Puis à l'âge de 14 ans je suis parti deux ans au Canada, avec Notre Dame. A mon retour, en 2016, j'ai rejoint les Novices Elite de Lausanne.

Pourquoi avoir choisi de quitter la Russie pour la Suisse?

Avec mes parents, nous sommes venus en Suisse pour que je puisse concilier le hockey avec l'école. Le sport-étude est plus simple en Suisse car il n'y a pas de longue distances à parcourir pour un match, contrairement à la Russie. Ici, tout se trouve presque à portée de mains. Il est aussi important pour moi de mettre l'accent sur les études, car on ne sait jamais de quoi sera fait l'avenir. Même si j'aspire à faire une carrière professionnelle dans le hockey, c'est très important pour moi de continuer mes études. Il faut toujours un plan B, car on ne sait jamais ce qui peut se passer.

Vous avez donc aussi fait le choix de partir au Canada, à l'âge de 14 ans, sans votre famille.

Oui, c'était une expérience incroyable pour moi que de pouvoir passer deux années au Canada. Deux ans qui m'ont beaucoup appris au niveau du hockey déjà, mais aussi dans le comportement. Avoir un train de vie de joueur presque professionnel. Pour moi, cela a été un gros changement, car j'habitais seul et je devais faire beaucoup de choses tout seul. A 14 ans, j'étais quand même à treize heures d'avion de ma famille. Beaucoup de joueurs étrangers comme moi rentraient chez eux après seulement quelques semaines. Ce n'est pas facile à cet âge de subir un gros dépaysement comme ça loin des tiens. Mais j'ai vite compris ce qu'il fallait faire, à savoir me concentrer sur le hockey, bien jouer et avoir de bonnes notes. Après environ trois semaines j'ai trouvé ma place au Canada.

A cet âge, la langue doit elle aussi être un problème?

En arrivant la première fois en Suisse j'ai directement intégré une école internationale, dont la langue était l'anglais. Mais il y avait aussi beaucoup de cours en français. Cette langue a d'ailleurs été plus compliquée à apprendre pour moi. Mais, je voulais tellement être dans les conversations avec les autre joueurs que je me suis accroché. Cela m'a quand même pris presque une année à pouvoir maîtriser le français et tout comprendre. Du coup, en arrivant au Canada, je parlais donc le français et l'anglais. Cela a d'ailleurs été un plus pour moi, car le plus gros problème des joueurs qui débarquent dans un pays étranger c'est la langue, surtout quand tu es jeune et que tu subis déjà un fort dépaysement.

Grandit-on plus vite, loin de sa famille à 14 ans?

Oui clairement. Il n'y personne pour les diverses tâches ménagères par exemple. Personne ne te dit d'aller en salle pour travailler la force. Tu dois prendre toi-même les initiatives. Mais je m'étais fixé comme objectif d'être un hockeyeur professionnel, le plus vite possible, donc j'ai aussi tout mis de mon côté pour pouvoir y parvenir un jour. J'ai travaillé dur et je continue à le faire. J'ai d'ailleurs obtenu un diplôme de meilleur athlète au terme d'une année scolaire. Je suis, comme on dit là-bas, un gym rat (Ndlr: Quelqu'un qui passe beaucoup de temps à faire du sport et qui se soucie beaucoup de la forme et de l'état de son corps). Je pense que quand tu veux vraiment quelque chose, tu dois tout donner pour y arriver.

En tant que joueur russe, vous regardez plus du côté de la KHL ou alors plutôt de la NHL?

Mon objectif à court ou moyen terme est de pouvoir évoluer en Suisse, en National League. C'est mon but principal. Je veux atteindre un rythme professionnel et une vie entièrement consacrée au hockey le plus rapidement possible. Pour le reste, la KHL ou la NHL, c'est bien entendu ancré dans un petit coin de ma tête. Mais j'aimerais déjà pouvoir réussir à m'imposer en Suisse.

Quels sont vos points fort et ceux que vous devez encore améliorer?

Ce que je dois absolument améliorer, c'est la constance. J'ai beaucoup joué la saison passée et je me suis amélioré. Mais je ne suis ne suis pas encore assez constant dans mes performances. Mes points forts sont le travail, je travaille très dur. Plus tu donnes et plus tu reçois. Je suis aussi quelqu'un qui aime encourager ses coéquipiers, je parle beaucoup pendant les matchs pour leur donner confiance. Je pense qu'un gardien doit apporter de la confiance et de la sérénité à son équipe. Un gardien qui encourage les siens est un gardien qui est bien dans son match et qui n'est pas stressé. Je suis aussi un joueur de grande taille qui joue de manière très agressive. Je suis aussi rapide et flexible.


© Photo Patrick Pitton

Est-ce que Lausanne a déjà évoqué avec vous la possibilité d'un futur contrat professionnel?

Non, en fait j'ai déjà un contrat avec Lausanne, un contrat de formation qui est encore valable deux saisons. Pour le reste, il est encore trop tôt pour l'évoquer.

Vous vous êtes entraîné à Leysin avec la première équipe du LHC ces derniers jours. Les conseils d'un Cristobal Huet, nouvel entraîneur des gardiens, ont-ils été importants pour vous?

Oui bien sûr. C'est assez incroyable pour moi de me faire entraîner par Cristo. Même si c'était qu'une ou deux fois par semaine, j'ai reçu beaucoup de conseils de la part d'un gardien que j'admire. Il a une expérience incroyable de par son parcours et pour moi c'est une légende. J'ai déjà beaucoup appris à ses côtés et c'est une chance extraordinaire que j'ai.

Avez-vous un modèle de gardien, un joueur à qui vous aimeriez ressembler?

Non, pas vraiment. Je ne veux pas être la copie d'un autre. Je m'inspire de ce que plusieurs gardiens font sans vouloir être des copies parfaites. J'essaie d'amener plusieurs choses de plusieurs personnes dans mon jeu. Je veux rester moi-même et jouer avec mes points forts. Donc je n'ai pas vraiment une idole que je regarde tous les jours.

La saison passée, et contrairement à la précédente, le L4C n'a pas réussi à atteindre les play-off. Quelles en sont les raisons?

Nous avons connu deux entraîneurs la saison passée, avec Yves Sarault, qui a par la suite rejoint le banc de la première équipe, puis avec Doug Boulanger. Les deux nous ont apporté le meilleur. Mais nous étions l'une des plus jeunes équipes de la ligue. Nous savions que la saison n'aurait rien de facile, car certains rôles ont changé au sein même de l'équipe. Je pense surtout que nous avons manqué de concentration dans les moment clés en fin de saison. On n'a pas su remporter les matchs qui étaient importants pour nous. C'est à mon avis ceci qui nous a envoyé en play-out. Si tous ont joué le jeu et ont vraiment donné le meilleur d'eux-mêmes, c'est l'inexpérience et la jeunesse du contingent qui est en partie en cause je pense. Je suis certain à 100% que durant la saison à venir nous obtiendrons de meilleurs résultats.

Pourtant, la saison prochaine, vous allez devoir composer sans certains éléments clés qui n'ont plus l'âge pour continuer à évoluer en Elite A.

Oui c'est vrai que nous allons perdre des Lee Roberts, Jordann Bougro, Julien Massy ou encore Théo Rochette, qui partira lui au Canada, mais le mieux que nous avons à faire c'est de plus nous concentrer sur notre objectif. La préparation actuelle sera aussi un élément d'importance. De mon côté, je pense que pour moi ce sera une saison importante afin d'avoir l'opportunité de pouvoir être intégré à la première. Je pourrais, il faudra, également apporter plus à mon équipe devant mes filets.

Genève-Servette champion de Suisse l'an passé. Qu'est-ce que cela vous inspire?

J'ai regardé les matchs de finale et je pense que le rôle du gardien a été primordial. Léo Chuard a fait une grande saison. Dans les moments clés il a répondu présent. Et pour remporter un championnat face aux Zurichois, il était impératif de posséder un excellent dernier rempart. Tout le monde a aussi donner le meilleur de lui-même. Quand la finale se joue sur deux matchs, tu n'as pas le droit à l'erreur et Genève n'en a pas fait.

Un premier titre de champion à Lausanne? Vous y croyez?

Oui bien entendu, c'est pour cela que nous jouons. D'ailleurs, depuis que nous avons repris l'entraînement d'été, je ressens une très grosse motivation au sein de l'équipe. Je le constate tous les jours. Nous avons une superbe ambiance dans le contingent et je pense que nous pouvons arriver à quelque chose de bien.

Le partenariat avec le Star Forward, une opportunité supplémentaire de vous mettre en évidence, si d'aventure vous deviez y jouer?

C'est vrai que de pouvoir jouer quelques matchs en MySports League serait une grande expérience pour moi. J'avais déjà joué avec les Elite A, lors de la préparation de la saison écoulée, face au HC Uni Neuchâtel, et je trouve que le niveau est plus élevé. Le matchs sont plus physiques, les tirs plus puissants et soudains, donc, si j'ai l'opportunité d'être aligné dans cette ligue, ça serait que du positif pour moi. Je pense que c'est une très bonne ligue pour la formation des gardiens, car il y a plus de tirs sur ta cage donc plus de possibilités de te mettre en évidence, d'une part, et donc de pouvoir progresser. La MySports League est une ligue incroyable pour le développement des jeunes joueurs.

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