Jean-Pierre Dumont: «Beaucoup de formations de NHL m’offraient des essais. Mais ce n’est pas ce que je désirais»

04/12/2011 à 22:44:04Berne, Frédéric Willener / Gabriele BeffaArticle vu 7 933 fois
L’attaquant canadien de 33 ans, qui s’est engagé avec le CP Berne durant le mois d’octobre, revient sur sa carrière en Amérique du Nord et son début de saison avec le club de la capitale pour Planète Hockey.

� Photo Photo F. Willener -

Jean-Pierre Dumont, comment vous sentez-vous depuis  votre arrivée à Berne?
Tout va bien. L’équipe est formidable, mes coéquipiers m’ont très bien reçu et m’ont fait me sentir comme si j’étais à la maison.  Tout le monde se parle et cela a vraiment été facile pour moi de m’adapter. J’avais déjà été très bien accueilli en 2004/2005, mais cette fois-ci, c’était quelque chose de spécial. J’étais heureux d’arriver et je pouvais sentir que tout le monde était content de ma venue.

Des choses ont-elles changé depuis votre premier passage dans le championnat suisse?
Il est certain que le hockey a beaucoup changé avec les dernières modifications des règlements de la NHL. De plus, il faut constamment s’adapter, car le hockey est très rapide. Il y a encore beaucoup de choses auxquelles je ne suis pas habitué en Suisse, mais cela devrait toutefois être facile de s’y habituer.

En Amérique du Nord, le championnat suisse commence à être bien vu avec des joueurs comme Mark Streit et les jeunes joueurs qui poussent pour jouer en NHL. Comme Roman Josi qui y serait certainement s’il n’avait pas été blessé (Ndlr: il a entre temps fait ses débuts avec Nashville).

Et au niveau de l’organisation du CP Berne?
C’est vraiment quelque choses de spécial, il y a presque toujours 17'000 personnes à chaque rencontre. J’avais des doutes en partant, car j’ai laissé mes quatre enfants et ma femme à la maison. Mais je suis vraiment content que tout se passe bien ici. Ma famille va venir passer trois semaines à Noël avec moi à Berne, puis ils reviendront au mois de mars.

Vous êtes vous facilement adapté à la dimension des patinoires européennes?
Cela a été difficile au début, car je n’ai pas eu la chance de disputer de rencontres préparatoires. Je suis arrivé jeudi matin, je me suis entraîné et j’ai directement joué vendredi et samedi. Heureusement, je crois que c’est plus facile de s’adapter à une grande patinoire qu’à une petite. Nous avons un bon style de jeu et cela a été plus facile que je pensais pour m’intégrer.

Toutefois, de temps à autre, j’essaie de faire des jeux rapides, car d’habitude je m’attends à ce qu’un adversaire vienne me frapper lorsque j’ai la rondelle, alors qu’en fait, j’ai plus de temps et plus d’espace.

A quel moment Berne a commencé à prendre contact avec vous dans la saison?
Cela a commencé début octobre lorsque j’ai reçu un e-mail de Daniel Brière qui était encore en contacts avec Sven Leuenberger. Celui-ci avait demandé des informations sur moi. Puis j’ai échangé des e-mails directement avec lui où il m’a dit qu’il était intéressé à me faire revenir à Berne.

J’ai été honnête en lui disant que mon but était de rester dans la NHL. Nous avons fait un contrat qui me laissait deux semaines pour trouver un emploi dans la NHL, sinon je signais pour toute la saison à Berne sans clause pour partir. Maintenant, je ne pense pas à la NHL et m’investis complètement avec Berne.

Avez-vous reçu des offres d’autres clubs en Europe?
Début octobre, j’ai reçu des appels de la Russie, mais nous n’avons pas discuté, car j’ai directement dit non. J’ai affirmé que si j’allais en Europe, c’était à Berne. La Russie était hors de question, entre autre parce que des amis qui sont allés jouer là-bas ont vécu une mauvaise expérience. Avec la langue, c’est plus facile en Suisse également, car avec l’anglais et le français je m’en sors. Actuellement, je prends des cours d’allemand, cela m’occupe aussi puisque ma famille n’est pas en Suisse.

En 1996, vous n’avez pas joué avec les New York Islanders qui vous ont drafté. Que s’est-t-il passé?
J’ai fait deux camps d’entraînement et des parties de préparation avec les Islanders, mais je n’ai jamais joué le moindre match de championnat. J’ai finalement signé avec NYI, puis j’ai été échangé le lendemain.

Nous avons eu des complications contractuelles. Cela a été long et si je ne signais pas cette journée, je retournais au repêchage. Le lendemain, j’ai donc été échangé à Chicago. Je crois que l’échange avait été fait la veille, mais il fallait que je signe pour qu’il soit possible. J’ai bien apprécié mon passage à Chicago qui a été le début de ma carrière.Après, nous avons connu des moments plus difficiles et j’ai été échangé à Buffalo avec Doug Gilmour.

Vous avez passé plusieurs années à Buffalo avec Daniel Brière. Est-ce lui qui vous a fait venir lors du lock-out en 2004/2005?
Je venais d’avoir mon premier enfant, donc j’ai préféré rester à la maison au début de la saison. Il restait trois parties de saison régulière à Berne et Dany Heatley était parti pour la Russie. Alors Daniel m’a appelé et m’a demandé si je ne voulais pas venir jouer les dernières parties et me précisant qu’il fallait gagner les trois rencontres pour faire les séries, ce que nous avons fait. Ensuite nous avons battu Lugano en première ronde, avant de perdre contre Davos.

Le fait que des joueurs comme Rick Nash ou Joe Thornton jouaient également en Suisse laisse penser qu’il s’agit d’un bon championnat. Qu’en pensez-vous?
Oui, bien entendu. Je ne dis pas que les joueurs suisses étaient moins bons en 2004/2005, mais maintenant les jeunes joueurs suisses sont plus développés. Dans notre équipe, nous avons des joueurs de 17-18 ans qui sont vraiment impressionnants.

Ensuite, vous arrivez à Nashville où vous avez été assistant capitaine durant deux saisons. S’agit-il de vos plus belles années de hockey?
Lors de ma dernière année à Buffalo, nous avons été en demi-finales et c’était quelque chose de spécial. Mais à Nashville, je crois que c’est là que ma vie et le hockey se sont vraiment jumelés. Nashville, c’est ma maison actuellement, nous adorons la ville et les gens y sont formidables. Nous aimerions vraiment y rester.

Vous avez fait une grosse première saison à Nashville, puis l’année suivante vous êtes devenu meilleur compteur de l’équipe avec 65 points. Puis, pour une raison inconnue, votre temps de jeu diminue. Comment expliquez-vous cela ?
C’est difficile à expliquer, mais c’est une équipe qui aime faire confiance aux jeunes. C’est ce qu’ils m’ont dit tout en affirmant que j’étais un bon vétéran qui effectuait du bon travail.

Malgré ce discours, Steve Sullivan jouait plus que vous. Qu’en pensez-vous?
C’est vrai. Mais maintenant, la NHL est un business et il y a beaucoup de monde avec des intérêts différents. Donc je n’en connais pas vraiment la raison.

La dernière saison, vous avez joué 11 minutes en moyenne par match et vous avez inscrit 19 points. Cela n’a pas du être facile.
Effectivement, cela a été dur car je n’avais plus d’avantage numérique, plus rien. Cela a été une saison difficile, même si les dirigeants disaient qu’ils étaient heureux avec mon travail auprès des jeunes.

Mais je n’avais pas beaucoup de temps de glace et je savais que c’était ma dernière saison. Je m’attendais un peu à ce que Nashville rachète mon contrat. Ensuite, plusieurs équipes m’ont dit d’attendre, même lorsque j’ai signé à Berne d’autres équipes me disaient encore d’attendre. Mais moi, je voulais jouer au hockey.

Il se murmurait qu’une dizaine d’équipes vous avaient offert des contrats à l’essai. Est-ce la vérité ou juste des rumeurs?
Plusieurs équipes m’avaient appelé pour des contrats à l’essai. Il y avait notamment Vancouver, Boston ou encore Philadelphie. Beaucoup de formations de NHL m’offraient des essais pour leur camp d’entraînement. Mais ce n’est pas ce que je désirais. J’ai 33 ans et je sais que je peux encore bien jouer. Lorsque l’on est à l’essai, c’est compliqué de se faire une place, car les franchises veulent pousser les jeunes qui ont déjà des contrats.

Les rumeurs disaient aussi que vous auriez pu aller à Montréal. Est-ce la vérité?
Non, il ne s’agit que de rumeurs. C’est certain que j’étais intéressé et que cela aurait été une transition facile. Je viens de Montréal et ma sœur et mes parents habitent là-bas. Mais il ne s’est rien passé.

Vous avez déclaré à «RDS» que votre but était de revenir en NHL l’année prochaine. Est-ce toujours d’actualité?
Pour un joueur nord-américain, c’est toujours un but. Mais pour le moment, je suis complètement avec Berne où tout va bien. Beaucoup de choses peuvent changer, ma famille vient dans trois semaines, tout peut arriver.

Actuellement, avez-vous des contacts avec l’Amérique du Nord?
Non, comme je l’ai dit, je ne veux pas en avoir. J’ai dit à mon agent que j’étais à Berne jusqu’à la fin de la saison et que je ne voulais rien savoir.

A 33 ans, vous considérez vous comme un jeune vétéran?
Oui, quand je suis arrivé ici je me suis senti à l’aise pour pouvoir parler. Les jeunes joueurs me posent beaucoup de questions à propos de la NHL et moi, je leur pose des questions à propos des autres équipes suisses comme je ne connais pas leur style de jeu.

Vous avez joué avec plusieurs joueurs qui évoluent actuellement en Suisse : Stéphane Roy (Ajoie), Josef Marha (HC Davos), Domenico Pittis, Steve McCarthy et Michael Nylander (tous ZSC Lions). Les avez-vous contactés?
Non, on discute juste quant on se voit avec certains. J’ai remarqué il y a deux jours pour Stéphane Roy. C’était mon joueur de centre lorsque je me suis fait repêcher dans la NHL. Je savais qu’il jouait ici, mais cela faisait quelques années que je n’en avais plus vraiment entendu parler. Par la suite, j’ai vu qu’il jouait encore. Il y a pas mal de joueurs que j’ai eu comme compagnon de trio et qui jouent ici en Suisse.

Pour terminer, un petit mot sur le public bernois?
Incroyable … juste avant et lorsque la partie a commencé, les supporters sont debout et chantent. C’est quelque chose qu’il n’y a pas en NHL. J’ai été chanceux de toujours jouer à Berne en Suisse.

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