Maxime Montandon: « Les études sont un avantage dans une vie de hockeyeur »

22/04/2019 à 16:06:00Sierre, Florian MelliardArticle vu 5 284 fois
Âgé de 25 ans, Maxime Montandon vante pas moins de quatre saisons en ligue professionnelle dans des clubs aussi variés que Fribourg, Viège, Biasca et Ajoie. Récemment devenu champion suisse de MSL avec le HC Sierre, Maxime est également en dernière année de la Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO). Loin d’être une évidence, la conciliation de hockey professionnel et hautes études est pourtant largement faisable, au dire du joueur dont le parcours peut servir d’inspiration à d’autres jeunes talents.
© Photo Florian Melliard -

Vous cumulez deux difficultés : jouer dans une ligue amateur aux exigences proches de celles d’une ligue professionnelle et être étudiant, autre travail exigeant. Comment conjuguer les deux ?
Au début, cela n’est pas évident, c’est un rythme à prendre et cela requiert de la structure. Il faut avoir sa semaine-type : savoir quand on s’entraîne, quand on travaille pour l’école, pour son physique, etc… C’est une structure à avoir et à respecter, cela permet de concilier passion et avenir professionnel, c’est super.

Cela implique un horaire rigide. Quelle serait l’exemple d’une journée-type ?
Je fais généralement un peu de fitness avant d’aller sur la glace m’entraîner, puis je rentre à midi, je mange, je fais des fois une petite sieste pour récupérer. Ensuite, je vais à l’école l’après-midi pour les cours, travaux de groupe ou révisions. Les entraînements étant quasiment tous les matins, il faut essayer de placer les cours l’après-midi. C’est certes un peu rigide, cela fait beaucoup, mais c’est une vie passionnante.

Pouvez-vous en quelques mots parler des études que vous êtes en train d’achever ?
Je suis en dernière année de la Haute Ecole Spécialisée (HES) de Sierre en économie d’entreprise. J’ai commencé mes deux premières années d’études à Fribourg, dont une où je faisais les trajets depuis Viège. J’ai ensuite fait une année de pause des études quand j’étais à Biasca et j’ai repris l’année passée entre Delémont et Neuchâtel. Le transfert à Sierre a été très facile, car je passais d’une HES à une autre.

Jusqu’à quel niveau peut-on concilier sport et études ?
Il y a un niveau de hockey à partir duquel on ne peut pas s’entraîner plus. En ligue nationale, on ne s’entraîne pas 15 fois par jour. Donc le schéma reste le même : entraînement le matin et repos ou travail l’après-midi. Je connais des joueurs de haut niveau qui ont non seulement réussi leur bachelor, mais qui font également un master. Certains joueurs étalent leurs études sur quatre ans au lieu de trois, plusieurs options sont envisageables. Il ne faut pas oublier que les études peuvent être un avantage dans une vie de hockeyeur. Avoir deux occupations distinctes permet de changer d’environnement, de fréquenter d’autres personnes, de ne pas toujours penser à la même chose…

Dans un schéma de vie sport-étude, reste-t-il du temps pour entretenir une vie sociale ou pratiquer des loisirs ?
Oui, bien sûr. L’emploi du temps est certes chargé, mais c’est tout à fait faisable lorsque l’on a trouvé le bon rythme. On s’entraîne tous les jours durant la saison, mais seulement le matin. Le temps pour la vie sociale vient durant l’après-midi les jours où l’on a moins de cours. Il y a toujours du temps pour aller boire un verre, partir quelques jours en vacances ou aller trouver la famille, ce qui est important afin de ne pas s’enfermer exclusivement dans un schéma hockey / études.

Qu’en est-il des périodes particulièrement chargées, comme par exemple les play-offs ?
Je vous avoue que durant les play-offs avec Sierre, c’était intense. Je me suis beaucoup investi et j’ai parfois dû mettre l’école un peu de côté. Il m’est arrivé de louper quelques cours pour aller m’entraîner à la place ou de renoncer à rentrer à Fribourg pour me reposer, mais cela a porté ses fruits. Ce sont des sacrifices qu’il faut savoir faire dans des périodes aussi particulières que les play-offs.

Etant donné que vous cumulez deux activités intenses et non rémunérées, n’est-ce pas difficile sur le plan budgétaire ?
Même si la rémunération est basse, on gagne quelque chose en jouant en MSL. Il faut budgéter un peu les mois, mais c’est tout à fait vivable et je n’ai jamais eu de problème à manger, sortir ou payer mes factures. Je ne gagne bien sûr pas d’argent avec l’école, donc de nouveau le hockey joue un rôle de complémentarité.

Quel conseil pouvez-vous donner à un jeune hockeyeur qui souhaite suivre un parcours sport-études ?
Il faut se lancer, cela en vaut la peine ! Il y a toujours des inconnues lorsque l’on part avec un tel projet, des fois on a plus de succès avec le hockey qu’avec les études, ou inversement, donc l’un peut rattraper l’autre en cas de pépin. Beaucoup l’on fait avant moi et à de plus hauts niveaux de jeu ou d’étude, donc il ne faut surtout pas croire que c’est impossible de concilier les deux, au contraire !

On dit toujours que la voie sport-études en Suisse n’est pas facilitée. Qu’en pensez-vous ?
On ne peut bien sûr pas comparer la Suisse avec l’Amérique du Nord, où le sport est presque une religion. On remarque quand même que les écoles ici deviennent plus conciliantes. A Fribourg, tout a été fait pour que je puisse facilement concilier hockey et études. Mon agenda a été rempli en tenant compte de toutes les exigences du hockey. J’ai eu la même expérience positive à Delémont et à Sierre, donc les écoles suisses font des efforts dans la bonne direction.

Comment avez-vous trouvé le niveau de la MSL après avoir joué durant quatre saisons en ligue professionnelle ?
C’est un très bon niveau, malgré le statut de ligue amateur. C’est un championnat difficile car il requiert beaucoup de temps, rapporte peu d’argent et a en plus le désavantage d’exiger beaucoup de trajets. C’est donc un réel investissement personnel.

Comment s’est faite l’ambiance dans le vestiaire cette saison vu que pas mal de joueurs venaient d’horizons et de niveaux assez différents (anciens du club et de 1L, apports du GSHC, arrivée des 3 des Ticino Rockets...).
Un certain nombre d’anciens joueurs de Sierre était encore là, ce sont eux le noyau de l’équipe. Nous avons eu la chance d’avoir pratiquement que des bons gars avec nous, que ce soit ceux de Genève, de Biasca ou les juniors. Il y a eu très peu de têtes dures dans le vestiaire cette année, la dynamique de groupe a donc contribué aux résultats du club.

Retrouver le rythme de Swiss League dès septembre prochain, est-ce pour vous une perspective réjouissante ?
Cela représente tout d’abord plus de matches, on passe de 32 à 44. En ce qui concerne le rythme d’entraînement, nous restons à des niveaux comparables. La différence sera sur la glace : les matchs seront plus intenses, les bonhommes en face seront plus grands, plus gros, plus rapides, plus expérimentés... Mais c’est seulement un coup à prendre.

Deux mots sur votre projet personnel : comptez-vous trouver un travail dans votre domaine d’étude ou rester encore un moment dans le hockey professionnel ?
Je prévois de continuer ma carrière autant que possible, mais si je peux avoir un travail lié à mes études en parallèle du hockey, cela serait super. Beaucoup de joueurs de NL et de SL le font.

D’où vient votre motivation à faire des études ?
Cela vient un peu mes parents, ils m’y ont encouragé. J’ai toujours eu de la facilité à l’école, alors je n’avais pas de problème à continuer. D’autant plus que je ne me voyais pas rester à la maison à ne rien faire en dehors du hockey.

Le partenariat avec Genève-Servette peut-il vous offrir un pont pour jouer en NL ?
Ce serait bien, je ne dirais en tout cas pas non. Je pense avoir réussi à prouver que j’ai joué un rôle important à Sierre, aussi bien en tant que défenseur que défenseur-offensif. Alors il ne me reste plus qu’à en faire autant en Swiss League et peut-être que des opportunités se présenteront.

Quel rôle votre père Gil Montandon a-t-il joué dans vos choix de carrière ?
Nous prenons beaucoup de décisions ensemble, en famille. Mon papa s’intéresse toujours un peu plus au hockey et ma maman aux études, il faut les deux. Mon papa m’a toujours dit de faire ce que je veux, mais de le faire à 100%. Alors j’écoute bien sûr son avis avant de prendre certaines décisions, nous en parlons en famille et cela m’a toujours plutôt bien réussi.

Est-ce toujours facile d’avoir un père qui est une légende du hockey en Suisse ? Est-il un père plutôt cool comme on pourrait le croire ou est-il exigeant avec ses fils ?
C’est un père très cool. Entendre parler de légende du hockey me fait toujours bizarre, car il est avant tout mon papa et je le vois en tant que tel. Bien sûr qu’il amène volontiers son expérience pour nous conseiller, mais il le fait en tant que père avant toute autre chose.

Est-ce avec lui que vous avez fait vos premiers pas sur la glace ?
Oui, mais cela m’avait déplu à l’époque. J’étais très jeune et mon père m’a dit que ça n’était pas grave et qu’on pouvait faire plein d’autres choses dans la vie. Quelques mois plus tard, en le voyant sortir d’un match à Berne, j’ai eu envie de remettre les patins. Depuis là, je n’ai plus pu m’arrêter…

Il est dit que votre frère Arnaud rejoindra Sierre dès cet été. Qu’est-ce que cela représente pour vous de pouvoir à nouveau jouer avec lui ?
J’ai joué avec lui l’année passée à Ajoie et nous nous sommes toujours bien entendus. Je n’ai pas d’informations certaines quant à sa possible arrivée à Sierre, mais cela serait drôle de se retrouver à nouveau ici. Et si ce n’est pas le cas tant pis, c’est aussi marrant de jouer contre son frère !

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