Que sont-ils devenus? Michel Wehrli, ancien international à 16 ans

29/05/2009 à 12:00:20Rédaction, Hubert-Jean GrossArticle vu 9 854 fois
La pause d'été du hockey donne aussi l'occasion de regarder dans le rétroviseur, en direction de joueurs qui sont redevenus anonymes sauf pour leurs amis. Ils ont pourtant participé à l'histoire du hockey suisse. Cette semaine, Planète Hockey s'intéresse à Michel Wehrli.

© Photo HJG.PROD, H. Gross. - Michel Wehrli, un vrai poison pour les gardiens

Né en 1934, celui que les Neuchâtelois appelaient "le petit Wehrli", mais que ses copains avaient surnommé "Biclon", a fait ses classes aux Young Sprinters de Neuchâtel. A l’époque, dès qu’il gelait, son père lui créait une patinoire dans le petit jardin de la maison familiale: 15 mètres sur 15, avec un cerisier en plein milieu (!) et une cage de but. Il fallait faire gaffe au cerisier lorsque l’on jouait, car lui, il "checkait" dur. C’était le temps où l’on s’entraînait une à deux fois par semaine en ligue A. Au niveau de la driblette et de la précision de shoot au goal, cette mini patinoire lui a apporté indiscutablement un plus. Point de slap shoot, ni de body check. Chacun se formait pour ainsi dire seul, par l’exercice. Il fallait éviter l’homme et jouer le puck. Et pour serrer un adversaire à la bande, il fallait patiner dans le même sens…

 

Michel s’est donc ainsi retrouvé centre avant dans la première de YS dès 1950 (après 6 ans en juniors). Il avait alors 16 ans et jouait entre Luthi et Rayfield.

 

"Je n’ai jamais joué en première ligne" précise-t-il. "On jouait en principe à deux lignes" (réd. la première ligne restait deux fois plus longtemps sur la glace que la deuxième) et la troisième lorsqu’elle pouvait être alignée, formée de jeunes, elle faisait de brèves apparitions qui permettaient aux ténors de reprendre leur souffle. En LNA, il y avait même des joueurs qui peinaient à patiner en arrière…"

 

Introduit en équipe nationale depuis la même année, Michel profitait de deux bons ailiers zurichois, Schlaepfer et Schubiger. "C’était la grande époque des gardiens sans masques ni casques, comme Benninger (GC), Ayer (YS), et plus tard Kiener (BE), Bassani (Davos), Meier (ZH). L’équipe était formée de lignes ou de paires choisies dans les meilleurs clubs du pays, parfois de fratries : les Cattini, Pic et Hans avec Bibi Torriani, les Celio d’Ambri, les frères Ueli et Gebi Poltera avec Trepp d’Arosa, puis Diethelm, Stambach et Messerli de Berne, qui pratiquaient aussi le patinage artistique. Les Romands de Lausanne et YS Naef, Friedrich et Wehrli complétaient les lignes d’attaque".

 

Parallèlement au hockey, Biclon pratiquait le football à Cantonal (NE) avec Blank et Cattin, et le tennis avec ce dernier qui faisait aussi du hockey sur gazon. Il effectuait ses déplacements avec un vélo de course Allegro qui faisait envie à tous: il grimpait la Favarge sur la selle ! "On faisait alors un match de foot le samedi, il y avait le hockey sur gazon le dimanche matin pour Cattin, et le hockey sur glace le dimanche après-midi. Un beau programme qui laissait juste le temps pour du tennis en semaine…"

 

En 1956, il s’exile à Lausanne qui remonte en LNA, puis fait mouvement en 1961 à Martigny (LNB) où il enseigne aussi le tennis. Il revient à Neuchâtel en 1966, l’année de la remontée en LNA, avant d’effectuer un passage à Bienne de 68 à 70 et Fribourg (LNB) de 70 à 72. Pour terminer la boucle, il rentre à Neuchâtel et se met à disposition du HC Serrières (NE), qui cherchait l’ascension en LNB, de 1972 à 1981, puis joue avec la seconde dès 1981, Dès lors, il entretient sa forme en corporatif et en vétérans avant de raccrocher en 2008. Il conserve cependant sa vivacité caractéristique.

 

"La plus belle période de ma carrière, assure-t-il, c’est le passage à Martigny: 5000 habitants, trois mille spectateurs aux matches. Une ambiance extraordinaire!"

 

Durant toutes ces années, on l’a aussi vu s’occuper des jeunes, minis ou juniors, des écoliers, de l’équipe de la police locale de Neuchâtel. Il était toujours là pour donner un conseil, refaire le hockey, commenter les matches. Il joue désormais encore au tennis avec sa fille, va patiner avec son petit-fils. Il vit avec son épouse Edmée dans la maison que possédaient ses parents, agrandie pour y accueillir la famille de ses deux filles et beaux-fils.

 

Aujourd’hui, on le voit encore régulièrement aux matches de YS, même d’Université, en compagnie de ses vieux potes de l’époque que sont Francis Blank, Orville Martini, Jean-Pierre Nussberger et bien d’autres anciens coéquipiers plus jeunes. On le retrouve aussi dans les réunions d’anciens joueurs. Le hockey a certes changé, les liens amicaux sont restés.

 

Et le hockey actuel, que vous inspire-t-il?

"On pratique aujourd’hui un bon hockey. Très rapide, ce qui le rend moins précis. Les joueurs sont incontestablement beaucoup plus forts dans les bandes et les angles. Ceci est dû au meilleur patinage. La technique est enseignée, comme la tactique, mais on joue encore souvent trop serré. Le jeu est certes très intéressant, mais il y a tout de même des points négatifs qui devraient être changés : il y a trop de charges incorrectes destinées à faire mal à l’adversaire. On laisse aussi trop finir des charges qui en principe ne sont autorisées que sur le dernier porteur du puck. Les interférences ne sont pas assez sanctionnées et les arbitres n’ont pas assez l’instinct du jeu. Ils n’anticipent pas sur les charges, laissant le jeu se dérouler au lieu de le diriger."

 

Si vous aviez 20 ans aujourd’hui, joueriez-vous au hockey?

"Bien sûr, ça ne changerait rien. Les bons joueurs sont toujours bons en relation avec leur époque et le hockey reste un sport très intéressant".

 

C’est toujours un plaisir de vous rencontrer. Merci Biclon de tout ce que vous avez apporté au hockey en prêchant par l’exemple. Les amateurs de hockey vous souhaitent longue vie et bonne santé.


© Photo HJG.PROD, H. Gross.
A 75 ans, devant son plus vieux « coéquipier », le fameux Cerisier, qui lui a pris un sérieux embonpoint. Biclon a conservé sa taille de jeune homme.

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