Sandy Jeannin: «Si j’ai quitté Lugano, c’était surtout pour revenir en Suisse romande»

14/12/2011 à 21:56:44Fribourg, Gabriele BeffaArticle vu 8 071 fois
L’attaquant du HC Fribourg-Gottéron revient sur le début de saison en fanfare de son équipe avant d’évoquer quelques passages de sa longue et passionnante carrière. Interview

� Photo Photo G. Beffa - Sandy Jeannin

Sandy Jeannin, comment allez-vous? Etes-vous totalement remis de votre dernière blessure?
Il s’agissait d’une blessure plutôt embêtante à un muscle sous les côtes dont les fibres étaient partiellement déchirées. Il fallait trois semaines pour que le muscle se remette complètement. Et cela peut prendre jusqu’à six semaines pour être remis à 100%. Une telle blessure ne m’offrait pas vraiment la possibilité de m’entraîner à côté, donc j’ai perdu un peu physiquement. Il me faudra quelques semaines pour retrouver mes jambes et ma condition.

Comment se passe cette saison pour vous?
Cela se passe moyennement avec toutes ces blessures. Après la pénible fin de saison de l’année passée, j’ai fait une très grosse préparation pour faire une bonne saison. Puis, j’ai pris un puck au visage qui m’a tenu éloigné pendant 2-3 semaines et j’ai presque dû repartir à zéro. Personnellement, ce n’est pas grave si cela ne fonctionne pas trop pour moi, car l’équipe marche vraiment bien dans cette première partie de saison.

Effectivement, l’équipe réalise une première partie de saison fantastique. Que possède-t-elle de plus par rapport à l’année dernière?
Cela s’est mal terminé l’année passée et nous voulions tous oublier ce moment. L’équipe s’est renforcée et a connu l’arrivée de nouveaux éléments. Avec Hans Kossmann, il y a une nouvelle philosophie et un nouveau mode de travail auxquels il faut s’habituer. Mais cela s’est fait relativement vite puisque les résultats sont venus rapidement.

Malgré tout, dans quels domaines l’équipe peut-elle encore s’améliorer?
J’ai surtout l’impression que l’équipe n’est pas en surrégime, car on a régulièrement été privé de plusieurs joueurs. La ligne Bykov-Sprunger-Plüss a tiré l’équipe en ce début de saison, mais les autres trios peuvent encore s’améliorer et nous possédons une marge de progression. Pour l’instant nous avons construit de bonnes bases, il reste maintenant à mettre le plus de choses en place pour être en forme pour les play-off.

A votre avis, quelles qualités possédez-vous pour que le rôle de capitaine vous soit régulièrement confié (à Fribourg et Lugano, ainsi qu’avec l'équipe de Suisse)?
J’essaie d’être discipliné, de tout donner sur la glace et de vivre le plus professionnellement possible pour être prêt à chaque match.  Après, je ne suis pas non plus le joueur qui donne des ordres à droite et à gauche, je tente surtout d’être un exemple plus par mes actes que par mes paroles en me donnant à 100% sur la glace. Je suis content que mes qualités aient été appréciées par beaucoup de monde et j’ai toujours aimé prendre des responsabilités. C’est les éléments que je viens de citer, avec l’expérience que j’ai acquise (internationale et en club), qui ont plu aux dirigeants et aux entraîneurs des clubs.

Vous devez certainement beaucoup parler aux jeunes joueurs pour les aider. Quels conseils leur donnez-vous en général?
Dans un vestiaire j’observe beaucoup: comment joue un jeune, qu’est ce qu’il fait avant et après l’entraînement, ainsi que son hygiène de vie. L’important est que le jeune trouve son équilibre entre ses passions et le côté professionnel. Comme je le dis, j’essaie surtout d’être un exemple par mon mode de vie et d’amener cela à la jeunesse et aux autres. Naturellement, je suis toujours disposé à donner mon avis et je vais peut-être proposer à un jeune de faire attention. Mais un joueur intelligent va beaucoup observer et va même venir me poser des questions de lui-même. Je pense que s’il a vraiment envie de s’améliorer et de faire une grande carrière, il sera assez malin pour observer à son tour et demander les choses.

Au début de la saison, vous avez prolongé votre contrat avec Fribourg pour trois nouvelles saisons. Qu’est-ce qui vous a motivé à continuer l’aventure avec les Dragons et pour une telle durée?
J’ai été très bien reçu à Fribourg, aussi bien par le club que par le public. De plus, cela m’avait manqué de jouer en Suisse romande. Les équipes n’étaient pas au mieux lorsque je suis entré dans la Ligue Nationale.

Ma famille s’est bien établie ici et moi aussi. Mes enfants se sentent bien à l’école et dans leur quartier. Pour moi, ces deux critères suffisent. Lorsqu’on a une famille, on n’a plus beaucoup envie de déménager. Pour cela, je remercie aussi le club d’avoir cru en moi, car je ne suis gentiment plus tout jeune et il a été convaincu que je pouvais encore jouer trois ans à haut niveau.

Lorsque vous avez quitté Lugano en 2008, pourquoi avoir choisi Fribourg-Gottéron?
Si j’ai quitté Lugano, c’était surtout pour revenir en Suisse romande. Dans ma tête, soit je restais à Lugano, ou alors je venais à Fribourg. La majeure partie des autres propositions venaient de Suisse alémanique.  Bien entendu, toutes ces propositions étaient flatteuses, mais avec deux enfants (3 et 5 ans) qui étaient en âge de commencer une scolarité, c’était dur de prendre la bonne décision. J’avais aussi l’impression que Lugano était plus sur la pente descendante et Fribourg sur la pente ascendante.

Lors de ma dernière année à Lugano, nous avions fait les play-out et c’était terrible, je ne voulais plus revivre une telle expérience. Mon feeling était que Fribourg voulait construire quelque chose de bien. Lorsque je vois l’euphorie de la région, je ne regrette pas d’être parti et d’être arrivé à Fribourg.  

Vous avez fait toute votre carrière en Suisse. N’avez-vous jamais été tenté par une aventure à l’étranger?
Cela m’aurait intéressé de découvrir un championnat étranger, mais je n’ai pas vraiment eu d’offres entre 25 et 28 ans où j’aurais peut-être désiré partir. Après, je n’ai pas forcément cherché à obtenir des offres non plus. Il y avait eu quelques touches en Suède au moment où je me suis décidé pour venir à Fribourg. Un agent m’avait appelé, mais ensuite l’équipe en question a eu des problèmes, elle a changé d’entraîneur et finalement c’est un peu tombé à l’eau.

Vous avez vécu de nombreux derbys tessinois et des Zähringen. Le fait d’augmenter le nombre de derbys par saison (soit 6 au lieu de 4 avant) nuit-il à l’ambiance et à l’engouement suscités par de telles parties?
Certainement un peu, car moins il y en a de derbys, plus ils seront intéressants. Les parties ont perdu un peu en intensité. On essaie certainement de remplir au maximum les patinoires, mais quant à faire six matches de saison régulière en plus, autant les faire dans une patinoire pleine où l’intérêt du public est présent. C’est aussi une question géographique, on se déplace un peu moins. Par contre, c’est vrai que l’on attend un peu moins de ces matches et qu’ils sont moins chauds. Sur la glace il y a moins d’émotions et le public s’est un peu calmé. Concernant ce dernier élément, c’est une bonne chose.

En 2005/2006, vous jouez à Lugano qui perdait 3-0 dans la série contre Ambri-Piotta, puis vous renversez la série et vous gagnez le titre. Pouvez-vous expliquer pourquoi l’équipe s’est pareillement métamorphosée?
Rien que le fait de retourner une situation comme cela vous donne des ailes et il ne pouvait plus rien nous arriver par la suite. Nous avions changé d’entraîneur à 2-0 (ndlr: Harold Kreis avait remplacé Larry Huras), mais c’est surtout Ivano Zanatta qui a fait pencher la balance, il connaissait tout le monde et menait l’équipe. Même lorsque nous perdions 3-0, j’avais l’impression que c’était encore possible. Après cela ne signifie pas que je ne nous sentais pas en danger, car on était sur le fil du rasoir, mais à l’intérieur de l’équipe il y avait encore une certaine sérénité et aucune panique.

Je me rappelle être allé à la télévision lors de la reprise de l’équipe par Harold Kreis, car j’étais assistant capitaine et je parlais italien. J’avais déclaré que je sentais l’équipe capable de retourner la situation. Ce n’était pas un mensonge, mais un feeling que j’avais en moi. Finalement, nous avons renversé la situation et remporté la série 4-3. Même si on avait fait 7 matches, on ne se sentait pas fatigués après un dénouement pareil. Nous avions une bonne équipe avec Metropolit, Peltonen, Nummelin ou encore Gardner, il nous a juste fallu un moment pour nous mettre sur les bons rails.

S’agit-il à l’heure actuelle du meilleur moment de votre carrière?
Oui, c’est assurément l’un des meilleurs moments. Vous perdez 3-0 contre Ambri et les fans vous en veulent beaucoup. Puis vous renversez la situation et vous devenez un héros. C’est encore plus extrême au Tessin où les tifosis ont le sang chaud. Ce passage d’émotions en l’espace d’un mois et demi reste vraiment un excellent souvenir.

Vous avez joué plus de 800 matches de NLA et de nombreuses rencontres internationales, dont les JO à trois reprises. Vous avez donc affronté et côtoyé énormément de joueurs. Lequel vous a le plus impressionné ?
Il y a en a beaucoup. J’ai essayé d’observer et prendre le positif de chacun, comme par exemple chez mes coéquipiers comme Metropolit, Peltonen, Nummelin ou encore Jean-Jacques Aeschlimann. Quand j’étais petit et que je voyais l’équipe nationale avec Gil Montandon qui était Neuchâtelois, cela représentait aussi quelque chose pour moi. L’important dans le sport, c’est de prendre ce que tu vois de positif des joueurs et des entraîneurs en essayant d’optimiser ton niveau de jeu et ta façon d’être. En résumé, je n’ai pas vraiment eu un joueur qui m’a impressionné, j’ai plus pris à droite et à gauche ce qui pouvait m’apporter quelque chose. A mon avis, le joueur parfait n’existe pas.

Pour terminer, pensez-vous déjà à votre future reconversion? Si oui, comment voyez-vous les choses?
J’y pense de plus en plus et cela sera certainement un moment difficile. Arrêter d’être sportif d’élite, alors qu’avant tu avais l’habitude de travailler avec ton corps tous les jours sera difficile à gérer, de même que le manque d’adrénaline

J’ai commencé des cours d’entraîneur pour obtenir des papiers dans le hockey. Pour l’instant, je ne sais pas si je vais rester là-dedans. Mais je veux faire ces papiers, car c’est dans le hockey que j’ai le plus d’expérience et de connaissances. J’ai aussi fait un apprentissage d’installateur sanitaire, mais je ne pense pas continuer dans cette voie. Par contre, je ne regrette pas du tout de l’avoir fait, car cela m’a permis de voir la chance que j’avais d’être un sportif professionnel.

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