Théo Rochette: «Je n'ai qu'un but: travailler fort pour atteindre mon rêve, la NHL»

18/06/2018 à 17:52:39Neuchâtel, Frédéric WillenerArticle vu 5 898 fois
Sélectionné de dernière minute au repêchage de la LHJMQ, le jeune attaquant Théo Rochette se concentre désormais sur son avenir au Canada. Le Canado-Suisse rejoindra bientôt son nouveau club, les Saguenées de Chicoutimi en LHJMQ. Premiers pas vers son rêve, la NHL.
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Avec un total de 51 points en 49 matchs, dont 17 en six matchs de play-off, comment décririez-vous votre dernière saison avec les U20 du Lausanne 4Clubs ?
Je dirais que cela s’est très bien passé. Au début de la saison, mon rôle avec l’équipe n’était pas clairement défini. Je m’étais alors fixé l’objectif d’en avoir un pour la fin de la saison et c’est ce que j’ai réussi à faire. J’ai connu une bonne progression sur la durée de la saison et je suis très satisfait.

Lorsque vous avez terminé cette saison, aviez-vous déjà des plans pour l’année suivante et notamment l’idée de partir en Amérique du Nord ?
A la fin de la saison, je dois bien avouer que mon avenir m'apparaissait encore un peu flou. J’ignorais si j’allais aller jouer au Canada, car j’attendais des réponses de la ligue canadienne de hockey. J’avais également une bonne option avec le HC La Chaux-de-Fonds. Lorsque j’ai reçu la réponse du Canada, je n’ai pas hésité: j’avais l’occasion de jouer dans la meilleure ligue junior du monde. Ainsi, je pouvais entrevoir mon rêve, celui d’un jour pouvoir évoluer en NHL.

On le sait, le parcours pour être sélectionné en LHJMQ n’a pas été simple et il a fallu de nombreuses démarches pour obtenir enfin une réponse. Comment se sont passés ces négociations ?
En janvier, nous avions reçu les premiers téléphones qui nous informaient qu’il était possible que je sois sélectionné au repêchage de la LHJMQ. Nous avons alors dû faire des démarches compliquées avec la ligue canadienne de hockey.

Dans un premier temps, la réponse a été négative de leur part, car plusieurs formations avaient fait recours contre cette décision. A ce moment-là, nous avons dû refaire des démarches complémentaires et mon père a travaillé très fort avec la ligue. Et pour finir, peu avant le repêchage, nous avons enfin reçu une réponse positive. Il est important de savoir que pour être éligible, l’ensemble des équipes canadiennes doit donner son accord. En cas de nouveau refus, j’aurai pu participer à l’Import Draft, mais l’année prochaine seulement.

Le 2 juin dernier, à Shawinigan, vous avez été sélectionné au 7ème rang par les Saguenéens. A ce moment, aviez-vous déjà pris votre décision de rejoindre le Canada ?
Franchement, mon but était de partir là-bas. Avant le repêchage, j’ai rencontré cinq formations différentes. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir été repêché par une formation avec qui j’ai un très bel avenir. L’entraîneur et les dirigeants sont vraiment de bonnes personnes et j’ai vraiment été très bien accueilli. Je suis donc vraiment impatient de rejoindre Chicoutimi.

Avant le repêchage, certains pensaient à vous pour le 1er rang déjà. Comment avez-vous vécu cette période un peu particulière ?
Je voulais vraiment être sélectionné. Au final, que j’ai été sélectionné au 1er ou au 7ème rang ne change rien, je jouerai avec la même équipe. Pour moi, ce qui compte le plus, c’est de pouvoir évoluer en LHJMQ dès l’année prochaine. Je n’avais aucune pression car je savais que beaucoup de recruteurs ne m’avaient pas vu jouer. Je m’attendais donc à voir mon nom être appelé un peu plus tard que dans les trois premiers.

Justement, le 1er rang du repêchage est revenu à Hendrix Lapierre. Est-ce juste que vous avez déjà évolué à ses côtés ?
Oui, c’est juste ; c’était il y a longtemps. Nous avons joué ensemble puis l’un contre l’autre lors des tournois d’été « Super AAA ». Nous nous connaissons très bien, c’est sympa de me retrouver là-bas avec lui.

Au terme du repêchage, vous avez rencontré les dirigeants et visité les installations du club. Comment cela s’est-il passé ?
Cela c’est vraiment très bien passé. Nous avons rencontré l’entraîneur-chef et l’assistant du directeur-général. Avec eux, nous avons visité les installations du club et les écoles. J’ai également pu rencontrer le personnel administratif de l’équipe.

Comment se dérouleront vos journées lorsque vous serez à Chicoutimi ?
Je vais suivre des cours le matin de 08h00 à 10h00 avant d’aller sur la glace pour l’entraînement. J’aurai également des cours de suivi avec une conseillère pédagogique. En fin d’après-midi, il y a un entraînement optionnel afin de travailler les habiletés techniques. Le programme est vraiment très complet et l’organisation est très professionnelle.

Avant de prendre votre décision, aviez-vous bénéficié de conseils de joueurs ou d’entraîneurs ayant évolué en Amérique du Nord ?
Oui, surtout d’entraîneurs. Une très grande majorité d'entre eux m’ont dit de tenter ma chance au Canada, notamment pour obtenir de l’expérience pour me familiariser avec les patinoires de petite taille.

D’un point de vue personnel, la décision de quitter la Suisse a-t-elle été difficile ?
La décision n’a pas été simple. J’aimerai véritablement un jour pouvoir évoluer en NHL et pour moi, c’était le meilleure option pour être vu par les recruteurs. D’un point de vue familial, j’ai la chance d’avoir ma Mère qui viendra avec moi la première année. Mon Père viendra au Canada régulièrement, mais je sais qu’il me suivra à distance.

La dernière saison des Saguenéens n’a pas été des plus simples avec une 15ème place au terme de la saison régulière et une élimination au 1er tour. Aujourd’hui, le club vous a-t-il déjà parlé de son plan d’avenir ?
Oui, il y un projet à long terme avec le club. La formation compte sur Hendrix, moi, mais également d’autres joueurs pour rebâtir sur des bases solides. Là-bas, c’est souvent une question de cycles : les joueurs quittent les équipes après plusieurs années et certains autres clubs viennent alors sur le devant de la scène. Chicoutimi débute certainement un très bon cycle.

A la différence de la Suisse, le hockey en Amérique du Nord se pratique sur de petites patinoires et est nettement plus robuste. Ces aspects sont-ils une crainte pour vous ?
J’ai déjà joué plusieurs années au Canada et je ne m’inquiète pas pour les tailles des patinoires. Je devrais vite m’y adapter. En ce qui concerne le jeu physique, cela ne me dérange pas non plus. C’est à moi de faire en sorte d’éviter les coups pour ne pas être blessé. Mais il est vrai que je dois améliorer mon physique en prévision des contacts. Dans mes atouts, je pense avoir un bon patinage, un bon tir et un bon sens du jeu. Pour ma part, je n’ai qu’un seul but : travailler fort pour atteindre mon rêve, la NHL.

En parlant de la NHL, avez-vous un modèle de joueurs ou de clubs ?
Non, pas vraiment, je dois dire que j’aime la NHL et ce qu’elle représente. Il y a évidemment quelques joueurs qui m’impressionnent plus que d’autres et dont je cherche à m’inspirer. Pour ce qui est des clubs, c’est certain que Montréal aura toujours une place spéciale dans mon coeur, mais je n’ai pas de préférences.

En 2020, vous serez éligible au repêchage de la NHL : cette date est-elle déjà inscrite dans votre agenda ?
Je ne veux pas trop y penser, il y a encore beaucoup de temps et surtout beaucoup de travail à accomplir avant d’y arriver. Pour l’heure, je veux me concentrer sur mon club et continuer de faire ce que j’aime. Pour la suite, on verra le moment venu.

Quel est votre programme de l’été ?
Actuellement, j’entraîne le physique deux fois par jour. Je fais de la force le matin et je travaille l’explosivité l’après-midi. Je vais également deux fois par semaine sur la glace à Leysin pour m’entraîner. Je suis également des cours sur la glace synthétique avec Doug Boulanger.

Pour la suite de mon programme, je vais me rendre au camp de développement organisé en Californie par mon agent Pat Brisson. Je reviendrai ensuite en Suisse pour rejoindre l’équipe nationale U18 afin de préparer le tournoi Ivan Hlinka à Edmonton, au Canada. Finalement, le 15 août, je débuterai le camp des Saguenéens à Chicoutimi.
 

Complément apporté par son Père, Stéphane Rochette :

J’aimerai apporter quelques compléments, il faut bien se rendre compte que la saison prochaine sera une saison de formation. Il ne faut pas oulbier que Théo n’a pas encore l’âge des juniors, il n’a que 16 ans. Les Européens qui sont partis dans les ligues canadiennes ont été drafté une année ou deux plus tard, à 17 ou 18 ans. Les clubs ont le droit à trois joueurs de 16 ans, avec l’autorisation de la ligue. Il n’y a que très peu de joueurs aussi jeunes dans les clubs.

Si le club qui l’avait sélectionné nous avait dit qu’il n’évoluerait pas directement avec l’équipe, il ne serait pas parti. A Chicoutimi, il y a un vrai projet pour Théo. Il va rester avec l’équipe, ils ont fait le choix de le prendre à 16 ans et de prendre en compte cette première année pour l’adaptation et l’intégration. En l'engageant maintenant, le club s’assure qu’il soit performant à 18 ans, lors de son année de repêchage. Le club s’est engagé à le prendre dès maintenant et nous, nous nous sommes engagés à rester là-bas pour les années à venir. Il y une sorte d’accord tacite entre nous.

Rien ne sera facile, il y a beaucoup d’inconnues et ce, même s’il a déjà habité au Québec. Dans tous les cas, l’année prochaine aurait été une année de transition, quelque soit son club. Il a préféré tenter sa chance en Amérique du Nord où il y a de nombreux recruteurs, mais aussi pour se familiariser rapidement avec l’environnement particulier de l’Amérique du Nord. Ainsi, lors de son année de draft, il n’y aura plus d’inconnues.

Il faut cependant avouer que nous avons longtemps tergiversé mais il ne sera pas seul là-bas, nous avons voulu l’accompagner durant la première année en tout cas. Maintenant c’est à lui de travailler pour son rêve et de faire sa place au soleil.

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