Toni Rajala: «Toute l’équipe adhère à la philosophie d’Antti Törmänen»

04/10/2018 à 15:47:03Bienne, Vincent CriblezArticle vu 4 566 fois
Alors que le HC Bienne a confirmé sa place de leader en s’imposant mardi soir à Langnau (3-5), Planète Hockey vous propose l’interview de Toni Rajala. Seelandais depuis l’été 2016, le jovial Finlandais de 27 ans est actuellement le meilleur buteur de National League avec cinq réussites inscrites.
© Photo Patrick Pitton -

Toni Rajala, depuis l’arrivée à la Tissot Arena de votre compatriote Antti Törmänen en décembre 2017, tout semble sourire au HC Bienne. Comment le vivez-vous?
Au vu des résultats, je le vis forcément bien. Antti est arrivé dans des bonnes conditions, après que l’équipe ait gagné cinq rencontres avec Martin Steinegger derrière la bande et même si on sortait alors d’une sale période. Pour lui, ce fut presque «facile» de reprendre notre équipe. Ensuite, il a peu à peu imposer sa patte, son style. Et je crois que tout le monde a adopté sa façon de voir les choses.

De par l’équilibre qu’il a su apporter à ses lignes (réd : au HC Bienne, les quatre trios d’attaque ont un temps de jeu comparable), votre entraîneur donne des responsabilités à l’ensemble de son groupe. C’est peut-être cela, le résumé de la «méthode Törmänen»?
Oui, on sent que tout le monde est concerné. Si ta quatrième ligne ne joue que 5-6 minutes par match, certains auront un sentiment d’infériorité, l’impression de ne pas apporter ce qu’ils aimeraient à l’équipe. Et cela peut générer des frustrations. Antti sait comment responsabiliser tous les joueurs, sans exception. J’ajouterais également que la qualité de ses entraînements est vraiment exceptionnelle.

De par cette répartition du temps de jeu, sentez-vous, lors des fins de rencontres, que vous avez parfois plus de jus que votre adversaire?
Oui, effectivement. De plus, il faut ajouter le fait que l’entraînement hors glace a été intensif et que tout le monde a travaillé fort. En revenant à Bienne, en juillet, j’ai retrouvé mes coéquipiers en super forme. Ceci ajouté au fait que quasiment aucun joueur ne joue plus de 20 minutes par match nous permet de bien terminer nos rencontres.

De l’aveu de plusieurs joueurs avec qui nous avons échangé, notamment d’anciens Bernois, tous sont unanimes: Antti Törmänen représente un parfait mix entre qualités sociales, rigueur et flair tactique. Vous pouvez confirmer, même s'il se dit que le patron peut parfois être très dur avec ses joueurs?
Oui, c’est exactement cela. Il sait être dur quand il le faut, mais sans exagérer. Un coach qui crie à tout va, au bout d’un moment, tu ne l’écoutes plus. Lui, il dose ses coups de gueules (rires). Mais bon, au vu des résultats depuis qu’il est là, c’est assez rare qu’il doive s’énerver. Humainement, c’est vraiment une bonne personne, il a toujours une oreille ouverte pour discuter avec les joueurs. Enfin, au niveau tactique, son système correspond parfaitement aux qualités de notre groupe. Je crois pouvoir sans autre affirmer que tout le monde est content de l’avoir comme entraîneur et que tous les joueurs ont adhéré à sa philosophie.

De votre côté, avec cinq réussites inscrites, vous êtes une nouvelle fois en tête des buteurs de la ligue, le saviez-vous?
Non, je l’ignorais. Je suis le seul avec 5 buts ou à égalité avec d’autres ?

Oui, absolument, vous êtes le seul. Par contre, mauvaise nouvelle, vendredi soir vous devrez céder votre maillot de topscorer à Dominik Diem, votre coéquipier qui a déjà inscrit sept points, contre six pour vous…
Ce n’est pas un problème pour moi, je le lui donnerai volontiers (rires).

Cette saison, ferez-vous mieux que lors des deux derniers tours qualificatifs, lors desquels vous aviez inscrit 16 buts?
Je l’espère, oui. C’est le plan en tout cas, même si je n’aime pas me fixer d’objectifs comptables personnels. L’équipe aura toujours la priorité. Mais je me sens bien en ce moment, à moi de continuer à bosser et les buts continueront à venir.

Le fait de côtoyer vos compatriotes Anssi Salmela et Antti Törmänen à Bienne vous rend-il la vie encore plus belle?
C’est forcément sympa de retrouver des Finlandais. Avec le coach, il m’arrive de parler en finnois, même si on n’essaie de ne pas trop le faire par respect pour les autres. Et j’ai eu du plaisir à retrouver Anssi Salmela, avec qui j’avais joué à HV 71 en Suède. C’est un mec calme, un vrai Finlandais, mais il apporte beaucoup à l’équipe.

Samedi, à Berne, vous avez inscrit un coup du chapeau devant une belle délégation de joueurs et d’entraîneurs des New-Jersey Devils. Pour vous qui n’avez jamais reçu une chance de jouer en NHL malgré une belle saison en AHL, s’agissait-il d’une sorte de clin d’œil?
Honnêtement, avant la rencontre, je ne savais même pas qu’ils étaient là. Je l’ai appris après le match en croisant Sami Vatanen, qui joue à New-Jersey et avec qui j’ai fait mon service militaire à l’époque. C’est un ami, il m’a même organisé des billets pour le match entre Berne et les Devils lundi soir. Mais sinon, non je ne vois pas cela comme une revanche. La NHL, je n’en fait pas une obsession. Si je continue à mettre beaucoup de buts, peut-être qu’un jour je recevrai une chance, sinon ce ne sera pas dramatique.

Séduisant sur le papier avant le début de la saison, ce HC Bienne version 2018/19 semble confirmer sur la glace. Votre club peut-il viser le sommet, cet hiver?
Comme vous le dites, sur le papier nous sommes certainement meilleurs. Mais cela ne suffit pas, à nous de travailler en conséquence pour retranscrire sur la glace ce que tout le monde pense en regardant notre contingent. La saison dernière, nous avons mérités notre place en demi-finales, mais n’oublions pas que les autres équipes se sont elles aussi améliorées depuis. On a tout pour bien faire et forcément, notre but est de faire encore mieux et d’arriver en finale.

Avant d’y penser, il s’agira de gérer un mois d’octobre généralement catastrophique pour le HC Bienne. Tant en 2016 qu’en 2017, votre équipe a connu un énorme trou après un début de saison quasi parfait. Cet automne sera-t-il différent?
Il n’y a pas d’explication rationnelle au fait que nous ayons connu une baisse de régime après quelques victoires. En tout cas, après 2016 et 2017, je n’ai pas envie de revivre un licenciement d’entraîneur. J’ai envie que Antti reste à Bienne (rires). Dans l’équipe, nous n’en avons pas parlé, même si chacun sait très bien ce qu’il s’est passé ces deux dernières saisons. Travaillons dur tous les jours et cela se passera bien. Nous aurons des mauvaises passes, des weekends à zéro point, mais il faudra impérativement éviter de perdre plusieurs matches à la suite et d’entrer dans une mauvaise spirale.

Toni Rajala, vous êtes devenu le chouchou du kop de la Tissot Arena dès lors que vous avez posé les patins pour la première fois sur la glace seelandaise. Imaginez-vous une liaison à long terme avec le HCB, vous qui disputez déjà votre troisième saison à Bienne?
(il réfléchit) Oui, je peux me l’imaginer. J’ai toujours dis que j’étais heureux à Bienne et cela n’a pas changé depuis. Mais là, nous sommes au début du mois d’octobre et il n’y a encore eu aucune discussion avec le club pour une éventuelle prolongation de mon contrat. Nous en parlerons dans quelques semaines, voire quelques mois.

Le fait que votre amie vive en Finlande pourrait-il influer l’endroit où vous jouerez la saison prochaine?
Non, cela fait trois ans que nous vivons dans deux pays différents et cela fonctionne bien. Elle étudie en Finlande, je joue en Suisse, tout est ok ainsi. Heureusement, je suis un gars qui aime bien se retrouver seul de temps en temps (rires). La saison n’est vieille que de cinq rencontres, il est encore trop tôt pour penser à la suite de ma carrière.

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