Genève: cinq jours de repos. Vraiment?

11/10/2021 à 20:31:49Planète Hockey / PDUC   Article vu 3 267 fois
© Photo Laurent Daspres - Sami Vatanen, le bon choix?

Pas de match avant vendredi (à Fribourg), une aubaine? Sans doute pour la récupération. Et encore plus pour une équipe qui souffre depuis le début de la saison d'absence chronique de ses leaders à l'infirmerie, ce qui est malheureux... et sur la glace, ce qui est très perturbant. Mais comment cette équipe genevoise finaliste du dernier championnat peut-elle rester aujourd'hui sur un bilan de huit défaites sur les neuf dernières sorties? Et surtout, quoi faire maintenant? Le tableau est posé.

Bien sûr, le premier argument que l'on avancera, ce sont les blessures de pratiquement tous les joueurs majeurs, à un moment ou à un autre, que ce soit pendant la préparation, mais aussi depuis le début de l'exercice. Mais est-ce là la seule explication? Le rendement que l'on attend de nombreux joueurs genevois valides est insuffisant. Nous irons même plus loin, le contingent des joueurs suisses.

Bien sûr, très facile d'être critique aujourd'hui. Et pourtant, si vous enlevez les dix buts encaissés "par accident" contre Ambrì-Piotta (on essaie d'être sympa) et que vous analysez le bilan chiffré après 20% de cette saison régulière, on retrouve les Aigles avec l'antépénultième attaque, itou pour la défensive (vous rajoutez les 10 buts léventins, Genève est dernier).

Pourquoi les Suisses?

Pourquoi évoquons-nous alors principalement les joueurs suisses? Simplement parce que le problème genevois n'est pas forcément à chercher dans sa filière étrangère. Qui oserait, aujourd'hui, mettre en doute les performances de Daniel Winnik et Valtteri Filppula? Pas grand monde.

Les deux hommes tournent à une moyenne de plus d'un point/match, ils occupent les 6e et 11e places du classement des compteurs. En défense, Henrik Tömmernes est le leader de toute la ligue au classement des passeurs avec Grenier, Ambühl et Hansson. D'accord, un défenseur est d'abord là pour ne pas encaisser de but, me direz-vous et vous aurez raison.

Dans ce registre, l'absence longue durée de Jonathan Mercier se paie aujourd'hui cash. Un vrai défenseur-défensif ne serait pas du luxe. La grande question à se poser est donc assez simple: même tentante, l'opportunité d'engager Sami Vatanen se justifiait-elle réellement?

Car les étrangers prennent énormément de place, ils diminuent par conséquent le temps de jeu de leurs coéquipiers locaux. Pas forcément facile à gérer, voire même à accepter, quand on s'appelle Maurer ou Karrer pour parler des arrières, ou Vermin - orphelin de Richard - en pensant aux attaquants qui sont amenés à jouer parfois à des positions qui ne leur sont pas naturelles.

La longueur de banc des attaquants est, on le voit, bien trop minime pour supporter autant de blessures simultanées. Mais vous remarquerez aussi qu'à part Gottéron (qui est en tête et ce n'est peut-être pas un hasard), toutes les équipes ont connu une quasi-hécatombe. Le phénomène n'est donc pas que genevois.

Or, en l'absence principalement de Noah Rod et Marc-Antoine Pouliot, l'équipe n'a pas de percussion offensive suffisante actuellement. À voir l'incapacité de Tyler Moy, Josh Jooris et Joël Vermin (bon, il ne joue pas à sa place de prédilection) à tirer l'équipe vers le haut, on en vient à souhaiter un retour prématuré de Rod et Mercier. Pas Pouliot? Ben si, mais va alors se poser un autre casse-tête pour Pat Émond: avec cinq étrangers à disposition et un besoin offensif chronique, qui laisser à l'avenir sur le banc en surnuméraire?

Vatanen, le défenseur de trop?

On ne touchera pas à Winnik, Filppula et Tömmernes, à moins que ce dernier n'éprouve le besoin de souffler un peu (passer la moitié du match ou presque sur la glace, ça épuise). Resteront donc Vatanen et Pouliot. Si vous partez du principe que l'offensive doit absolument être secouée, vous choisirez le Canadien. Si vous faites jouer Vatanen, cela voudra dire que Genève ne considère Pouliot que comme un mercenaire au rabais, intéressant seulement par le passeport suisse qu'il est censé obtenir depuis (trop) longtemps. 

Autre constat troublant ne parlant pas en faveur de Vatanen: même en jouant avec deux étrangers, Genève encaisse beaucoup trop de buts. Peut-être beaucoup parce que le temps de jeu est trop important pour les deux hommes dès le moment où Simon Le Coultre et Roger Karrer sont à nouveau valides. Et l'ombre de Mercier se profile. Malaises en perspective?

Autre constat: les départs simultanés de Eric Fehr et de Linus Omark ont été un peu trop violents pour un contingent qui se reposait beaucoup sur eux. Les deux étrangers ont eu la faculté d'augmenter leur niveau de jeu à l'heure des playoffs, les Aigles ne pouvaient que tomber de haut au moment de retrouver le quotidien de la saison régulière, parfois dénuée de vraies émotions.

Celles que vivent en ce moment les hommes de Patrick Emond sont clairement négatives. Le coach lui-même, déjà plutôt calme à la première approche, traine un peu comme une âme en peine en fin de match devant les caméras de télévision. Comme si la fatalité avait choisi son camp. Le moral est touché, ça se sent.

Suffisamment alors pour remettre en cause le coaching-staff de l'équipe? Nous ne le pensons pas. Depuis la préparation à ce jour, le coach n'a jamais eu une équipe complète à sa disposition. Mais il surcharge ses étrangers. Une chose est certaine, et ça, tous les entraîneurs du monde vous le diront: si vous commencez mal une saison (il suffit souvent de trois ou quatre défaites dans les premières journées), la machine peut se gripper très longtemps.

Agir , mais quand?

Ce Genève-Servette-là s'est finalement rendu trop dépendant de certaines individualités (Descloux, Rod, ses autres leaders suisses en particulier) et le paie lorsque ceux-ci sont inconstants ou sur le flanc. Nous avons déjà longuement évoqué le manque de perspectives du management genevois la semaine passée lorsqu'est arrivé le malheureux épisode Charlin (voir aussi notre article).

En une semaine, que s'est-il passé de neuf du côté des Vernets? À part une déclaration laconique comme quoi Joël Genazzi n'intéressait pas (pour le moment) l'organisation, rien! Or, c'est maintenant que doit agir... ou pas le directoire genevois. Deux solutions: tenter l'électrochoc et on serait très malheureux pour Émond qui ne mérite pas ça... ou attendre le retour prochain et sans doute progressif des Mercier, Rod et Richard. Là, l'équipe recommencerait à avoir de la substance. Mais elle aura perdu beaucoup au passage, et pas seulement des points...

 

Actu précédente et suivante Brian Boyle retrouve du travail avec les Penguins Bobby Ryan n'obtient pas de contrat à Detroit

Autres actualités de Genève-Servette HC

Les derniers matchs de Genève-Servette HC

samedi 16 octobre 2021
vendredi 15 octobre 2021
vendredi 08 octobre 2021
mardi 05 octobre 2021
samedi 02 octobre 2021
Derniers résultats
sa 16.10.21 - 0 - 5
sa 16.10.21 - 3 - 2
sa 16.10.21 - 4 - 1
sa 16.10.21 - 1 - 4
sa 16.10.21 - 1 - 3
sa 16.10.21 - 1 - 4
voir tous les résultats
Fil actualités en continu
Derniers articles
Classement
1 HC Fribourg-Gottéron 15 j 35 pts
2 HC Bienne 16 j 33 pts
3 HC Davos 14 j 28 pts
4 EV Zoug 13 j 25 pts
5 ZSC Lions 14 j 23 pts
6 SC Rapperswil-Jona Lakers 14 j 22 pts
7 HC Ambri-Piotta 14 j 21 pts
8 HC Lugano 15 j 19 pts
9 SCL Tigers 16 j 18 pts
10 Lausanne HC 13 j 17 pts
11 CP Berne 14 j 17 pts
12 Genève-Servette HC 14 j 12 pts
13 HC Ajoie 14 j 9 pts
voir le classement détaillé
Partenaires
Derniers tweets