Le GSHC n'est pas assez armé cette saison

03/10/2021 à 20:48:43Planète Hockey / PDUC   Article vu 3 386 fois
© Photo Laurent Daspres - Du trio Fehr-Winnik-Omark de l'an passé ne subsiste que le 2e (au centre)

Genève-Servette qui n'envoie que ses coaches aux interviewes d'après-match pour protéger les joueurs, voilà de quoi bien situer le quotidien des Aigles aujourd'hui: vulnérables, en manque de confiance et de certitudes. Donc inutile que des voix éparses s'épanchent sur le problème, tant qu'on n'a pas trouvé la solution.

Ce qui s'est passé hier soir aux Vernets est venu cruellement rappeler aux Genevois que la stabilité est un maître-mot quand on veut performer. Mais même si tout n'est pas rose (quoique, avec la Pink Night genevoise, tout était question d'interprétation) du côté de la patinoire des Vernets, personne n'imaginait la troupe de Patrick Emond s'en prendre dix.

Dix buts! Le pauvre Stéphane Charlin, suppléant d'un Gauthier Descloux malade, autant victime que coupable, gardera un souvenir cauchemardesque d'Inti Pestoni qui lui a glissé la rondelle hors de portée à quatre reprises, cauchemardesque comme l'a été un troisième tiers-temps qui était celui de tous les espoirs après le retour à 4-4 des Aigles à la 41e minute.

Quoiqu'un résultat, qu'il soit serré ou sévère comme hier soir, reste finalement anedotique quant à sa forme, cette débandade comptable va laisser des traces. Que même la notion d' "accident" ne saurait atténuer. Car voici déjà quelques semaines que ça ne tourne pas rond au bout du Lac. En cause, bien sûr, les nombreuses absences de joueurs-clés qui pourrissent l'existence à Patrick Emond, condamné à faire du rafistolage. Les blessures, mais pas que?

Patrick Émond, un coach désabusé, hier, lorsqu'il déclarait à notre confrère de MySports que l' "on" était en train de discuter pour savoir si "on" allait confirmer ou non le protêt déposé en cours de partie. Quitte à faire des mauvais choix tout au long de la soirée, autant continuer sur la même lancée…

Une équipe prête pour l'an II ? Non.

Sans connaître l'influence réelle d'Émond sur les options stratégiques du club des Vernets, le directeur technique Marc Gautschi a-t-il mis entre les mains de son coach l'outil indispensable pour assurer une saison sans souci au dernier finaliste des playoffs? Là est peut-être (aussi?) la cause des ennuis genevois actuels.

On ne reviendra pas dans le détail sur le fait que Damien Riat, élément local qui a abandonné son rêve américain cet été, patine aujourd'hui avec le Lausanne HC parce que le staff genevois avait simplement... oublié de lui demander s'il voulait bien jouer pour les Grenat. Plus frais, c'est le moins que l'on puisse dire, le cas Charlin hier soir.

Ne reste qu'à prier pour que le scénario de cette rencontre n'ait pas cassé un jeune gardien abandonné par ses coéquipiers, mais aussi coupable d'avoir démontré ses limites. Ne pas avoir prolongé d'un an Daniel Manzato et ainsi formé un duo avec Gauthier Descloux devant les filets n'était-il pas une erreur, soulevions-nous déjà à l'époque? La réponse est tombée. 

Beaucoup trop d'absents

Aujourd'hui, Genève-Servette en est au point de souhaiter que la naturalisation de Marc-Antoine Pouliot tombe le plus vite possible - là aussi un dossier mal maîtrisé - afin d'obtenir la possibilité d'aligner un import supplémentaire. Pas inutile quand s'abat sur vous la scoumoune. Un rappel des absents? Pouliot lui-même, auquel vous ajoutez Jesse TannerJonathan MercierBenjamin Antonietti, Noah Rod et Gauthier Descloux. Au bas-mot, au moins trois joueurs indispensables. Afin de retrouver le GSHC de la saison passée.

Un Genève aussi performant comme l'était celui de Linus Omark? Autre question brûlante, car on ne remplace pas aussi facilement le génial Suédois, parti à la surprise (encore!) d'un staff qui ne pouvait pas dire non. Ça s'appelle subir les évènements quand même. Bien sûr, les Genevois ont accueilli un joli nom: Valtteri Filppula (37 ans). Le Finlandais débarque avec un bagage de 1'200 matches de NHL.

L'an passé, l'ombre de Chris McSorley planait encore aux Vernets. C'est lui qui a été l'architecte des deux excellentes dernières saisons de Genève Servette. Pas facile pour Émond. Et puis, les attentes sont grandes pour que certains joueurs-clés renouvellent leurs performances (Descloux, Karrer, Rod, Le Coultre, Moy, etc), mais ils ont tous déjà été blessés. Quant aux départs de Omark, mais aussi Eric Fehr et donc Manzato, ils n'ont pas été compensés. McSorley a été un magicien pour faire de Genève ce qu'il est devenu, Patrick Emond sort aussi de Poudlard. Tout juste n'est-il pas tenté d'aligner Harry Potter. Il devrait...

Une équipe moins forte

Car le coach actuel a bien fait des miracles, avec comme point d'orgue le ticket de finaliste contre Zoug, la saison passée. Les attentes sont donc réelles, et c'est sans doute là que Genève n'est pas encore suffisamment mûr pour y répondre totalement, quelque soient les circonstances.

En reprenant le point que la "non-performance" d'hier a soulevé, c'est Chris McSorley qui avait laissé partir le coûteux Robert Mayer à Davos et fait venir Daniel Manzato comme numéro 2. Bien vu: Gauthier Descloux s'est imposé comme numéro 1 et a été statistiquement  le troisième meilleur gardien de la ligue derrière Tobias Stephan et Niklas Schlegel. Aujourd'hui, Daniel Manzato est le numéro 2  à Berne et Servette n'a pas de back-up expérimenté. Impensable quand on nourrit des ambitions. Donc, le poste de gardien est plus faible que la saison passée.

Côté défensif, Genève-Servette a tenu le haut du panier depuis deux ans. La stabilité est de mise, le seul souci étant finalement le banc un peu court quand il y a des blessés, on l'a vu cette saison. Mais avec l'éclosion des Le Coultre ou autres Karrer, ainsi que l'apport indéniable de Henrik Tömmernes et désormais de Sami Vatanen, ce n'est pas là que le danger pointe.

On compte trop sur les étrangers

Devant, ça coince un peu. Linus Omark, le joueur le plus productif de la ligue derrière le Zougois Jan Kovar, est retourné en Suède, mais reviendra sans doute la saison prochaine (il est encore sous contrat). Eric Fehr a mis un terme à sa carrière. Son remplaçant, Valtteri Filppula (37 ans), est un très bon joueur, mais un peu émoussé. Daniel Winnik (36 ans) tient bien son rôle. Quand Pouliot (36 ans) pourra rejouer, la triplette offensive d'étrangers sera largement centenaire.

En fin de compte, des attaquants suisses au-dessus du lot ne subsistent aujourd'hui que le blessé Noah Rod et Joël Vermin (qui a déjà signé à Berne pour 2021/22), peut-être Tyler Moy. Avec un homme comme Mathieu Vouillamoz, c'est aussi une nouvelle génération qui va débarquer, mais pas encore avec toutes les responsabilités nécessaires actuellement. 

C'est dire que Genève-Servette compte aujourd'hui énormément sur sa légion étrangère. Sans un portier-béton et des étrangers productifs, l'Aigle est condamné à tourner en rond. Cette vingtième saison depuis l'accession dans l'élite méritait sans doute meilleure analyse de fond au moment des premières décisions techniques.


 

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