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NATIONAL LEAGUE - Les gardiens suisses titulaires, une espèce en voie de disparition?

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Hughes, Connor_2021-22
— Photo © Laurent Daspres

Jonas Hiller, Reto Berra, Leonardo Genoni… la Suisse a sorti une grande génération de gardien de sa formation. Mais hormis Akira Schmid (le seul à être toujours établi en Amérique du Nord) et Gilles Senn, plus aucun gardien helvète n’a été drafté en NHL depuis 2006 et Reto Berra. Mais plus inquiétant, les jeunes gardiens ont aussi de la peine à s’installer dans les clubs de National League. Alors la Suisse est-elle face à une pénurie de nouveaux portiers? Non. Les clubs ne leur font pas confiance...

Par Valentin Moret

Les cerbères suisses, pas assez représentés devant les filets de National League? On peut enlever assez rapidement le critère de leur présence massive en Amérique du Nord, car depuis le premier repêchage de l’histoire de la NHL en 1963, huit gardiens suisses ont joué au moins un match dans la plus prestigieuse ligue du monde pour un total de 976 rencontres. Un total pas vraiment «astronomique» de gardiens helvètiques, donc, qui se sont établis au Canada ou aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, le seul représentant "titularisable" en Suisse est Akira Schmid, drafté en 2018 par les Devils du New Jersey. Depuis la saison passée, il empile les grosses prestations avec le club école de AHL, Utica, et a déjà effectué quelques piges avec les «grands».

Autre exemple en ce sens, Leonardo Genoni n’a jamais été drafté ou n’a joué un match en NHL. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir l’un des gardiens n° 1 en équipe nationale.

Un tiers de portiers étrangers

Deuxième point sur lequel s’attarder: la formation. Mais là non plus le problème n’est pas de côté-là. Les clubs suisses ont beaucoup investi pour la formation des jeunes hockeyeurs, gardiens compris. Il suffit de voir la liste des jeunes portiers dans la ligue: Descloux à Genève, Waeber à Zürich, Wüthrich à Berne ou encore van Pottelberghe à Bienne… les jeunes gardiens de talent ne manquent clairement pas. Mais dans trois cas sur ces quatre mentionnés, ils sont barrés soit par un ancien, soit par un import.

C’est donc clairement dans les clubs de National League, à l'interne, où réside le cœur du problème: entre les «vétérans» qui font de la résistance et l’augmentation des étrangers qui a donné des idées à certaines organisations, cinq clubs sur les quatorze ont engagé un gardien étranger.

Avec comme autre paramètre en National League la concurrence au sein-même des équipes. Prenons l’exemple de Ludovic Waeber à Zürich. Avec l’arrivée de Simon Hrubec, l’ancien junior de Fribourg a toutes les peines du monde à rivaliser avec les 95 % d’arrêts de son coéquipier tchèque. Et dans de nombreux cas, les premiers alignements pour un jeune gardien arrivent dans une situation tout sauf confortable pour ce dernier.

L'exemple Fatton

Il suffit de regarder l’apparition du jeune Thibault Fatton il y a quelques semaines lors d’un déplacement à Langnau. Alors menés 4-0 peu après la mi-match, Luca Gianinazzi - pourtant entraîneur de jeunes et conscient du problème -  décide de lancer le jeune portier neuchâtelois. Au milieu d’une équipe luganaise démotivée et sans idées, il prendra deux autres buts qui lui seront bien évidemment pardonnés mais qui montrent le problème des clubs préférant se sauver dans le court-terme plutôt que d’intégrer des jeunes joueurs dans des conditions optimales.

Il faut souvent un concours de circonstances pour voir un jeune gardien titularisé dans la cage. La situation de Connor Hughes (photo) à Fribourg en est le parfait exemple. Les soucis de santé de Reto Berra pour prendre sa chance et montrer sa valeur ont fortement contribués à renforcer l'image du back-up de Gottéron. Avec des performances très intéressantes, il est vrai complétées par une défense qui tient bien la route...

Viser le court ou le long terme?

Dans les prochaines années, les clubs de National League vont devoir se poser une question qui peut devenir fondamentale dans le futur: se sécuriser à court terme avec des portiers étrangers ou construire à long terme avec un gardien formé en Suisse. Quitte à perdre quelques points par-ci par-là... peut-être.

Même s’il est vrai que la construction d’un jeune gardien vers un portier d’élite prend du temps, cela pourrait amener à un constat assez dommageable dans les prochaines années. Un constat qu’on pourrait aussi se dresser à quelques détails près aux attaquants et aux défenseurs.